« Pourquoi t’es féministe ? L’égalité homme femme, en France, elle est acquise ! » #1

En France - et plus largement dans le monde occidental - l'égalité n’est pas acquise, elle n’a jamais été atteinte. Mais si vous me demandez pourquoi je suis féministe, vous êtes persuadés du contraire. Plutôt que de m’échiner sur 25 tweets ou commentaires pour me faire traiter de féminazie, j’ai décidé de commencer ce blog en répondant à votre question, en trois billets. Voici le premier.

Parfois, la question est sincèrement surprise – coucou, mamie ! Souvent, elle est narquoise – de la part de ceux qui « savent » que je suis dans l’erreur, et vont se faire un plaisir de me l’expliquer. Elle est volontiers agressive, surtout lorsqu’elle posée en ligne, via un compte anonyme – insultes et menaces de viol en option. Certains semblent persuadés qu’est à l’œuvre un dangereux ou risible complot féministe (parfois aussi islamo-bobo-gaucho-bien-pensant) dont l’objectif est d’instaurer la domination des femmes sur les hommes. Après tout, l’égalité, on l’a obtenue il y a longtemps. Même qu’elle est inscrite dans la Constitution et dans les lois.

Mais l’égalité de droits (elle-même discutable) n’est pas l’égalité réelle. Par exemple, notre Constitution garantit « l'égal accès de l'enfant et de l'adulte (…) à la culture ». Malgré cette affirmation, il est évident qu’un habitant d’un village ardéchois n’a pas exactement le même accès à la culture qu’une parisienne. Le fait qu’ils aient le même droit d’y accéder n’améliore guère la situation du premier. Si les femmes ont les mêmes droits que les hommes, elles sont nettement défavorisées quand il s’agit d’en tirer parti. L’égalité de droits a permis des progrès certains, mais est insuffisante : les femmes sont toujours généralement désavantagées par rapport aux hommes à tous les niveaux – société, famille, relations individuelles. « Généralement », c’est-à-dire que les exceptions existent, bien sûr. 

 © Emanu! © Emanu!

Dans ce premier billet, vous trouverez donc quelques preuves – introduites sous la forme de réponse aux arguments et réactions que l’on m’oppose le plus souvent – que l’égalité femmes hommes est loin d’être acquise, même chez nous. J’insiste sur le « chez nous », car l’on essaie parfois de me convaincre qu’être féministe en France n’a pas de sens parce que ce serait « pire ailleurs ».

« C’est pire ailleurs »

Ou l’idée, souvent raciste, que la situation des femmes est épouvantables dans certains pays, et donc qu’on ne devrait pas se plaindre de la notre en France (ou plus largement, dans le monde occidental). Apparemment, si j’étais une vraie féministe, je me battrais pour ces femmes-là au lieu d’écrire un article de blog. Simplement, sans discuter le fond : 1) ces femmes n’ont pas besoin de moi pour se défendre 2) en quoi le fait que des femmes subissent beaucoup ailleurs m’interdit de vouloir arrêter de subir, même moins, ici ? Est-ce que si votre voisin a un cancer, cela vous retire le droit de faire soigner votre grippe ? 3) en quoi l’un empêche-t-il l’autre ?

Et oui, elles existent et elles changent le monde. Et oui, elles existent et elles changent le monde.

Cet « argument » ne mérite guère qu’on s’y attarde. Le vrai problème – ou plutôt l’absence de problème, me direz-vous – c’est qu’à votre avis, la situation des femmes en France n’est pas moins enviable que celle des hommes. Voyons ce qu’en pensent les statistiques.


LES INEGALITES FEMMES HOMMES EN QUELQUES CHIFFRES

Si l’on tente de l’oublier dans nos belles sociétés autoproclamées civilisées, la domination des hommes sur les femmes s’exerce encore souvent par la violence, notamment physique et sexuelle. Ainsi, en 2012, 146 personnes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint : 121 femmes pour 25 hommes. En moyenne, une femme décède tous les 2,5 jours sous les coups de son conjoint ou ex-conjoint ; un homme tous les 14 jours. Il est important de le préciser, les femmes en situation de handicap « subissent beaucoup plus de violence que les femmes valides ». Les auteurs de ces violences, contre les femmes et contre les hommes, sont principalement des hommes : en 2009, 15 349 hommes et 452 femmes ont été condamnés pour crimes et délits sur conjoint ou concubin. En 2010, 16% des femmes et 5% des hommes déclaraient avoir subi des viols ou des tentatives de viols au cours de leur vie. Pour les deux genres, les auteurs des viols sont majoritairement des hommes : en 2011, 13 361 hommes ont été mis en cause pour violences sexuelles dont 6 465 pour viols contre 274 femmes dont 112 pour viols. Quelques rappels au passage : contrairement au mythe du viol dans une ruelle étroite, 83% des femmes violées connaissent leur agresseur. Seulement 11% des victimes portent plainte et 13% déposent une main courante. Source : HCEfh

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Les femmes ne sont souvent pas plus en sécurité dans la rue que chez elles : en 2015, 76% des françaises déclaraient avoir déjà été suivies par un ou plusieurs homme(e) ; 23% ont subi cela au moins 5 fois dans leur vie. Ce n’est guère étonnant que certaines femmes en arrivent à avoir peur de sortir dans la rue. L’espace public est donc avant tout l’espace des hommes. La domination masculine s’exerce notamment par la violence, je l’ai déjà dit ? 

Continuons. Le harcèlement en ligne est plus virulent à l’encontre des femmes. Il suffit de faire un tour sur les réseaux sociaux pour s'en convaincre, mais pour ceux et celles qui ont des oeillères, le journal britannique le Guardian a fait analyser les commentaires publiés sur son site internet depuis 2006. Sur les 10 journalistes les plus attaqués par les internautes, 8 sont des femmes. Les deux hommes sont noirs. Source en français iciIl y a peu de femmes dans les médias (j'y reviendrai), et le harcèlement auquel elles font face n'est pas étranger à cela : par exemple, les harceleurs sont parvenus à faire démissioner cette chroniqueuse. Je ne soulignerai pas à nouveau le lien entre domination masculine et violence - tout type de violence - mais l'intention y est. 

La violence envers les femmes s’exerce également dans le monde du travail : 80% des femmes salariées considèrent qu’elles sont régulièrement confrontées à des attitudes ou comportements sexistes, contre 56% des hommes. 1 femme sur 5 a été victime d’harcèlement sexuel au cours de sa vie professionnelle. Source et statistiques complémentaires ici

L’on ne s’étonnera pas que les femmes gagnent en moyenne 18,6% de moins que les hommes. Quelques explications, puisque le chiffre est souvent contesté. Il est vrai que l’écart s’explique en partie par des données autres que le « sexisme pur » des employeurs :  par exemple, les femmes actives sont en moyenne plus jeunes que les hommes actifs (notamment car dans les générations « anciennes », le travail des femmes étaient moins répandu que dans les générations « nouvelles ») et les femmes travaillent plus souvent à temps partiels que les hommes, donc touchent moins – mais elles travaillent plus souvent à temps partiel pour une raison (cf paragraphe suivant). Une fois prises en compte ces différences de situation, environ 10,5% d’écart de salaire demeure inexpliqué. Cela est très bien expliqué ici. 

« Oui d’accord mais enfin on retient le chiffre le plus important plutôt que celui lissé des différences, c’est bien la preuve du méga-complot des féministes qui veulent soumettre tous les hommes en les faisant travailler dans une usine de croissants pour l’éternité et qui… » NON. En fait, si seulement 10,5% de cet écart s’explique sans doute par de la discrimination « pure » de la part des employeurs, le reste découle également du sexisme de notre société : les femmes sont confrontées au plafond de verre et ont plus de chances de se trouver dans des situations qui font qu’elles gagnent moins. Par exemple, si les femmes travaillent plus souvent à temps partiel, disais-je, c’est pour une raison : elles s’occupent plus des enfants et assurent la majeure partie des tâches ménagères. En 2010, elles assuraient 71% des tâches parentales et 65% des tâches ménagères selon l’Insee. Le nombre d’enfants fait drastiquement augmenter le temps partiel chez les femmes, et presque pas chez les hommes : dans les familles hétérosexuelles, 28% des femmes et 5,9% des hommes ont un travail à temps partiel lorsque le couple a un enfant ; ces chiffres passent respectivement à 42,8% des femmes et 6,7% des hommes lorsqu’il en a trois ou plus. Source.

 © Ministère des familles, de l'enfant et des droits des femmes, Chiffres-clés édition 2016 © Ministère des familles, de l'enfant et des droits des femmes, Chiffres-clés édition 2016


 « J’y crois pas ! »                               

Avec de telles preuves, il fut un temps où j’imaginais facile d’exposer les inégalités femmes hommes. Ces statistiques sont obtenues par le biais d’études menées par des organismes renommés, selon des méthodes scientifiques. Naïve, je pensais que le seul moyen de les écarter du débat serait de trouver et prouver les failles dans les méthodes adoptées ; ou, au moins, de leur opposer d’autres statistiques, aussi solides. Que nenni !

Personne ne m’a jamais expliqué les failles méthodologiques des études de l’Insee. Lorsque, cher anti-féministe, vous daignez me faire l’aumône de quelques contre-statistiques, elles sont d’une origine au mieux douteuse, souvent intraçable, et les articles qui les relaient ne s’embarrassent pas d’en expliquer la méthodologie. De toute façon, la plupart du temps vous vous contentez de balayer tout cela d’un revers de la main, ou plutôt d’un « j’y crois pas », d’un « c’est faux », comme cette journaliste sur I-télé. 

Et votre opinion, votre intime conviction, votre intuition, vous parait plus fiable que les résultats d’études scientifiques. Elle vous paraît également plus fiable que les milliers de témoignages, par exemple publiés en ligne (merci Paye ta Shneck et consorts), qui corroborent ces pourcentages. C’est agaçant, mais en fait une réaction banale : plusieurs études montrent que nous avons tendance à conserver nos opinions même lorsque nous sommes confrontés à des faits qui la contredisent. Autrement dit : prouver que quelqu’un a tort ne suffit pas à le faire changer d’avis. C’est un mécanisme de défense : l’on préfère ignorer ou disqualifier certaines informations que de changer notre vision du monde. En réaction à la « menace », notre opinion peut même se trouver renforcée. Pour en savoir plus : ici ; ; et un article en anglais, plus détaillé

J’espère qu’avec la prise de conscience de ce mécanisme à l’œuvre dans notre cerveau, les chances de changer d’avis augmentent. Ce mécanisme nous conduit également à privilégier les faits qui nous confortent dans nos opinions plutôt que ceux qui les remettent en cause – peu importe que selon des critères rationnels, les premiers soient moins fiables ou significatifs que les seconds. Nombreux sont celles et ceux qui opposent aux statistiques leur expérience personnelle, qui leur paraît plus révélatrice des dynamiques à l’œuvre dans notre société que les résultats d’études portant sur des centaines ou des milliers de personnes.


 « Moi, j’ai jamais vu ça ! »                              

avec le soutien de… 

« J’ai demandé à ma pote/copine/voisine/poissonnière, elle est d’accord avec moi ! »

Le « je n'y crois pas » ! est souvent plus subtil et prend la forme du contre-exemple : dans votre boîte, il n’y a aucune femme moins bien payée qu’un homme à postes équivalents. Dans votre branche, vous n’avez jamais entendu une femme s’en plaindre ; vous avez posé la question à au moins trois d’entre elles, et aucune ne se considère moins bien payée que ses homologues masculins. Et d’ailleurs, votre copine machine, elle n’a jamais subi le harcèlement de rue. C’est un autre mot pour la drague, en fait (oui parce que le but des féministes c’est que les hommes puissent plus draguer les femmes, comme ça elles deviennent toutes lesbiennes, et hop ! on n’a plus besoin des hommes, on peut s’en débarrasser. CQFD).

Ces expériences et ressentis individuels sont valides, bien sûr, pour ce qu’ils sont : des expériences et ressentis individuels qui peuvent ne pas refléter la situation générale ; et qui, en l’occurrence, ne la reflètent pas. Oui, il s’agit bien ici d’une question quantitative : trois, quatre ou même vingt exemples individuels allant dans un sens ne font pas une tendance sociétale. Des milliers, si. Vous trouverez des exceptions à toute tendance. D’après les statistiques, les divorces ont considérablement augmenté depuis une vingtaine d’années ; mais vos cousins sont ensemble depuis au moins 20 ans, et vos voisins fêtent leurs noces de diamant cet été. En concluez-vous pour autant que les chiffres sont erronés, et que les mariages durent en réalité aussi longtemps qu’avant ?

Quand bien même vous continuerez de considérer ces chiffres faux et exagérés – on l’a vu, les raisonnements rationnels n’aident guère contre les convictions personnelles – il y a, je n’ai pas envie de dire « heureusement », certaines démonstrations d’inégalités que l’on ne peut refuser de voir.


 LES DECIDEURS ET INFLUENCEURS SONT PRESQUE TOUS DES HOMMES          

Les "Personnalités de l'année" du TIME depuis 1927 © TIME

Toutes les décisions importantes qui peuvent impacter la vie en société sont prises par ou sous l’influence de groupes composés d’une immense majorité d’hommes. Je vais encore citer des chiffres, certes, mais ceux-ci aisément vérifiables par tout un chacun.

Economie

Le baromètre 2016 de Michel Ferrary, Responsable de l'Observatoire de la féminisation des entreprises, indique que les femmes représentent 36 % des effectifs des grands groupes, 30 % des cadres et seulement 11 % des dirigeants (sachant que les femmes représentent 47,82% de la population « active », c’est-à-dire qui occupe un emploi ou en recherche un).

Seules trois entreprises du CAC 40 ont une femme pour présidente ou directrice générale. Aucune n’a de femme PDG (présidente directrice générale).

Allons faire un tour sur le site des cinq premières entreprises du CAC 40 : Total, Sanofi, L’Oréal, LVMH et BNP Paribas (le 17.02.17). La parité est parfois respectée au sein des conseils d’administration – rappelons que la loi prévoit l’obligation pour les entreprises de compter au moins 40% « d’administrateurs de chaque sexe » (sic), ce qui signifie au moins 40% d’hommes et de femmes. A noter qu’au 16 mai 2016, d'après le Figaro lui-même, seules six entreprises du CAC 40 respectaient la parité, et vingt-et-une le taux de 40% (devenu obligatoire au 1er janvier 2017, en application de la loi dite Copé-Zimmermann de 2011). 

Soit dit en passant, un coup d’œil sur les photos des membres de ces conseils d’administration suffit pour constater que l’immense majorité d’entre eux sont blancs et blanches.

Il n’y a que des hommes au sommet de la hiérarchie de ces entreprises (le genre est présumé en fonction des prénoms des personnes, dans une vision binaire) : tous les présidents du conseil d’administration et tous les directeurs généraux sont des hommes. Le directeur général préside le comité exécutif, souvent moins connu que le conseil d’administration. Pourtant, il joue également un rôle majeur dans la gouvernance des entreprises : c’est « l’instance de direction du groupe » d’après Total, il est « composé des Directions générales opérationnelles et fonctionnelles du Groupe » chez LVMH. Aucune loi sur la parité n’impose de quotas pour sa composition. Parmi les membres du comité exécutif de Total, l’on compte six hommes et une femme ; au comité exécutif de Sanofi, une femme pour onze hommes ; cinq femmes sur quinze à l’Oréal, pas mal ! Par contre, à LVMH, une femme sur onze membres, ce qui est toujours mieux que BNP Paribas : une femme pour dix-sept hommes !

Médias

Les directeurs de publication du Monde, de Libération et du Figaro sont tous des hommes. Les actionnaires principaux de ces trois journaux et les présidents des groupes auxquels ils appartiennent sont également des hommes. Selon un rapport de 2011, tous médias confondus, les hommes représentent 80% des experts invités à s’exprimer. A la radio, le temps de parole des experts hommes est en moyenne de 20mn, contre 1mn35 pour les expertes femmes.

Enseignement supérieur (Chiffres 2011)

A l’université, les femmes sont majoritaires parmi les étudiants dans les premières années. Leur part diminue dès le doctorat – 48%. L’écart augmente avec le niveau hiérarchique : elles ne sont plus que 42,4% des maitres de conférences, 22,5% des professeurs d’université et 14,8% des présidents d’université

Culture

Selon les données 2013 de l’Observatoire de l’égalité femmes hommes, les femmes représentent moins d’un quart des réalisateurs, des directeurs de théâtre et des chorégraphes employés par les institutions financées par l’Etat, moins de 5% des chefs d’orchestre dans les opéras et moins de 8% dans les orchestres permanents. Stéphane Fiévet, directeur du Centre national du théâtre, souligne dans une enquête de Marcolin et Pelissier que les rôles offerts aux comédiennes sont bien moins nombreux que ceux proposés aux comédiens. Source : rapport de l’Unesco sur l’égalité des genres, le patrimoine et la créativité, 2014, p.78. 

 © Centre National d’Information sur les droits des Femmes et des Familles - CNIDFF © Centre National d’Information sur les droits des Femmes et des Familles - CNIDFF

Politique

Inutile sans doute de le préciser, notre président et notre premier ministre sont des hommes. Jamais une femme n’a été présidente de la République ; une seule a été Première Ministre, pour moins d’un an (Edith Cresson, du 15 mai 1991 au 2 avril 1992). Les présidents de l’Assemblée Nationale et du Sénat sont des hommes. Il y a 149 députées femmes pour 423 députés hommes, soit 26% de femmes ; le Sénat compte 95 sénatrices pour 348 sénateurs, soit 27,3% de femmes.

 


Mais arrêtons-nous là. Si je ne vous ai pas convaincu à ce stade, je pense que rallonger cette liste de quelques dizaines de pages n’y suffira pas. Tous ces chiffres le montrent : la situation des femmes en France est déplorable. C’est une réalité difficilement niable. D’ailleurs, peut-être en avez-vous conscience. Mon interlocuteur ou interlocutrice ne la conteste pas toujours. Il arrive que nous soyons – ou tombons – d’accord sur ce point. Oui, les femmes subissent des préjudices importants. Oui, cela suppose une certaine domination exercée par les hommes là où ces préjudices existent. "Mais ! – ajoutez-vous alors, parfois avec une lueur triomphale dans le regard, comme si c'était l'idée du siècle –  Mais la société n’est pas pour autant globalement inégalitaire envers les femmes. Les hommes aussi subissent des préjudices, mais différents. Les femmes les dominent, dans d’autres domaines. En somme, chacunde ces genres s’accompagne de son lot d’avantages et de désavantages. Tout simplement. Donc on n'a pas besoin du féminisme, sauf à vouloir la domination des femmes. CQFD."

Je suis toujours quelque peu estomaquée par cette réponse. Quels que soient les préjudices et domaines que vous avez en tête, en toute sincérité, comment pourraient-ils compenser tous ceux évoqués dans ce billet (non exhaustif) ? Pensez-vous qu’ils puissent conférer le même pouvoir dans la société que les domaines dominés par les hommes – la politique, l’économie, les médias et la culture, notamment ? La même liberté de choix ? Qu’ils offrent la même reconnaissance sociale ? Qu’ils permettent le même épanouissement personnel ? Je founis une réponse plus détaillée à cet argument dans mon deuxième billet.

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