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Billet de blog 16 janv. 2022

La lutte continue !

La lutte continue ! Mais il ne suffit pas de l’énoncer, il faut la faire vivre. Ce n’est que dans la continuité de la mobilisation que nous parvenons à obtenir des avancées, si petites soient-elles. En cette année de présidentielle, les citoyens ont tout intérêt à profiter de cette période pour se rendre visibles et audibles pour faire avancer leurs revendications et apostropher un gouvernement réfractaire aux avancées socio-économiques à destination des petits salaires.

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LA LUTTE CONTINUE !

L’expression « la lutte continue ! » est malheureusement toujours d’actualité ! Mais il ne suffit de l’énoncer, il faut la faire vivre. Ce n’est que dans la continuité de la mobilisation que nous parvenons à obtenir des avancées, si petites soient-elles !

La preuve en est que l'importante mobilisation des personnels de l’Éducation nationale du 13 janvier 2022, sur tout le territoire, a contraint le Premier ministre, assisté des ministres de la Santé et de l’Éducation nationale, à recevoir les organisations syndicales afin d’apporter un début de solution à la gestion incohérente déployée par le ministre de l’Éducation nationale depuis le depuis de la pandémie, et tout particulièrement depuis le début de l’année 2022.

Évidemment, il faut toujours rester vigilant quant aux annonces ministérielles. Mais dans un contexte d’année présidentielle, il est dans l’intérêt du gouvernement de montrer, enfin, une oreille plus ou moins attentive à un potentiel électorat ! C’est ainsi qu’à l’issue de cette rencontre, des recrutements ont été annoncés à l’Éducation nationale : 1 700 médiateurs de lutte anti-Covid, 1 500 enseignant-e-s contractuel-le-s, 1 500 assistant-e-s d’éducation pour renforcer les Vies scolaires, et 1 500 vacataires administratifs pour épauler les directeurs d’école et les chefs d’établissement. Il a également été question de la distribution de 5 millions de masques FFP2 et d’auto-tests. Exerçant leur activité professionnelle au cœur de la classe, les accompagnant-e-s d’élèves en situation de handicap sont tout particulièrement concerné-e-s par cette dernière annonce.

Comme toujours le ministre de l’Éducation nationale s’est distingué par sa faconde et a déclaré :« nous avons entendu l’attente en matière de masques FFP2 ». Il est vrai que depuis deux ans ce ministre est resté sourd aux demandes du personnel relatives à la fourniture de ces protections sanitaires. De plus, bien que le corps médical ait rapidement admis le caractère peu protecteur des masques en tissus, c’est bien ce matériel que le ministre distribue aux agent-e-s de l’Éducation nationale depuis le début de la pandémie ! Cette difficulté à entendre proviendrait-elle d’une anomalie physiologique ? Le chemin qui draine l’information du canal auditif du ministre à son cerveau serait-il anormalement long ? Cette déclaration laisse à croire que ladite information serait enfin parvenue à son cerveau !

Dans sa grande mansuétude, il annonce une mise à disposition prochaine de ce matériel de protection sanitaire pour certains personnels : « [il] pense aux professeurs en maternelle, qui ont des enfants sans masques face à eux, aux professeurs qui interviennent devant les élèves en situation de handicap, à ceux que nous appelons les AESH (sic) ». Les accompagnant-e-s d'élèves en situation de handicap apprécieront l'usage de cette expression distanciée et méprisante pour les désigner ! D’autre part, une petite parole pour les agent-e-s territoriaux que sont les assistant-e-s maternelles n’auraient pas été de trop ! Il est vrai que ce personnel n’a pas non plus de contact de proximité avec les élèves !

Bien sûr, une mise à disposition signifie qu’individuellement chaque agent devra aller quémander les masques FFP2, ainsi que des auto-tests, auprès des directions des établissements ! A réception de ces protections sanitaires, les personnels de l’Éducation nationale sauront dès lors s’ils ont été (ou non) entendus ! Grande mobilisation : petites avancées, mais avancées tout de même !

En conséquence, en cette année présidentielle, face à un gouvernement auprès duquel il a pu être constaté en continu, tout au long de son quinquennat, un déficit certain d’au moins deux de ses organes sensoriels, les citoyens ont tout intérêt à profiter de cette période pour se rendre visibles et audibles pour faire avancer leurs revendications !

C’est dans ces circonstances que les salariés des secteurs public et privé sont appelés à se mobiliser contre la précarité socio-économique, entretenue depuis des années par les différents gouvernements, et tout particulièrement renforcée par l’action de celui actuellement en fonction. L’intersyndicale interprofessionnelle du 27/01/2022 réclame une revalorisation salariale de tous les salariés, une hausse des minimas sociaux et des retraites. Petit rappel pour les personnes promptes à penser que les Français aiment à se plaindre : la hausse des prix des produits de premières nécessités, de l’électricité, du gaz et de l’essence n’est pas une vue de l’esprit pour les personnes détentrices de petits salaires. Les revenus des classes sociales les moins aisées stagnant depuis des années, la survie socio-économique est une pratique au quotidien pour bon nombre de citoyens. Par exemple, s’agissant des accompagnant-e-s d’élèves en situation de handicap, le reclassement de leur grille indiciaire de rémunération, survenu récemment, est toujours très en deçà des aspirations salariales  de cette catégorie professionnelle qui revendique légitimement une grille indiciaire de catégorie B.

Que l’on soit accompagnant-e-s d’élèves en situation de handicap, assistant-e maternel-le, assistant-e- d’éducation, aide-soignant-e, agent-e d’entretien, aide à domicile, employé-e de bureau, etc., l’augmentation du point d’indice et du SMIC est une condition sine qua non à la mise en route d’un décollage du pouvoir d’achat pour les salariés pauvres de la société française actuelle.

Tous ces salariés, contraints de faire appel à des aides financières pour survivre mois après mois, revendiquent de ne plus avoir à en dépendre, et exigent de recevoir un salaire décent de la part de leur employeur, public ou privé, pour pouvoir vivre du fruit de leur travail. C’est le moins que l’on puisse attendre d’une société qui prétend tendre vers l’égalité et l’inclusion !

Le contexte des élections présidentielles est donc le bon moment pour apostropher un gouvernement réfractaire aux avancées socio-économiques à destination des petits salaires.

Le 27/01/2022, LA LUTTE CONTINUE  !

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