Auto-tests et accompagnant-e-s d'élèves en situation de handicap !

Auto-tests et accompagnant-e-s d'élèves en situation de handicap ou un aller-simple à l'abattoir Le ministère de l'Education nationale

Avec le ministère de l’Education nationale, on s’attend toujours au pire et on n’est jamais déçu ! 

Où se dérouleront les auto-tests dans les établissements scolaires ? Dans les classes !  

Où sont les accompagnant-e-s d’élèves en situation de handicap ? Dans les classes et plus exactement parmi les élèves !

Autrement dit, dans un espace classe, 35 élèves, dans le pire des cas, ôteront leurs masques pour une durée indéterminée et les accompagnant-e-s respireront un air potentiellement contaminé. 

Etant donné que la situation sanitaire ne cesse de s’aggraver du fait des variants et que les accompagnant-e-s portent toujours des masques en tissu dont il a maintes fois été répétés qu’ils n’étaient pas suffisamment protecteurs, est-il légitime d’exposer ainsi le personnel accompagnant ? 

Les accompagnant-e-s d’élèves en situation doivent exiger que ces séances de dépistage aient lieu dans des espaces dédiés, à savoir le réfectoire en demi-jauge ou dans la cour de récréation avec distanciation physique.  

D’autre part, des enseignant-e-s ont déjà déclaré, et ils ont raison, qu’ils refuseraient de surveiller ces séances de passation de tests. Le ministère comme toujours n’anticipe rien. Au lieu de recruter et de former pendant ce demi-confinement, il prévoit l’embauche de personnel cadrant ! IL PREVOIT ! 

Bien que toujours si peu nombreux, les assistant-e-s d’éducation risquent d’être réquisitionné-e-s, ainsi que les accompagnant-e-s. Or, la surveillance ne fait pas partie de la mission des accompagnant-e-s. Accompagnant-e-s en situation de handicap, soyons vigilant-e-s !  

Rappels : 

https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F496

“Le droit de retrait consiste en la possibilité offerte à tout agent de quitter son poste de travail dans les circonstances suivantes : 

  • Il a un motif raisonnable de penser qu’il se trouve exposé à un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé  
  • Et/ou il constate une défectuosité dans les systèmes de protection. 

Procédure 

L’agent qui se trouve dans une situation de travail présentant un danger grave et imminent en alerte immédiatement son chef de service et peut se retirer d’une telle situation. 

Il peut aussi informer un représentant du personnel au CHSCT. Celui-ci alerte immédiatement le chef de service et consigne l’événement dans un registre spécial tenu, sous la responsabilité du chef de service. Ce registre des dangers graves et imminents est tenu à la disposition des membres du CHSCT, de l’inspection du travail et des inspecteurs santé et sécurité au travail. 

Tout avis figurant sur ce registre doit être daté et signé et comporter les informations suivantes : 

  • Indication des postes de travail concernés 
  • Nature et cause du danger 
  • Nom de la ou des personnes exposées 
  • Mesures prises par le chef de service pour y remédier. 

Le chef de service procède immédiatement à une enquête, s’il y a lieu avec le représentant du CHSCT qui lui a signalé le danger, et prend les dispositions nécessaires pour y remédier.”  

Accompagnant-e-s d’élèves en situation de handicap, remplissez le Registre Santé et Sécurité au Travail (RSST) de leurs établissements pour signaler la mise en danger de votre santé du fait des conditions du déroulement de la passation des tests de dépistage au sein des classes. 

Accompagnant-e-s d’élèves en situation de handicap, usez de votre droit de retrait. Il faut avoir à l’esprit que “la maladie se transmet par projection de gouttelettes (comme les postillons) contaminées par une personne porteuse : en toussant, éternuant ou en cas de contacts étroits en l’absence de mesures de protection (distance physique, mesures barrières, port du masque).”  

https://www.gouvernement.fr/info-coronavirus/comprendre-la-covid-19#:~:text=La%20maladie%20se%20transmet%20%3A,port%20du%20masque).

Il est hors de question de nous exposer à attraper le virus au sein d’une classe d’élèves sans masques lorsqu’il suffit de quelques secondes pour être contaminé-e-s. 

D’autre part, en tant que contractuel-le-s de droit public, nous bénéficions bénéficient de l’autorisation spéciale d’absence et sont indemnisé-e-s à 100%. 

“Si vous devez garder votre enfant, vous devez fournir à votre employeur : 

  • un justificatif de l’établissement attestant que l’enfant ne peut être accueilli ou d’un document de l’Assurance maladie attestant que leur enfant est considéré comme cas contact à risque ; 
  • une attestation sur l’honneur que vous êtes le seul des deux parents demandant à bénéficier d’une ASA pour les jours concernés.” 

https://www.service-public.fr/particuliers/actualites/A14290#:~:text=un%20justificatif%20attestant%20de%20la,travail%20pour%20les%20jours%20concern%C3%A9s.

La poudre de perlimpinpin est le principal outil d’action du gouvernement. Il croit en sa capacité à faire Action son Verbe. Or, depuis plus d’un an, ce qui aurait dû être fait ne l’a pas été, à savoir, réquisitionner des locaux vides pour y installer des classes provisoires à petits effectifs d’élèves, recruter du personnel éducatif (accompagnant-e-s, assistant-e-s d’éducation, enseignant-e-s, CPE) et du personnel soignant (médecin, infirmière, psychologue).  

Les protocoles sanitaires se succèdent en étant soi-disant de plus en plus “stricts” mais en fait, ils sont toujours l’illustration du bricolage de l’action politique qui ne s’encombre pas de scrupules pour mettre en danger la vie de ses agent-e-s. 

Préservons notre intégrité physique !

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