Camp d'Achraf : le HCR insiste sur le droit à la liberté de circulation des habitants

Le haut commissariat pour les réfugiés (HCR) vient de prendre une position humanitaire à propos du destin de 3400 réfugiés iraniens opposants du régime des mollahs dans le camp d'Achraf en Irak.

Dans ce communiqué, le HCR insiste sur le principe d'un déménagement volontaire des habitants d'Achraf vers le camp Liberty situé près de Bagdad.

Or c'est sous la pression du gouvernement irakien, allié de Téhéran, que ces opposants sont contraints de se déplacer sous peine d'un nouveau massacre. Lors des attaques des forces irakiennes contre les habitants désarmés du camp en juillet 2009 et en avril 2011, 47 personnes ont été tuées et des centaines blessées. Le régime des mollahs à Téhéran, souhaite absolument détruire le camp d'Achraf qui est devenu un symbole de résistance pour les Iraniens.

Le camp Liberty est une ancienne base américaine aujourd'hui privée d'eau potable et de moyens élémentaires, mais surtout enfermée par un mur de près de quatre mètre de haut, sans l'autorisation pour les habitants de sortir du camp. En bref, il s'agit d'une véritbale prison.

Le HCR insiste pourtant sur la nécessité de respecter « la liberté de circulation le plus souhaitable sur le site de relocalisation» à savoir le camp Liberty.
 
Ce communiqué dont je vous conseille la lecture (une traduction en français est également produite à la fin de ce texte) est d'une extrême importance puisque la mission de l'ONU en Irak (MANUI), prenant en considération seulement quelques donnés techniques vient de confirmer précipitamment la préparation du camp Liberty pour accueillir les 3400 habitants d'Achraf!

Malheureusement le représentant spécial du secrétaire général de l'ONU, oublie dans son évaluation, les critères essentiels de droits de l’homme et se limite à calculer le nombre de robinets et de toilettes et de douches par nombre d’habitants dans ce nouveau camp. La MANUI omet de signaler notamment que les habitants ne seront pas libres de circuler dans ce nouveau camp.
 
Les habitants d'Achraf et le Conseil national de la Résistance iranienne, dont font parties les Moudjahidine du peuple, ont pris position énergiquement contre ce comportement dangereux qui expose la vie des Achrafiens à de graves difficultés. Le CNRI a exprimé "la vive protestation, la  Résistance iranienne" et attiré "l'attention du Secrétaire général de l’ONU, le Haut Commissaire pour les réfugiés, la Haute Commissaire pour les droits de l'homme, la Secrétaire d'Etat américaine et la Haute Représentante de l'UE sur le scénario dangereux qui se joue avec l’annonce faite sur la conformité du camp Liberty pour accueillir les personnes." Alors que les conditions de vie n'ont rien à envier d'une prison.

Voici le texte du communiqué du HCR :

Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés

Les résidents du Camp nouvel Irak (anciennement Camp d'Achraf)
et la determination de leur statut de demandes d'asile

• Le HCR demeure depuis un certain temps et reste prêt à entreprendre la vérification et l’arbitrage du statut de réfugié pour les résidents du camp nouvel Irak (anciennement Camp d’ Achraf) qui sont des personnes de préoccupation. Il a mobilisé des équipes sur le terrain, et a mis en place les mesures nécessaires et des capacités de soutien logicielles et matérielles. Les entretiens individuels auront besoin de se réaliser dans un endroit sûr, neutre et confidentiel.
• La stipulation du gouvernement de l'Irak reste que ces processus se déroulent en dehors du camp Nouvelle Irak, dans le nouvel emplacement prévu pour permettre aux résidents de se déplacer volontairement là et de rester sur une base temporaire dans des conditions sûres et décentes. Le HCR a conseillé sur les aspects techniques de l'amélioration de l'infrastructure du camp.
• Le HCR attache une importance capitale à l’obtention des solutions pacifiques, y compris que tout déménagement en dehors du camp nouvel Irak soit sur une base volontaire, en tenant compte de  la liberté de circulation le plus souhaitable sur le site de relocalisation.
• Le HCR se penche actuellement sur la façon d'accélérer le traitement de vérification et de confirmation du statut de réfugié, afin de permettre de se procéder de façon équitable sur une base individuelle, mais aussi de manière totalement accéléré, dans l'intérêt de gagner du temps dans des délais serrés.

Contexte

• Les habitants du camp qui ont soumis des demandes de statut de réfugié sont officiellement demandeurs d'asile en vertu du droit international dont les demandes nécessitent arbitrage. En l'absence d'un système national d'arbitrage en Irak, le HCR examine ces demandes sur une base individuelle dans une procédure équitable et efficace. Chaque cas individuel sera évalué sur ses mérites et en conformité avec le droit international.

• Le droit international exige que les demandeurs d'asile doivent pouvoir bénéficier d'une protection de base de leur sécurité et de leur bien-être. Ceci inclut la protection contre toute expulsion ou le retour aux frontières des territoires où leur vie ou leur liberté serait menacée (le principe de non-refoulement).


• Le HCR, en collaboration avec le Gouvernement iraquien, la MANUI et les autres acteurs concernés, reste engagée à trouver des solutions à ce problème de longue date, y compris la réinstallation et / ou la délocalisation vers des pays tiers.

UNHCR
Le 1 février 2012

Lien de l'original en anglais

http://www.unhcr.org/4f2a54a16.html

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