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Billet de blog 7 janv. 2018

Quand le messonge est permis pour dénigrer l'opposition iranienne

Au moment où le régime des mollahs est ébranlé par le soulèvement des Iraniens à travers le pays, il a vivement besoin de viser son opposition. Dans ces conditions cette théocratie honnie ne pouvait espérer mieux, qu’une campagne de dénigrement contre la principale force d’opposition : les Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI), notamment dans un article paru le 4 janvier dans le journal Figaro.

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Au moment où le régime des mollahs est ébranlé par le soulèvement des Iraniens à travers le pays, il a vivement besoin de viser son opposition. Dans ces conditions cette théocratie honnie ne pouvait espérer mieux, qu’une campagne de dénigrement contre la principale force d’opposition : les Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI), notamment dans un article paru le 4 janvier dans le journal Figaro et signé Georges Malbrunot.  Si comme le prétend cet article, l’OMPI est « marginale » et « ne bénéficie pas d’un large soutien dans le pays », pourquoi alors le régime des mollahs se donne-t-il tant de mal pour la contrer à l’intérieur comme à l’extérieur du pays et conditionne ses relations diplomatiques à la répression de ce mouvement ?

L’article du Figaro, intitulé « Rohani ressort le poil à gratter des Moudjahidins » contient de nombreuses accusations mensongères contre l’OMPI.

  • L’OMPI que M. Malbrunot appelle « MKO » (terme utilisé par le régime) est présentée comme étant d’inspiration « islamo-marxiste agissant comme une véritable secte », ce qui est faux. Le mouvement, démocrate et laïque, est musulman, ce qui est en contradiction philosophique et social avec le marxisme. D’autre part, il rejette le sectarisme qui est en contradiction avec la diversité de son assise sociale et de son objectif d’instaurer une république pluraliste et laïque.
  • Laisser entendre, comme le fait l’article en question, que le refus de la France de céder aux pressions de Rohani pour la censure et le musèlement de l’OMPI serait en incohérence avec la politique française de lutte antiterroriste, c’est ignorer toutes les décisions des juridictions des pays démocratiques, dont celles de la justice française, qui ont blanchi ce mouvement de toute acte de terrorisme et l’ont sorti des listes noires. Dire que l’OMPI a été retirée de la liste des organisations terroristes de l’UE grâce à un puissant travail de lobbying revient à mépriser la justice européenne et la décision de la justice française qui précise qu’il s’agit d’un mouvement de résistance légitime et n’a rien à voir avec le terrorisme.
  • L’article attribue un attentat en Iran à l’OMPI alors que jamais l’OMPI n’a revendiqué cet attentat.
  • Faisant allusion à l’appel au calme de Mme Radjavi, la présidente élue de la Résistance, en 2003 après des cas d’immolation protestant contre la répression des réfugiés iraniens suite à un marchandage avec le régime de Téhéran, la justice française a rejeté l’attribution de ces actes à la résistance iranienne et a conclu que les efforts de Mme Radjavi « démontre le soucis qu’aurait eu Maryam Radjavi de prévenir des comportements suicidaires au travers d’immolations auxquelles manifestement elle est défavorable » or l’article veut insinuer qu’il y aurait un mystère.
  • L’article prétend que la police française aurait trouvé en 2003 dans les archives de l’OMPI des documents sur son implication dans la répression antikurde en Irak. C’est un mensonge grossier et nous défions l’auteur de publier ces documents trouvé dans les « archives » en question, alors que des autorités kurdes irakiennes ont démenti à maintes reprises toute accusation de ce genre fabriquées par le régime des mollahs. Le témoignage de M. Hoshiar Zibari, qui a été pendant 13 ans ministre des Affaires étrangères irakien et qui est membre du bureau politique du Parti démocratique du Kurdistan d’Irak, a précisé en 1999 devant un tribunal en Hollande que l’OMPI n’était pas impliquée dans les affaires intérieures de l’Irak et du Kurdistan.

Par pure hasard évidemment cet article diffamatoire fait suite aux pressions de la dictature religieuse sur la France. Or il semble bien que le régime des mollahs a oublié que Khomeiny a également séjourné en France et a bénéficié de toutes les facilités dans ce pays. Par conséquent les cris de protestation contre le droit d’asile des membres de la Résistance iranienne en France, se retournent même contre la personne de Khomeiny et son régime.

Enfin, il est surtout consternant que l’article traite un mouvement de résistance légitime luttant pour l’instauration de la démocratie en Iran, de « carte entre les mains des autorités françaises », ce qui est en total contradiction avec les valeurs de la France et n’honore pas son auteur.

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