Le traitement des opposants au régime iranien ne peut pas être banalisé !

Le vice-ministre de l’économie du régime iranien, Mohammad Khazaee, a déclaré ce jour dans une interview aux Echos, à propos des récents mouvements populaires dans le pays : « ce n’est pas considérable, le genre de choses qui arrive partout, notamment en France ». es propos sont scandaleux et inacceptables. C’est faire insulte aux victimes, c’est faire insulte à la France.

Le vice-ministre de l’économie du régime iranien, Mohammad Khazaee, de passage à Paris, a déclaré ce jour dans une interview aux Echos, à propos des récents mouvements populaires dans le pays : « ce n’est pas considérable, le genre de choses qui arrive partout, notamment en France ». Alors même qu’il importerait plutôt de rendre hommage aux victimes tuées par balles ou sous la torture à ces occasions, ces propos sont scandaleux et inacceptables. C’est faire insulte aux victimes, c’est faire insulte à la France : ces mouvements contre le régime iranien ont fait plusieurs dizaines de morts et de blessés, et entrainé des milliers d’arrestations parmi les manifestants.

Que le vice-ministre du régime iranien de l’économie, Mohammad Khazaee, interviewé dans les colonnes des Echos, argumente pour attirer des investisseurs étrangers, en recourant à des arguments fallacieux, ce n’est pas très étonnant. Qu’on le laisse insulter la réalité des faits, ignorer la mémoire des victimes, et insulter au passage la France, ce n’est pas tolérable et cela ne peut pas être passé sous silence. 

Non, en France, le gouvernement ne fait pas tirer sur les manifestants, comme cela se fait dans l’Iran des mollahs. Non, en France on ne torture pas à mort, comme en Iran, où plus d’une douzaine de jeunes manifestants en détention ont été assassinés (dont cinq sous la torture en deux semaines selon Amnesty International). Non, en France on n’arrête pas 8 000 personnes pour avoir manifesté (5 000 selon le directeur de l’organisation des prisons). Non, en France on n’appelle pas lors d’un prêche officiel (lors de la prière du vendredi) à exécuter les manifestants arrêtés pour délits de « rébellion au pouvoir ».

Non, cette contestation populaire n’est pas banale et elle exprime bien un « mécontentement d’envergure » qui menace ce régime. Par son ampleur, par sa répression, et par la réaction du régime qui en a même appelé à la France pour la stopper, elle révèle une fracture profonde dans le pays entre le peuple et le régime des Mollahs.

Non, le gouvernement des mollahs n’a pas stabilisé la situation, ni « assaini le système bancaire ». La moitié des banques du pays sont en faillite. L’article auquel est adossé cette interview rappelle d’ailleurs qu’ « il faut que le pays améliore la solidité de son système bancaire comme sa transparence financière . »

Le lobbying du régime iranien en France pour falsifier son action et sa réalité ne doit duper personne, car c’est le peuple iranien qui en souffrira, et la France ne gagnerait rien à se fermer les yeux sur les exactions d’un tel régime.

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