Iran-Assassinat d'un expert nucléaire : aveu sur le mécontententement au sein des experts

Comme d'habitude les rumeurs les plus fous ont circulé après l'attentat contre un expert du programme nucléaire du régime iranien, Mostafa Ahmadi Roshan.Pourtant une piste est souvant ignorée par les "spécialistes".

Comme d'habitude les rumeurs les plus fous ont circulé après l'attentat contre un expert du programme nucléaire du régime iranien, Mostafa Ahmadi Roshan.Pourtant une piste est souvant ignorée par les "spécialistes". Celui du régime lui même.

Le régime a l'habitude d'imputer immédiatement le meurtre des experts à l’Oraganisation des Moudjahidine du peuple d'Iran (OMPI), aux USA et à Israël sans même avoir lancé aucune enquête. Il s'agit d'évidence d'un scénario grossièrement mensonger fabriqué par le Vevak. En propageant ce genre de fausses informations, le régime tente d’empêcher la divulgation des véritables facteurs et motivations de ces attentats.

Ces deux dernières années plusieurs experts ont été assassinés par des méthodes identiques avec une grande facilité. Dans aucun des cas le régime n’a fourni une explication claire et convaincante sur ces meurtres.

L'OMPI a clairement rejeté l'imputation par le régime de Téhéran de l'assassinat du spécialiste du nucléaire affirmant qu'il s'agit d'un pur mensonge. La source de ces allégations fallacieuses n'est autre que le pouvoir à Téhéran a-t-elle précisée.

Il y a un an, la Résistance iranienne avait révélé que le guide suprême, Ali Khamenei avait ordonné à une force spéciale des pasdaran d’éliminer immédiatement tout acteur ou expert du projet atomique au moindre geste de prise de distance avec le régime ou d’envie de s'expatrier à l’étranger. Khameneï avait pris soin de préciser qu'il fallait l’imputer à l’OMPI, à des agents américains ou israéliens ou encore à « l’Arrogance mondiale » ces élliminations.

Pour mieux comprendre, il suffit d'écouter les propos de Fereydoune Abassi, le directeur de l’organisation iranien de l’énergie atomique, le 7 janvier 2012, soit quatre jours avant l’attentat. Il avait évoqué le vaste mécontentement au sein des spécialistes nucléaires du régime et a confié à l’agence de presse Fars des pasdaran : « Il ne faut pas  perdre de vue le fait que durant la guerre certains ont déserté le front, et que dans la lutte scientifique, il y a aussi des scientifiques qui, afin de maintenir leur relations internationales, ne coopèrent pas avec le projet nucléaire (...) Bien sûr nous n’avons jamais été préoccupés et nous ne le sommes pas à ce propos car il existe de très nombreuses ressources humaines et experts dans le pays, qu’à l’heure actuelle il y a plus de demandes de participer au projet nucléaire que d’offres. » De manière suspecte, il a prédit que puisque l’ennemi ne peut empêcher l’entrée de la science en Iran, « il a recours à des assassinats de scientifiques iraniens. »!

En imputant l'attentat à l'OMPI le régime des mollahs a également d'autres visés. Excédé par le soutien international et le consensus croissants sur le camp d'Achraf et craignant les appels des politiciens américains au département d’Etat pour qu’il révoque l’étiquette de terroriste de l’OMPI, le régime des mollahs tente en vain par le biais de scénarios tarabiscotés de neutraliser l’impact du soutien international en faveur de l’OMPI et retarder son retrait de la liste américiaine.

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