Rohani est tout autant impliqué dans le massacre du peuple syrien que le Guide Suprême iranien

Lors de sa récente visite à Damas, Abdolreza Rahmani Fazli, le ministre de l’intérieur du gouvernement d’Hassan Rohani, a apporté le soutien affirmé du président des mollahs à Bachar el-Assad et son régime. Une preuve de plus qu'Hassan Rohani est aussi impliqué en Syrie que le Guide suprême Ali Khameneï.

Lors de sa récente visite à Damas, Abdolreza Rahmani Fazli, le ministre de l’intérieur du gouvernement d’Hassan Rohani, a apporté le soutien affirmé du président des mollahs à Bachar el-Assad et son régime. À cette occasion, Rahmani Fazli a rencontré Bachar el-Assad, ainsi qu’Ali Mamlouk, le chef de l’appareil sécuritaire de la dictature syrienne. Cette visite, trois jours après celle d’un autre ministre de Rohani (son ministre de la santé) veut affirmer clairement qu’outre les Gardiens de la Révolution (Pasdaran) et la Force spéciale Qods, c’est l’ensemble du gouvernement iranien qui est pleinement impliqué dans la guerre en Syrie en soutien à la dictature. 

Selon une dépêche de l’agence de presse Isna (liée à la faction de Rohani), le 12 janvier, le ministre de l’intérieur iranien Rahmani-Fazli a transmis à Bachar Al-Assad le message d’amitié de Khamenei et de Rohani et a ajouté : « Docteur ( !) Rohani a toujours loué vos actions. Les dirigeants, le gouvernement et le peuple d’Iran resteront jusqu’au bout aux côtés de la Syrie. ». Lors de sa rencontre avec Assad, le ministre a déclaré : « Le Guide suprême et le Président de la République d’Iran sont extrêmement attachés à la personne du Président syrien ». Il ajoute : « Il faut aider et soutenir entièrement le gouvernement et le peuple syrien. Le Guide suprême vous considère comme un président courageux. » 

Le régime iranien participe directement et activement au massacre du peuple syrien, en envoyant des troupes composées des Gardiens de la Révolution, du Hezbollah libanais et des milices irakiennes, afghanes, pakistanaises… cet effort de guerre enlise le régime iranien et absorbe toutes les ressources de l’Iran. La guerre menée par le régime iranien en Syrie évite Daech et s’acharne sur la population et les forces rebelles modérées : c’est pourquoi elle est extrêmement impopulaire, et la population iranienne la considère comme une guerre antipatriotique.

A propos de la rencontre d’Hassan Ghazizadeh, le ministre de la santé du régime iranien, avec le premier ministre de Bachar el-Assad, l’agence de presse officielle Irna avait rapporté le 8 janvier : « Le Premier ministre syrien a déclaré : les relations historiques entre les deux peuples d’Iran et de Syrie – qui ont été fondées par l’Imam Khomeiny et le président Hafez Al-Assad – se sont développées par le président Hassan Rohani et le président Bachar Al-Assad. » Irna a ajouté : « Le gouvernement d’Iran s’évertue à renforcer les capacités de résistance du peuple syrien. » 

Selon Irna, Ghazizadeh s’est rendu à Damas par la route, après son déplacement au Liban où il a rencontré des responsables politiques libanais, notamment Hassan Nasrallah, le Secrétaire général de Hezbollah.  

Entre Rohani et Khamenei, il n’y a aucune différence de nature, tout particulièrement en ce qui concerne la répression du peuple iranien et l’exportation de terrorisme et de la guerre vers les autres pays de la région. Rohani n’est-il pas celui qui a qualifié les exécutions en Iran d’« application des ordres divins » ? Il s’est vanté d’avoir été la première personne au sein du régime iranien à imposer le voile aux femmes dans les administrations publiques. Il s’est également vanté de son rôle dans la répression des soulèvements de 1999 et de 2009 contre la théocratie. 

Recevoir Rohani en France ne redorera pas son blason. Mais faire une distinction entre lui et Khamenei dans les fondements du fascisme religieux qui sévit en Iran est une insulte à l’intelligence. C’est aussi une insulte à l’égard des victimes du régime des mollahs en Iran, comme en Irak, en Syrie, au Liban, au Yémen ou tout autre pays de la région. Rohani est tout aussi complice dans les massacres de plusieurs centaines de millier d’Iraniens, et de ressortissants étrangers, que le sont Khamenei, Souleimani et tous les autres hauts responsables de ce régime. Ces responsables doivent un jour rendre des comptes devant la justice internationale pour leurs crimes contre l’humanité.

L’existence de véritables factions modérées ou pragmatiques au sein de ce régime est une pure illusion. Depuis les années 1980 et le fameux scandale d’« Iran-Contra », le régime iranien a réalisé de nombreuses manœuvres dans le but de berner ses interlocuteurs occidentaux. Ces manœuvres ont toujours profité à la faction la plus fasciste de ce régime, et en particulier à la personne de Khamenei. Selon un proverbe persan, un sage ne se laisse jamais mordre depuis le même trou (de serpent). Il ne faudrait pas qu’aveuglés par des intérêts économiques à courte vue, les pays occidentaux se laissent encore une fois manipuler et berner par les fallacieuses promesses de réformes du mollah Rohani.

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.