La responsabilité de l’Iran dans le drame des migrants syriens

La guerre en Syrie apporte chaque jour son lot de drames et son flot de réfugiés qui fuient le carnage et la dévastation. Si l'inaction de la communauté internationale a été déplorée lors des attaques à l'arme chimique de Bachar Assad contre sa population, c’est le renoncement à contrer l’Iran, principal allié du régime syrien, qui est la faute la plus grave.Il n’est pas inutile de rappeler que la rebuffade américaine, malgré la violation par Assad de la ligne rouge du recours à l’arme chimique en 2013, fut influencée par la proposition de négociation sur le programme nucléaire iranien. L’inaction américaine en Syrie fut un préalable marchandé par l’Iran des mollahs. Le guide suprême iranien sauvait ainsi son allié d’un effondrement certain. Sans l’Iran des mollahs, le régime syrien n’aurait pas survécu aux premières années de l’insurrection.

La guerre en Syrie apporte chaque jour son lot de drames et son flot de réfugiés qui fuient le carnage et la dévastation. Si l'inaction de la communauté internationale a été déplorée lors des attaques à l'arme chimique de Bachar Assad contre sa population, c’est le renoncement à contrer l’Iran, principal allié du régime syrien, qui est la faute la plus grave.

Il n’est pas inutile de rappeler que la rebuffade américaine, malgré la violation par Assad de la ligne rouge du recours à l’arme chimique en 2013, fut influencée par la proposition de négociation sur le programme nucléaire iranien. L’inaction américaine en Syrie fut un préalable marchandé par l’Iran des mollahs. Le guide suprême iranien sauvait ainsi son allié d’un effondrement certain. Sans l’Iran des mollahs, le régime syrien n’aurait pas survécu aux premières années de l’insurrection.

Depuis 2011, les bombardements de Bachar Al-Assad ou les exactions de Daech ont tué 250 000 personnes et fait fuir 4,3 millions, c'est-à-dire un cinquième de la population syrienne, et 8 millions sont des déplacés de l'intérieur. Les chancelleries occidentales mettent régulièrement en garde sur la nécessité de trouver une solution à la crise des migrants qui vivent depuis quatre ans dans des conditions difficiles et insalubres dans des camps répartis dans les pays limitrophes – Turquie, Liban, Jordanie et les quelques 300 000 qui sont arrivés en Europe.

S’il est urgent de trouver une solution à la crise des migrants, il faut aussi revenir à la racine du mal. Le soutien sans faille de l’Iran à Bachar Assad, au lendemain du « printemps arabe », a poussé le dictateur syrien à réponde aux revendications des manifestants qui réclamaient plus de démocratie, par des balles. Les opposants, acculés par la répression ont dû prendre les armes contre la dictature et ont très vite marqué des points. Après que les Tunisiens, les Egyptiens et d'autres peuples de la région ont vu fuir leur dictateur, beaucoup avaient espéré qu’Assad les suivrait dans la poubelle de l'histoire.

Mais ce dernier a survécu à la fronde généralisée grâce au soutien massif et indéfectible du régime iranien et de ses pasdaran en plus du soutien de la Russie.

Pour sa part, la communauté internationale a non seulement hésité à aider la résistance syrienne dans son combat si crucial, mais a aussi renoncé à contrer l'ingérence iranienne et ses agents libanais du Hezbollah. Cette hésitation a offert à Assad le temps qui lui était nécessaire. La stratégie de Bachar Assad et de son mentor iranien représenté par les Gardiens de la révolution a été de jouer la carte des extrémistes contre les opposants modérés. Vider les prisons des djihadistes en puissance en les mettant en liberté pour renforcer les extrémistes syriens fut un scénario efficace, réalisé dans l’antichambre du QG commun des pasdarans et de l’armée syrienne.  Le répit accordé à Assad a eu pour conséquence l’émergence de Daech et de son « califat islamiste », devenu aujourd’hui une crise inextricable pour l’ensemble de la communauté internationale. Nous ne devons pas oublier que la guerre menée par les Etats-Unis en Irak a offert ce pays sur un plateau d’argent à l’Iran Khomeyniste. La politique sectaire de l’homme de main de l’Iran, le premier ministre Nouri Al-Maleki a ensuite préparé le terrain à la création de l’embryon de Daech.

Les autorités iraniennes, syriennes ou irakiennes ont joué un rôle direct, dans l'apparition de ce Golem, en réprimant cruellement les populations sunnites, en évitant de confronter ce mal, en favorisant même son développement afin d’en faire un épouvantail pour la communauté internationale et l'amener à renoncer au renversement d’Assad.

Aujourd’hui en voulant associer Assad ou le régime iranien au règlement du problème de Daech, nous risquons d’assister à un enchainement d’erreurs menant le monde vers une terrible catastrophe.

Les méfaits du régime iranien dans la région sont innombrables, Liban, Bahrein, Syrie, Yémen partout l’Iran apparait comme l’élément déstabilisateur… La faiblesse de la communauté internationale à contrer la source du fléau, contribue à l’impasse. Il y a une urgence à gérer les conséquences sociales des conflits du Moyen-Orient. Mais l'émotion créée par le drame des migrants syriens ou irakiens doit aussi nous rappeler la racine du problème et inciter à se focaliser sur l’éradication des facteurs qui ont engendré Daech : en premier l’ingérence néfaste de l’Etat islamiste d’Iran dans l’ensemble de cette région depuis l’avènement de Khomeiny.

 

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