Deux centres balistiques du régime iranien, dévoilés par le CNRI, sur la liste noire

Le 24 mars, le Département du Trésor des États-Unis a inscrit sur sa liste noire deux sociétés iraniennes impliquées dans le programme de missiles balistiques du régime iranien. Ces sociétés avaient été dévoilées, en 2008, par le Conseil national de la Résistance iranienne. Des hommes d'affaires liés à une compagnie aérienne ont également été sanctionnés.

Le jeudi 24 mars, le Département du Trésor des États-Unis a inscrit sur sa liste noire deux sociétés iraniennes impliquées dans le programme de missiles balistiques du régime iranien et a également sanctionné deux hommes d’affaires britanniques ayant aidé une compagnie aérienne utilisée par le Corps des gardiens de la Révolution du régime iranien.

« Shahid Nuri Industries » et « Shahid Movahed Industries » ont été inscrites sur la liste noire américaine et ont ainsi perdu leur accès au système bancaire international. Il a été dit que ces deux sociétés travaillaient pour « Shahid Hemmat Industrial Group » (SHIG) qui selon Washington est responsable du programme de missiles balistiques de Téhéran, a rapporté Reuters.

Le régime iranien a testé plusieurs missiles balistiques au début de ce mois-ci. Les États-Unis et d’autres pays occidentaux ont déclaré que ces testes constituaient une violation d’une résolution de l’ONU.

Deux entreprises révélées par le Conseil national de la Résistance iranienne

L’existence de ces deux entreprises qui viennent d’être sanctionnées par les Etats-Unis, avaient  été dévoilée par Mohamad Mohadessin, le président de la commission des affaires étrangères du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI) lors d’une conférence de presse en février 2008. Infrastructures dont l’importance fut expliquée quelques mois plus tard en juin 2008 dans le livre de Mehdi Abrichamtchi (« les Gardiens de la Révolution, l’armée intégriste et terroriste »).

Voici la définition qu’il donne du groupe Hemmat : « La plus grande fabrique de missiles affiliée à l’organisation de l’aérospatiale est le groupe des industries Hemmat implanté dans la région de Khojir, au sud-est de Téhéran. Il s’agit d’un immense ensemble du ministère de la Défense sur un terrain d’une superficie de 120 km2 (d’environ 20 km de longueur sur 6 km de largeur). Considérée comme un emplacement militaire stratégique du ministère de la Défense des mollahs, Khojir est une zone militaire entièrement surveillée. La construction de ce site secret a débuté en 1989 sur ordre de Khameneï. » (« Les gardiens de la Révolution » pages 279-280 –Ed. Jean Picollec)

Un peu plus loin il poursuit : «  C’est à Khojir que Téhéran poursuit activement la fabrication de têtes nucléaires (…) tout le personnel n’est pas autorisé à se rendre dans le secteur 8500 des Industries Alireza Nouri (…) le site Nouri est situé sur la face nord de la hauteur 1720 (à Khojir). (…) à cet endroit on adapte les ogive conçues pour être installées sur les missiles Chahab 3 avec une portée de 2000 Km. » (Page 281 du même livre).

Il dévoile également l’existence d’experts nord-coréens auprès des industires Hemmat. A propos des industries Movahed, Mehdi Abrichamtchi nous apprend que « Toutes les activités du groupe se font dans des tunnels camouflés dans les montagnes de la région de Khojir. Les industries Movahed sont situées dans le plus grand tunnel de cette région, d’un kilomètre de long sur 12 de large, avec six ramifications de 500mètre de longueur chacune.  Ce tunnel se trouve au centre de ka région de Khojir. » (Page 282 du livre) 

En Mars, le général Hossein Salami, numéro deux des Gardiens, avait précisé que "des missiles de précision Qadr H et Qadr F de longue portée" avaient été tirés sur les côtes sud-est de l'Iran à partir de la chaîne de montagnes d'Alborz (nord).

L'Iran n'arrêtera sous aucune condition son programme de développement de missiles balistiques, avait déclaré pour sa part le général Amir Ali Hajizadeh, commandant de la division aérospatiale des Gardiens de la révolution (pasdarans), dans une déclaration publiée le 10 mars, "Le programme de missiles iranien ne s'arrêtera pas quelles que soient les circonstances", a dit Hajizadeh avant d’ajouter : “Le corps des Gardiens de la révolution n'a jamais accepté les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies concernant ses travaux sur les missiles."

Selon l’agence Reuters, Washington a imposé des sanctions à onze entreprises et individus ayant été impliqués dans le programme de missiles balistiques du régime iranien après une série de tests effectués l’an dernier. Ces testes ont incité les Républicains au Congrès américain à demander la poursuite des sanctions contre le régime iranien.

« Nous allons continuer à utiliser tous nos outils pour contrer les activités du régime iranien dans le domaine de développement de missiles balistiques et du soutien au terrorisme, notamment par des sanctions », a déclaré Adam Szubin, sous-secrétaire chargé des questions relatives au terrorisme et aux renseignements financiers, dans un communiqué publié par le Département du Trésor et cité par Reuters.

Mahan Air une compagnie bien douteuse

Le Département du Trésor a également mis à l’index deux hommes d’affaires britanniques (Jeffrey John James Ashfield et John Edward Meadows) ayant fourni de l’aide à Mahan Air (une compagnie aérienne iranienne). Les Etats-Unis ont accusé Mahan Air d’être impliquée dans le transport de troupes, du matériel et des armes pour soutenir le régime du dictateur Bachar al-Assad dans la guerre civile en Syrie.

Ashfield a été « directement impliqué » à partir de fin 2015 dans des négociations pour l’achat de moteurs d’avions américains destinés à Mahan Air, a déclaré le Département du Trésor. Meadows est le directeur d’une société qui a fourni des pièces détachées d’avions et des financements à Mahan Air, a précisé le communiqué du Département du Trésor.

Deux entreprises basées aux Emirats-Arabes-Unis (« Grandeur General Trading FZE » et « HSI Trading FZE »), ont également été sanctionné pour des aides qu’ils ont fournis à Mahan Air.

Mahan Air est une compagnie aérienne que contrôlent les Gardiens de la Révolution et utilisent au service de leurs aventures bellicites. Elle fait partie des compagnies d’aviation qui souhaitent bénéficier des achats d’avions notamment en France. Lors du salon aéronautique du Bourget, en janvier 2016, le ministre iranien des transports Abbas Akhoundi avait déclaré que l’Iran devait remplacer les flottes de la quinzaine de compagnies aériennes que compte le pays, y compris Iran Air et Mahan Air !

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