Mes nuits intranquilles

En ce moment, j'ai de drôles de pensées. Ce genre de pensées qu’il va falloir assez vite prendre des dispositions.

Comme virer ces poils le long de mes jambes, penser à refaire mon henné, ne plus mettre ce leggins peau de léopard tout pourri, on ne sait jamais. Quand j’étais petite, ma mère justifiait sa politique hygiéniste en prétextant que si jamais on allait à l’hosto suite à une chute de vélo, ça la foutrait mal d’avoir un slip sale. Ce genre de pensées, franchement, qu’est-ce qu’ils s’en foutent à l’hôpital non ?

Et dire que maintenant, c’est bien incrusté dans ma tête. Imagine que je vais en réanimation (the place to be apparemment), et que je suis dans cet état  ? Et est-ce qu’ils vont vouloir me retourner régulièrement si je suis aussi vilaine ? Ben la réponse est que j’en sais rien du tout. Mais je m’en fous pas en fait de crever côté face, pile sur une alèse blanche pleine de miasmes.

Tout ce que je sais, c’est que j’ai de plus en plus de pensées de ce genre. Et que mon léger hypocondrisme ressort un peu plus ces derniers temps malgré l’abus de tisane « Nuits tranquilles ». Je peux vous dire que mes nuits sont loin d’être tranquilles. Je fais des cauchemars sans même avoir lu des histoires qui font peur (non Dimitri, je n’ai pas encore lu ton roman*), sans même avoir erré sur Twitter pendant des heures, sans même avoir regardé « Faites entrer l’accusé » ou « The Voice », non, des cauchemars qui arrivent tout seuls, comme ça.

Des histoires de toux, de fous, de camping-car, de camions oranges plein de méchants, de voitures de sport (oranges aussi), de Florents Pagny en costume crocodile : le tout qui se termine plutôt mal et assorti de catastrophes diverses et variées.

La nuit dernière, j’ai rêvé que j’avais d’atroces quintes de toux dans un camping car. Et je me suis demandé, au réveil, si ce n’était pas réel ? Si dans la nuit, alors que j’étais en vacances dans un camping car, j’ai réellement toussé et que c’est entré dans mon rêve. Me faire ch… jusque dans mes vacances imaginaires, le cauchemar quoi. [Et là, je vois mes lecteurs et lectrices qui se tiennent le menton en songeant « elle a vraiment basculé dans la folie, hum hum »]. Je reprends le cours de mon histoire.

Ce matin, j’ai écouté la radio. Quitte à faire des cauchemars, au point où j’en étais… Hé bien, que racontaient-ils sur Inter ? Déjà, j’ai remarqué que le Nico Au-deumeurant, prenait un plaisir de ouf à prononcer criiiiiise en étirant comme un élastique le i. Comme si on avait besoin de ça en plus. Quel plaisir il prend à prononcer ce mot ! En un an, il a dû ajouter au moins quinze iiiii. Bref, il dit ça, puis, il parle des transferts de patients. J’imagine, en serrant fort mon café, ces pauvres êtres, traités comme des numéros, des « poids », à transférer d’un centre à l’autre, en train en plus (tout le monde sait que c’est le plus sûr moyen pour choper la crève). Et je blêmis lorsque Nico dit qu’ils vont être « transférés dans les pays de la Loire » et chais plus où MAIS pas en Bretagne. Niet ! Aucun transfert dans notre région qui semble (semblait?) préservée.

Vous ne trouvez pas ça étrange ? Oui, vous pensez comme moi. Sans être complotriste, je me dis que c’est sans doute en prévision que nos hostos vont se remplir rapidement. On peut dire que la menace se rapproche au max (Max la menace, j’ai pas fait exprès) et que cette fois ci… ben oui, il va falloir prendre nos dispositions.

Suite au prochain épisode !

* désolée pour cette blague foireuse, j’espère que tu me pardonneras Dimitri, car d’une, je sais que ton livre est magnifique, et de deux, que tu apprécies plus ou moins l’humour foireux. J'ai d'ailleurs hâte de le lire ce "Démon de la colline aux loups" dont je n'entends que du bien :)

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