Première journée en réa

Hier, c'était la première journée de Julien en réanimation. Une salle de réveil effectivement transformée en salle de réa, mais du genre vintage. Pour le moment, c'est encore assez calme. Récit

Alors hier, c'était la première journée en réa. La fourmilière s'est activée pour transformer la salle de réveil en réanimation, "low cost, avec des respirateurs vintage ou d'anesthésie, pas trop adaptés à de la ventilation longue durée. On a mis les lits côte à côte avec des paravents, à l'ancienne tu vois" me raconte Julien. Et tu bosses avec qui ?

"Je faisais équipe avec une infirmière de salle de réveil sans expérience en réa, une infirmière de bloc opératoire qui ne fait que du bloc depuis 18 ans et une aide-soignante. Pour ma part ma dernière expérience en réanimation remonte à 2002 ! Et même si j’ai l’habitude de la ventilation mécanique, en anesthésie, globalement, les gens ne sont pas 'malades'.

Donc "low cost" aussi niveau personnel d’autant que c’est le médecin anesthésiste de garde qui nous supervise et qui est fort occupé avec les urgences à traiter au bloc (surtout quand il y a un patient Covid à endormir car il a besoin d’une intervention sans rapport avec le covid : certains n’ont pas de bol).

Bref on fait du dégradé avec nos quatre patients, arrivés du service de réanimation officiel, qui nous les a confié pour faire de la place (4 Covid chez eux, une suspicion pour nous).

Le midi livraison gratuite de pizzas, petite consolation.

Après midi, on prend nos marques. Une entrée : une patiente qui doit peut-être bénéficier d’une thrombolyse sur son AVC. Le médecin  anesthésiste est en salle avec le covid, j’accompagne la patiente à l’IRM qui sera ensuite envoyée en service de médecine. Fin de journée après transmissions à l’équipe de nuit.

Il est 20h30, je ne croise que des camions sur la route. En arrivant vers la maison, je vois le camion à pizza sur le parking d’Inter qui est ouvert avec un gus qui tape la discute avec le pizzaïolo... Deux femmes âgées font leur footing by night dans la rue. À part ça, tout est calme."

Demain, Julien sera de garde à la maternité. Accoucher dans ce contexte, ça doit être assez spécial à vivre, force et courage. Rendez-vous après sa garde pour le compte-rendu d'une journée consacrée aux naissances...

22 mars 2020

 

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