Un rapport de «Human Rights Watch» condamne la torture généralisée en Egypte

Paru le 6 septembre sur le site de Human Rights Watch (HRW), un rapport vient dénoncer les actes de barbaries dont se rend coupable le gouvernement d’Adbel Fattah al-Sissi en Egypte. L’ONG dénonce une pratique de la torture « généralisée et systématique » et que ces actes pourraient constituer un probable crime contre l’humanité.

Le rapport de 63 pages du HRW est accablant pour le gouvernement de Sissi et ses prédécesseurs. Les pratiques spécifiques de tortures ne sont pas nouvelles en Egypte, l’ONG rappelant alors des faits datant de 1992, soit bien avant la révolution de 2011…

Human Rights Watch a interrogé une vingtaine d’anciens détenus, ayant subis des tortures, ainsi que leurs familles. L’ONG a complété ses investigations à l’aide de rapports écrits par différentes ONG et associations égyptiennes des droits de l’homme.

Nous pouvons alors apprendre qu’au moins 60000 personnes ont été arrêtées depuis le coup d’état militaire, et que des centaines de disparitions sont à déplorer. Par ailleurs, afin de gérer ce nouveau flux de prisonniers, 19 prisons ont été construites.

Le ministère de l’Intérieur est également accusé de mettre en place une répression à l’encontre des dissidents, et de monter des faux dossiers. Ces arrestations sont suivies d’actes de tortures, de disparitions forcées et d’une comparution pendant laquelle les aveux sont extorqués.

Les différents types de tortures sont exposés : les prisonniers sont accrochés au-dessus du sol, provoquant alors un déboitement d’épaule, ou une autre consistant «  à placer les genoux et les bras des suspects aux extrémités opposées d’une barre puis à attacher leurs mains ensemble au-dessus de leurs tibias. Lorsque les officiers soulèvent la barre et suspendent les suspects cela provoque de violentes douleurs aux épaules, aux genoux et aux bras. »

En conclusion, le HRW rappelle que l’Egypte est le seul pays à faire l’objet de deux enquêtes par le Comité des Nations Unies contre la torture, et que depuis le coup d’état militaire de Sissi en 2013, le recours à la torture et à la violence, donne un tel sentiment d’impunité que les victimes ne portent plus plainte.

 

Le dossier est à lire dans son intégralité, ici, en anglais :

https://www.hrw.org/report/2017/09/05/we-do-unreasonable-things-here/torture-and-national-security-al-sisis-egypt

 

 

 

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.