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Billet de blog 22 sept. 2022

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Ceci n'est pas mon féminisme

Mardi 20 septembre, un article publié sur Mediapart intitulé « Face à l’immobilisme, les féministes se radicalisent » a attiré mon attention. Depuis quelque temps, je me questionne sur cette branche radicale du féminisme qu’on entend de plus en plus, surtout dans les médias.

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Mardi 20 septembre, un article publié sur Mediapart intitulé “Face à l'immobilisme, les féministes se radicalisent”  a attiré mon attention. Depuis quelque temps, je me questionne sur cette branche radicale du féminisme qu’on entend de plus en plus, surtout dans les médias.. 

Difficile de savoir le pourcentage exact de féministes qui se reconnaissent totalement dans leur mode d’action, quand dans mon entourage le soucis d’une justice équitable pour tous reste un objectif prioritaire. 

Comme beaucoup de femmes, j’ai accueilli le mouvement  “Me too” comme un événement historique et surtout libérateur. Enfin, nous allions pouvoir imposer dans le débat public nos revendications. Dénoncer un système de domination patriarcale globale, raconter  ce que nous vivons et subissons en tant que femmes au quotidien, aussi bien dans nos foyers, qu’au travail, que dans la rue. 

Grâce à me too, aujourd’hui, et ce n’est pas négligeable, je peux également plus facilement amorcer des discussions avec des hommes sur notre condition et certains d'entre eux accueillent ma parole avec intérêt.  

D’ailleurs, dès le début de Me too en 2017, j’avais écrit qu’il fallait recueillir l’ensemble des témoignages, pas seulement ceux qui concernent les violences sexuelles, mais aussi parler du sexisme au quotidien, pour opérer une prise de conscience chez tous et rappeler le caractère systémique de la domination masculine. 

Aujourd’hui, je n’ai pas changé d’avis. 

Très vite, j’ai porté un regard critique sur quelques dérives liés au mouvement. Dès 2017, certaines victimes ont affiché publiquement les noms de leurs agresseurs, se substituant de fait à la justice. Aussi imparfaite soit elle, je la préfère toujours à la justice destructrice des réseaux sociaux. 

Il faut également noter, malheureusement que trop souvent le contenu des témoignages des femmes victimes de violences sexuelles sont mis de côté dès lors que la personne incriminée est une figure médiatique. Je m'explique. Par exemple, dans l’affaire Quatennens, on a plus parlé de son retrait de la vie publique que de la gravité des actes du député LFI. A cela, il faut ajouter le caractère opportuniste des prises de positions des adversaires politiques du mis en cause qui trouvent avec cette affaire de violences conjugales un bon moyen d'écarter celui qui était bien placé pour remplacer Jean-Luc Mélenchon à la tête du mouvement insoumis. 

Je m’interroge aussi après les récentes accusations concernant Julien Bayou et du mot-valise “manipulation” qui a été employé à maintes reprises. Sur quels faits reposent la manipulation ?  Est-elle avérée? Ou est-ce uniquement la personne se déclarant victime, ou bien est-ce un(e) psychologue ou un(e) officier(e) de police qui ont établi les faits? Le responsable écologiste s'est vu alors contraint de se retirer temporairement de la vie publique, sans aucune enquête, ni journalistique, ni policière n'ait été faite. Ne va pas-t-on un peu trop vite ? 

Peut-on sincèrement se revendiquer féministe et user de certaines méthodes qui créent de l’injustice, mènent à du harcèlement en ligne? J’ai également appris dans ce même article de Médiapart que certaines féministes acceptent l’idée de “dommages collatéraux” , liés aux dénonciations. On ne peut répondre à une injustice par une autre injustice, sinon où se trouve la cohérence et la justesse dans notre lutte?

Bien sûr, cette radicalité trouve sa source dans l’immobilisme du gouvernement. Qu’a t'il fait pour améliorer la prise en charge des victimes ? Qu’a-t-il fait contre le harcèlement de rue dont je subis chaque jour les conséquences ? Qu’a-t-il fait pour nous protéger contre la violence des hommes ?

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