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Billet de blog 2 oct. 2021

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Françafrique : de Charybde en Scylla ?

La réponse peu diplomatique de Macron à la déclaration également intempestive du premier ministre malien à la tribune de l’ONU a suscité à Bamako une colère qui pourrait bien être irréversible et contagieuse et précipiter la fin de la Françafrique.

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La presse africaine se fait ce matin l’écho de la colère du gouvernement de transition malien après que Macron a déclaré qu’il « n’est même pas un gouvernement » (à lire ici). Il est vrai que l’annonce de la fin de l’opération Barkhane et le double coup d’état du Mali avaient déjà considérablement perturbé la « longue et harmonieuse » coopération entre la France et ses « amis » africains, surtout au Sahel.

Comme en Centrafrique, les Russes y voient bien entendu l’occasion de prendre la place du « pacificateur » français dans une lutte contre le terrorisme qui ne semble pas, dans la bande du Sahel, enthousiasmer outre mesure le reste du monde. Et malgré les pratiques discutables des mercenaires recrutés par cet avatar du Kremlin qu’est la société Wagner, force est de reconnaître que leur intervention n’est pas inefficace. Mais l’aide de Wagner n’est pas gratuite et se paie tant en espèces sonnantes et trébuchantes qu’en concessions minières et, en changeant le fusil d’épaule aussi vite, le Sahel risque bien de tomber de Charybde en Scylla.

La semaine qui vient va sans doute être décisive pour l’avenir des relations entre la France et les gouvernements du Sahel (les relations avec le Tchad ne sont pas non plus celles dont rêvait Jupiter) et de ce fait pour l’avenir de la Françafrique en général, c’est-à-dire des intérêts économiques de l’hexagone. Une remise en question de la présence militaire française dans le Sahel aura sans doute des répercussions dans les autres pays et l’onde de choc qu’elle risque de déclencher pourrait bien renforcer la détermination des divers mouvements de la jeunesse africaine et accélérer d’autres transitions.

À suivre.

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