Un mode de non-vie

Un article sur le terrorisme au nord du Burkina Faso : 4 commentaires. Un article sur l’islam en France : plus de 300 commentaires en quelques heures. En parlant du Sénégal, je vais donc sans doute prêcher dans le désert. Mais quelle sérénité dans le désert !

dimanche sur la plage © A.H.G. Randon dimanche sur la plage © A.H.G. Randon

Le dimanche, les familles viennent se reposer en bord de mer et les enfants jouent sur la plage. Les garçons au foot, bien entendu, tandis que les filles pataugent, les unes en string, les autres habillées de la tête aux pieds. Habillées parce que le burkini est un vêtement que seuls les riches peuvent se permettre. Elles jouent et rient ensemble sous l’œil protecteur de leurs parents, et la mer n’est pas plus polluée pour autant. Le maire ne prend pas de décret farfelu pour imposer une tenue de bain « décente ».

Fillette, Casamance © A.H.G. Randon Fillette, Casamance © A.H.G. Randon

Le lundi, de retour à l’école, les unes sont voilées et les autres tressées, mais les deux sont avides de savoir et l’instituteur les encourage également, sans s’occuper de leur tenue. Les deux ont l’âme pure.

Fillette tressée en Casamance © A.H.G. Randon Fillette tressée en Casamance © A.H.G. Randon

À la clôture du Ramadan, les Chrétiens viennent offrir aux Musulmans qui n’en ont pas les moyens de quoi faire dignement la fête et sont invités à partager le repas de cette fraternité.

À Noël, les Musulmans, dans un élan semblable, offrent aux ouailles nécessiteuses de la paroisse de quoi célébrer dans la joie la naissance de leur sauveur.

Pendant ce temps, de l’autre côté de la Grande Bleue, on défend dans la haine un mode de non-vie.

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