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Billet de blog 29 septembre 2022

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Un cochon dans la conduite ?

Deux gazoducs ont été construits pour acheminer du gaz russe en Europe. L’un n’a encore jamais fonctionné mais est prêt, l’autre est à l’arrêt. Le prix du gaz explose, les gazoducs aussi. Quelqu’un a donc gratté une allumette.

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Mais qui a bien pu faire un tel coup ? Ce qui me semble particulièrement risible, c’est que tous les journalistes, spécialistes et commentateurs qui s’expriment au quotidien sur nos chaînes de désinformation en continu affirment toujours « ne pas voir quel intérêt les Américains pourraient bien avoir à saboter des gazoducs russes ».

Chacun se perd dans des hypothèses plus complexes les unes que les autres afin d’accréditer la thèse du sabotage russe. Ils feraient cela pour nous montrer de quoi ils sont capables. Un bateau étant trop voyant, ils auraient selon certains envoyé un cochon se faire exploser dans la conduite. J’ai tout de même un peu de difficultés à imaginer que l’on puisse fanfaronner en détruisant ses propres investissements (le nouveau gazoduc aurait coûté 10 milliards de dollars à la Russie, je n’ai pas d’info sur l’autre). Cette autodestruction signifie aussi que la Russie anticiperait une fin définitive des livraisons à l’Europe, se privant également sur le long terme non seulement de revenus mais aussi de tout argument en cas de négociations et/ou de levée de sanctions.

Les États-Unis cherchent depuis des années à nous convaincre de ne pas acheter de gaz aux Russes. Ils préfèreraient bien entendu que l’on achète leur gaz de schiste extrêmement polluant, que ce soit à l’extraction ou à la commercialisation : il faut en effet liquéfier le gaz, le charger sur des méthaniers très polluants (comme tous les gros navires), puis le gazéifier en Europe. L’affaire ne peut être rentable que si les prix sont élevés.

Je ne sais pas qui a fait le coup, mais envisager la possibilité que ce soit un fournisseur de gaz concurrent qui tentait déjà bien avant l’agression russe en Ukraine d’empêcher le chantier du second gazoduc d’aboutir ne me semble pas relever d’un esprit particulièrement complotiste. Ce qui est certain, c’est que le risque de voir le gaz russe venir concurrencer le gaz américain en Europe est désormais écarté pour un bon bout de temps.

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