LA GRANDE DAME DU THÉÂTRE MAROCAIN, TOURIA JABRANE, S'EN VA

La grande comédienne marocaine et ancienne ministre de la culture, Touria Jabrane, vient de décéder. C'est l'une des plus grandes dames du théâtre dans les pays arabes

Clin d’œil à la comédienne marocaine Touria Jabrane (16 octobre1952-24 août 2020)

DECES D’UNE GRANDE DAME DE LA SCENE

La grande comédienne marocaine et ancienne ministre de la culture, Touria Jabrane vient de décéder. Elle a énormément travaillé sous la direction du grand metteur en scène Tayeb Saddiki. Ce n’est pas sans plaisir et raison qu’elle a rejoint sa troupe Masrah Ennas (Le théâtre des gens) en 1972.   

Diplômée du conservatoire du ministère d’Etat chargé des affaires culturelles et de l’enseignement originel, Touria Jabrane est une grande comédienne et un metteur en scène accompli.  Juste après ses études, elle commence à interpréter des rôles importants avec un talentueux homme du théâtre au Maroc, Tayeb Saddiki qui lui apprend pratiquement à évoluer sur scène avec rigueur.

Née le 16 octobre 1952 à Casablanca, de son vrai nom Saadia Kryatif, elle choisit précocement le théâtre comme métier et se consacre entièrement à sa passion, multipliant les rôles au théâtre, au cinéma et à la télévision. A la maison de jeunes de Casablanca, elle joue en amateur dans des groupes de jeunes. Interprétant tous les registres, elle réussit à séduire tous les grands du théâtre. Elle débute en 1972 , sa carrière de comédienne dans la troupe de Saddiki, Maamora. Début des années 80, elle prend la décision, avec son mari, Abdelouahed Ouzri, lui aussi metteur en scène, de créer une troupe qui allait marquer la scène marocaine, Mesrah El Yaoum (Théâtre d’aujourd’hui), joue et/ou met en scène plusieurs pièces comme  Hikayat Bila houdoud  (Histoires sans frontières), inspiré d’un texte du  Syrien, Mohamed Al Maghout ;  Boughaba, d’après  Maître Puntila et son valet Matti de B.Brecht, Nemroud fi Hollywood ; Le général ; Nrekbou Lehbal… Elle réussit la gageure de regagner le public ayant commencé à déserter les travées  du théâtre  qui retrouve ainsi une grande actrice et des pièces intéressantes. Son théâtre colle à l’actualité, mais ne s’empêche pas de mettre en scène des textes poétiques comme ce beau poème de l’écrivain marocain, Abdellatif Laabi qui a connu les affres des prisons marocaines du temps de Hassan II, Le soleil se meurt. Elle monte, entre autres textes d’actualité, Quatre heures à Chatila et joue en solo dans des one woman show qui attirent un large public, notamment, Yak ghir Ana (Il n’y a que moi) en 2007.Elle occupe le poste de ministre de la culture de 2007 à 2009. Elle a joué dans quelques longs métrages de cinéma (Zeft de Tayeb Saddiki, 1982 ; La guerre du golfe …et après, 1992 ; Soif de Saad Chraibi, 2000 ; Jawhara, fille de prison de Saad Chraibi, 2003 ; La beauté éparpillée de Lahcen Zinoun, 2007 ; Argana de Hassan Rhanja, 2007) et à la télévision. Elle a entamé sa carrière de cinéma dans le film, Omar Mokhtar, réalisé par Mustapha Akkad.

Lors de sa nomination comme ministre de la culture en 2007, elle propose au gouvernement le boycott du salon du livre de Paris parce que Israël était l’invité d’honneur.

.

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.