Le président doit-il parler devant le Consistoire central ou le CRIF ?

Le président Macron devrait limiter ses adresses à des assemblées de religieux et s’adresser aux rabbins, comme il le fait pour les évêques ou les imams. Mais le mieux reste le cadre de la Conférence des responsables de culte en France qui ne ferait aucun remous ni jaloux. Elle permettrait d’exprimer en une fois la position de la République vis-à-vis de toutes les religions sans distinction.

Le président doit-il parler devant le Consistoire central ou le CRIF ? Pour une rencontre unique avec  la Conférence des responsables de culte en France

 

Lorsque le président de la République souhaite s’adresser aux représentants des religions autorisées en France – rappelons que certaines d’entre elles, considérées comme « sectes », ne le sont pas – il ne réunit pas la Conférence des responsables de culte en France (CRCF), créée en novembre 2010 et qui regroupe les responsables de six cultes : Églises chrétiennes (catholique, orthodoxe et protestante), islam,  judaïsme et bouddhisme. Ceci éviterait pourtant toute surenchère d’un groupe particulier de religieux.   De récentes initiatives de certains présidents ont transformé leur rencontre avec les religieux des différents cultes  en rite, devenu parfois un rituel annuel.

Pour les catholiques, le président est invité par la conférence des évêques. J’ai cherché sur le site de l’Élysée pour savoir s’il parlait devant les protestants. J’avoue ne pas avoir trouvé trace de « dîner » annuel mais une allocution en septembre 2017 pour le 500ème anniversaire de la Réforme. Par contre, il a parlé, en juin 2017, lors d’un dîner le réunissant aux membres du Conseil français du culte musulman. Pour les bouddhistes, il ne semble pas y avoir eu de rencontre. Par contre, le « dîner » le plus médiatisé est celui du Conseil représentatif des institutions juives de France. Or, ce n’est pas cette organisation qui représente le judaïsme français.  Il existe le Consistoire central, vieux de 200 ans, et qui, lui, rassemble des rabbins.  Le CRIF est une organisation récente. Wikipédia nous dit que « Le dîner du CRIF est créé en 1985 avec pour objectif de porter la voix politique des Juifs de France et d'instaurer un dialogue avec les pouvoirs publics ». C’est le président Sarkozy qui, au lieu de parler devant une assemblée de religieux du Consistoire, s’est invité au dîner du CRIF et a inauguré, ce qui n’aurait pas dû devenir une tradition. Le président Macron devrait limiter ses adresses à des assemblées de religieux et s’adresser aux rabbins, comme il le fait pour les évêques ou les imams. Mais le mieux reste le cadre de la Conférence des responsables de culte en France qui ne ferait aucun remous ni jaloux. Elle  permettrait d’exprimer en une fois la position de la République vis-à-vis de toutes les religions sans distinction.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.