Bridge : Aide et Action demande aux investisseurs de cesser leurs soutiens

88 organisations, parmi lesquelles Aide et Action, demandent aujourd’hui aux investisseurs de cesser leurs soutiens aux quelques 500 écoles de la Bridge International Academy. En cause ? Leurs manques de transparence et leurs impacts des plus négatifs sur le droit à l’éducation dans le monde.

 

88 organisations, parmi lesquelles Aide et Action, demandent aujourd’hui aux investisseurs de cesser leur soutien aux quelques 500 écoles de la Bridge International Academy présentes au Kenya, au Libéria, au Nigéria, en Ouganda et en Inde. Dans une lettre ouverte, publiée ce 1er mars 2018, elles demandent aux nombreux investisseurs, parmi lesquels les Fondations de Mark Zuckerbeg ou Bill Gates, des agences d’Etats comme celles de la France ou du Royaume-Uni ou encore les Nations Unies, d’ouvrir les yeux sur les pratiques très controversées de l’Académie.

Il est temps d’ouvrir les yeux

« La Bridge Academy est arrivée l’an dernier dans notre pays, avec la promesse d’améliorer la qualité de l’éducation. Mais ils ont seulement réussi à améliorer les résultats de manière très marginale, pour des sommes astronomiques, en évinçant les professeurs et en poussant dehors des milliers d’enfants. Nous espérons que ce nouvel appel et les nouvelles preuves apportées conduiront les investisseurs à prendre la décision de ne plus financer les opérations de Bridge », explique Anderson Miamen de la Coalition du Liberia sur la Transparence et la redditionalité en éducation.

Tarifs exorbitants, non-respect des programmes, mauvais traitements des enseignants

Au cours des derniers mois, les pratiques de la Bridge International Academy ont été à plusieurs reprises critiquées tant les médias que par des institutions publiques comme les Nations Unies, la Commission Africaine sur les Droits des Hommes et des Peuples ou encore la Commission du développement international de la Chambre des Communes britannique. Parmi les principaux griefs : la cherté des tarifs proposés, le non-respect des programmes scolaires et les mauvaises conditions de travail pour les enseignants.

Une telle situation ne serait jamais autorisée dans les pays du Nord

« Les investisseurs privés ont un rôle clef à jouer dans l’amélioration des infrastructures et services. Pour autant, cela ne signifie pas qu’ils peuvent violer nos lois et nos standards et traiter les enseignants et parents de manière irrespectueuse et indigne. Cela ne serait jamais autorisé en Occident. Pourquoi devrions-nous le tolérer ici ? Les investisseurs étrangers qui souhaitent développer notre pays et notre nation sont les bienvenus, mais ceux qui soutiennent des sociétés illégales qui minent le droit à l’éducation ne le sont pas », a souligné Linda Oduor-Noah de l’organisation East African Centre for Human Rights.

Devant un tel constat, les organisations signataires demandent donc aux investisseurs de cesser immédiatement leur soutien à la Bridge International Academy.

Pour rappel, les écoles Bridge sont nées dans les années 2010 avec pour objectif « d’offrir un enseignement de haute qualité aux enfants dont la famille gagne moins de 2 dollars par jour et par personne ». Sur le papier, elles semblaient un remède miracle aux problèmes de l’éducation et du financement de l’éducation en Afrique. Et de fait, elles ont immédiatement attiré quelques-uns des plus gros investisseurs de la planète comme le fondateur de Microsoft Bill Gates ou celui de Facebook Marc Zuckerberg. Mais la réalité des écoles Bridges s'est avérée des plus décevantes, parfois même inquiétantes, comme le soulignait il y a à peine quelques semaines le quotidien français Le Monde. Les acteurs de al société civile avaient déjà plusieurs fois appelé investisseurs et donateurs internationaux à cesser leur soutien financier à la Bridge International Academy. 

 

> Consulter la lettre ouverte et la liste des 88 organisations signataires

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