A Dakar, Emmanuel Macron tourne la page d’une aide à l’éducation française en baisse

La France a annoncé vendredi 2 février à Dakar, à l’occasion de la Conférence de financement du Partenariat Mondial pour l’Education, une contribution à hauteur de 200 millions d’euros pour l’éducation dans le monde. Aide et Action salue l’engagement d’Emmanuel Macron mais rappelle qu’il ne s’agit que d’un premier pas pour une politique d’aide au développement ambitieuse et efficace.

Le Président Emmanuel Macron avait annoncé à plusieurs reprises sa volonté de faire de l’éducation une priorité absolue de la France. Son annonce d’une contribution de 200 millions au Partenariat Mondial pour l’Education à Dakar le 2 février 2018 est une excellente nouvelle, qui redonne l’espoir d’une France à la hauteur du défi du développement. Pour rappel, la France n’avait en effet rien versé au Partenariat Mondial pour l’Education en 2014, seulement 1.1 million de dollars en 2015 et 8.4 millions en 2016.

Une annonce qui donne l’espoir d’une France à la hauteur du développement

« Les engagements annoncés vendredi 2 février à la Conférence de Financement du PME, notamment celui de la France, sont une excellente nouvelle pour l’avenir de l’éducation et de notre monde, souligne Charles-Emmanuel Ballanger, Directeur d’Aide et Action France. « Depuis plusieurs mois, nous attendions d’Emmanuel Macron qu’il renoue avec une politique d’aide à l’éducation ambitieuse et qu’il passe des mots aux actes.  C’est désormais chose faite et nous nous en réjouissons. J’en profite par ailleurs pour souligner le travail de plaidoyer accompli par tous les acteurs de la société civile et des Ongs qui a permis d’aboutir à ce résultat. »

Ce n’est qu’un début…

« Cette nouvelle dynamique n’est toutefois qu’un début », ajoute Charles-Emmanuel Ballanger. « Nous attendons désormais du Président Français qu’il continue sur cette lancée et qu’il donne à la France les moyens financiers et techniques de relever le défi du développement en augmentant, comme il s’y est engagé, l’aide publique au développement de la France à hauteur de 0.55% du PIB tout en maintenant pour l’éducation une part de 15% de l’APD totale. Le Président a annoncé 100 millions d'euros d’aide bilatérale à l’éducation. Nous attendons d’en savoir plus. L’aide bilatérale doit être complémentaire de l’aide multilatérale, elle doit aussi davantage cibler les pays prioritaires et davantage transiter par les ONGs, seuls véritables acteurs de terrains. Nous continuerons notre plaidoyer en ce sens. »

L’Aide Publique au Développement (APD) de la France a chuté au cours de la dernière décennie, atteignant  à peine 0.38% du PIB en 2016, soit loin de l’engagement des 0.7% du PIB. A plusieurs reprises depuis son élection, Emmanuel Macron a répété sa volonté de relever le défi du développement en portant notre APD à hauteur de 0.55% du PIB d’ici à 2022. Une trajectoire qui aurait le mérite de renverser la tendance baissière de l’aide au développement française et qui pourrait apporter 757 millions de dollars de financements additionnels pour le seul secteur de l’éducation sur la période 2018-2020.  Mais pour  atteindre un tel niveau, il aurait fallu dès cette année 1 milliard d’euros supplémentaire alloué au développement. Avec seulement 200 millions prévus pour 2018, nous n’y sommes clairement pas.

A quand une trajectoire budgétaire claire pour une APD à 0.55%du PIB dès 2022 ?

A la veille du tout premier Comité interministériel de la coopération internationale et du développement du quinquennat Macron (8 février 2018), - qui a pour mission de déterminer les orientations de l’aide publique au développement de la France-, Aide et Action, aux côtés des membres de Coordination Sud, demande au gouvernement français de clarifier ses intentions (part des prêts/don, additionnalité, part transitant par les ONGs….) et d’annoncer des financements concrets et fléchés pour une aide au développement et à l’éducation ambitieuse.

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