G7 : l’éducation des filles finalement reconnue comme priorité

Les leaders du G7 ont finalement fait de l’éducation une priorité, se réjouit Aide et Action, en allouant 3.8 milliards de  CAD, soit 2.9 milliards  à l’éducation des filles en situation de crise. Rappelons que ces dernières connaissent 2.5 plus de risques de ne pas être scolarisées en période de conflits ou catastrophes naturelles.

Les leaders internationaux, réunis pour le G7 ces 9 et 10 juin 2018 à Charlevoix au Canada ne sont pas restés sourds aux demandes de la société civile et des ONG [ voir le Communiqué de presse conjoint des 16 membres de la Coalition Education, parmi lesquels Aide et Action, et de l'UNICEF] de faire de l’éducation des filles et des femmes une priorité absolue. Ces derniers ont en effet annoncé un engagement historique de 3.8 milliards CAD, soit USD 2.9 milliards, pour améliorer l’accès et la qualité de l’éducation des jeunes filles en situation de crise ou de conflits.

Un engagement historique

« Nous devons faire en sorte que toutes les femmes et les filles aient accès à l’éducation de qualité et aux formations. Du primaire au secondaire et au-delà, les femmes et les filles en situation de crise et de conflits doivent avoir les mêmes opportunités de réussites, c’est la chose la plus intelligente à faire. Si les femmes ont cette opportunité, elles amèneront des changements positifs et contribueront à construire de meilleures vies pour elles-mêmes, leurs familles, leurs communautés et in fine le monde lui-même. » Justin Trudeau, Premier Ministre du Canada

Les filles, plus exposées à la déscolarisation et aux violences

Aujourd’hui 75 millions d’enfants et de jeunes sont privés d’éducation dans 35 pays en crise dans le monde. Les filles y ont 2.5 fois plus de risques de ne pas être scolarisées. Elles sont de fait plus exposées aux violences, aux maltraitances et aux mariages et grossesses précoces. Les fonds engagés serviront principalement à améliorer l’accès à l’éducation pour les populations les plus vulnérables, à mieux coordonner l’aide humanitaire et l’aide au développement pour garantir une amélioration des conditions de scolarisation sur le long terme, et à favoriser l’emploi des filles et des femmes.

Pour que les voix des femmes soient entendues et reconnues

Les partenaires du G7 se sont également entendus pour que les voix des filles et des femmes soient davantage entendues et respectées dans le cadre de prise de décisions sur l’éducation et l’emploi. Une décision qui fait suite à la création par le Canada d’un Conseil consultatif sur l’égalité des sexes dans le cadre de sa présidence du G7. La France, qui prendra la présidence du G7 en 2019, a déjà annoncé que ce conseil serait maintenu tout au long de l’année [il a pour mandat de favoriser un programme transformateur pour le G7 et de faire en sorte que l’égalité des sexes et l’analyse comparative entre les sexes soient intégrées dans l’ensemble des thèmes, des activités et des résultats de la présidence canadienne du G7].

Une des priorités de  la présidence française du G7 en 2019

Il est fort probable que l’éducation des filles restera l’une des priorités de la France l’an prochain, même si rappelons-le la France n’a cette fois pas contribué à l’effort financier consenti par le G7 au-delà des €200 millions d’engagements pour le Partenariat Mondial pour l’Education annoncés en février dernier. Les pays ont contribué aux USD 2.9 milliards à hauteur de : le Canada a investi CAD $400 million sur 3 ans, l’UE 72 millions d’euros, l’Allemagne 75 millions d’euros, le Japon USD 200 millions et la Banque Mondiale USD 2 milliards au cours des 5 prochaines années, le Royaume-Uni a investi 187 millions de livres sterling en plus des 212 millions annoncés en avril dernier pour scolariser plus d’un million de filles dans les pays en développement du Commonwealth.

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