Journée Internationale des Réfugiés : le droit à l’éducation n’est pas une option

En cette Journée Internationale des Réfugiés (20 juin), trois semaines avant la tenue du prochain G20, Aide et Action rappelle aux autorités françaises et internationales la nécessité de faire respecter au plus vite le droit à l’éducation des quelques 10 millions d’enfants réfugiés qui en sont aujourd’hui totalement privés.

Le monde compte 21,3 millions de personnes réfugiées, dont 51% d’enfants, ayant fui leur pays en raison de la guerre ou des persécutions. Soit le plus haut niveau atteint depuis la seconde guerre mondiale. Et on estime que ce nombre pourrait encore s’accroitre et atteindre 250 millions en 2050.

 

 

 © Naïade PLANTE © Naïade PLANTE

Plus de 10 millions d’enfants privés d’éducation. Plus de 10 000 d’entre eux auraient péri en mer depuis 2014 dans l’espoir d’atteindre une terre meilleure. L’espoir est beau, la réalité est toute autre. Car pour ces hommes, femmes et enfants, qui ont tout abandonné du jour au lendemain, il y a la faim, la solitude, la maladie, la misère et au final l’attente. Une attente interminable pour une autre vie, un autre pays, une autre société qui leur donnera peut-être la chance de vivre en paix et heureux.

Une aide insuffisante, où l’éducation est rare. Certes, l’aide existe : les pouvoirs publics et la société civile s’organisent pour offrir de la nourriture, des logements et des soins. Mais le chemin sera encore long pour qualifier l’aide apportée de digne et d’humaine. Car, au-delà de son insuffisance, elle est incomplète. Manque principalement l’éducation.

L’école n’est pas une option. En cette Journée Internationale des Réfugiés, Aide et Action rappelle aux autorités françaises et internationales la nécessité impérieuse d’offrir à tous les réfugiés l’éducation (de base et formation professionnelle) à laquelle ils ont droit. A l’heure actuelle, ils sont des millions à ne pas aller à l’école, à ne pas apprendre à lire et à écrire, à ne pas suivre de formation professionnelle. Pour tous ces jeunes, qui auront connu la guerre et le déplacement, ce sont autant de mois, d’années, voire de décennies de perdus. Quel que soit l’avenir qui les attend, et même si nous l’espérons positif, ils seront une génération sacrifiée, privée de savoirs, volontairement maintenus dans l’ignorance. Dans 5 ou 10 ans, quand ces jeunes atteindront l’âge adulte et qu’ils réaliseront la violence de leur enfance, les privations auxquelles ils ont été soumis, il est à craindre qu’ils ne perdent pied et qu’ils ne tombent dans la violence la plus extrême. Dans 5 ou 10 ans, nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas.

Nous savons, alors agissons pour que tous aient droit à l’éducation ! Alors que le prochain G20 se tiendra les 7 et 8 juillet 2017, Aide et Action invite le Président de la République Emmanuel Macron à prendre le leadership sur le sujet et à convaincre les chefs d’Etat présents de prendre parti et position pour une augmentation sensible de l’aide à l’éducation en général et plus particulièrement de l’aide à l’éducation en situation de crise. A l’heure actuelle, seuls 2% des fonds humanitaires sont alloués à l’éducation en état d’urgence. Une contribution de tous les pays donateurs, notamment de la France, au fonds « Education cannot wait » permettrait à chaque enfant réfugié, déplacé ou victime des conflits de prendre le chemin de l’école, de l’espoir et de la résilience.

Lire également le communiqué de presse de la commission Migrations de Coordination SUD, en lien avec la commission Europe, à l’occasion de la Journée mondiale des réfugié-e-s.

Pour rappel, Aide et Action était intervenue au Niger, dans la région de Diffa, pour accompagner le retour à l’école de plus de 2500 enfants nigériens forcés de fuir les violences de Boko Haram. L’association travaille actuellement sur un nouveau projet qui permettrait aux jeunes nigériens déplacés de se réinsérer socialement et professionnellement au Niger après les traumatismes et les violences qu’ils ont subis.


A propos d'Aide et Action

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