«Tous les enfants ont droit à l’éducation»

L’éducation est un droit humain fondamental, pour autant 262 millions d’enfants, parmi les plus marginalisés, en sont privés. Aide et Action en appelle à un universalisme progressif donnant la priorité aux enfants défavorisés et marginalisés, tout en poursuivant l’engagement pour une éducation de qualité accessible à tous.

 

L’éducation est un droit humain fondamental inscrit dans la Déclaration des droits de l’homme et dans la Convention Internationale des Droits de l’enfant. De fait, tous les enfants ont un droit inaliénable à l’éducation, et pourtant aujourd’hui 262 millions d’enfants en sont privés. Ils sont pour la plupart issus des communautés et familles les plus vulnérables, exclus de l’éducation en raison de ce qu’ils sont ou de là où ils sont nés. On estime aujourd’hui que 46% des groupes les plus marginalisés n’ont que très peu de chances de recevoir une éducation gratuite d’ici 2030, 31% n’en ont aucune chance.

Les enfants les plus marginalisés privés d’éducation

Parmi les plus touchés, on compte les millions d’enfants déplacés- on estime leur nombre à près de 50 millions aujourd’hui-, forcés de quitter leurs villes natales en raison de conflits, de catastrophes naturelles ou obligés de suivre leurs parents pour des raisons économiques. Pour ces enfants constamment en mouvement, les déplacements sont une épreuve, un déracinement violent, une exposition aux violences de toutes sortes et une plongée dans l’exclusion. Car ces enfant déplacés ou réfugiés sont le plus souvent condamnés à rester seul toute la journée tandis que leurs parents travaillent ou cherchent de quoi survivre. Certains errent à longueur de journée dans des lieux parfois inappropriés et dangereux, sans aucune structure pour les prendre en charge ; d’autres encore sont mis de force au travail. Ils n’ont aujourd’hui que très rarement l’opportunité d’être scolarisés, faute d’école, faute d’argent pour payer les frais de scolarité, faute également de parler la langue de l’état où ils se trouvent.  

Des enfants réfugiés prêts à se suicider faute d’espoir

Dans une récente allocution aux Nations Unies (19 février 2019), Gordon Brown, Envoyé Spécial des Nations Unies pour l’éducation, a déclaré que 99% des jeunes réfugiés était aujourd’hui une génération invisible, qui n’ira jamais au collège ni au-delà. S’appuyant sur un rapport de Médecin Sans Frontière, Gordon Brown a indiqué que des enfants dans des camps de réfugiés en étaient réduits aujourd’hui à se mutiler, voire à se suicider. « Une génération est perdue quand l’espoir meurt chez ceux qui vivent », a conclut l’envoyé spécial aux Nations Unies.

Négligés aujourd'hui, quel avenir demain? 

33% des enfants réfugiés âgés entre 3 et 14 ans et 96% des jeunes réfugiés âgés de 15 à 24 ans n’ont pas accès à l’éducation, estime le rapport Unlock Education for Everyone publié par la la coalition « Send my Friend to School ». L’une des principales raisons étant le manque d’enseignants qualifiés pour enseigner dans ces situations de crise. Cette privation d’éducation n’est pas anecdotique : elle aura des conséquences dramatiques sur l’avenir de ces jeunes et moins jeunes, elle en aura également sur les communautés et sociétés entières qui devront prendre en charge ces jeunes inadaptés au marché de l’emploi et à la société. Négliger ces jeunes aujourd’hui aura des conséquences demain et favorisera sans aucun doute l’émergence d’incompréhension, d’intolérance, de violences et de conflits. Pour les prévenir, l’éducation est LA solution.

L’éducation comme arme de paix massive

Pour Aide et Action, c’est dans ces situations de crise, extrêmement difficiles, que l’éducation a un rôle déterminant à jouer : sur le court terme, elle améliore le développement des enfants et leur bien-être durant les périodes où ils sont le plus vulnérables en leur apportant une protection physique, psychologique et cognitive. Sur le long terme, elle bénéficie aux sociétés dans lesquelles des enfants déplacés ont trouvé refuge et joue un rôle essentiel en contribuant à la stabilité sociale et à la paix. En Inde, Aide et Action accompagne depuis plus de 10 ans les populations migrantes, qui se déplacent plusieurs fois par an d’un état indien à un autre pour travailler dans des usines à briques ou des chantiers de construction. Ils emmènent avec eux leurs enfants. Mais sans certificat de naissance, sans maîtrise de la langue officielle d’enseignement, ces derniers sont condamnés à errer toute la journée sur les chantiers. Aide et Action a donc développé sur les chantiers même où travaillent les parents des écoles pour prendre en charge les plus jeunes et faciliter la scolarisation des plus âgés dans les écoles publiques de proximité. Nous recrutons même des enseignants originaires du même état que les enfants afin qu’ils puissent débuter leurs apprentissages dans leur langue natale. L’an passé, plus de 389 enfants migrants ont ainsi été sauvés du travail infantile et scolarisés dans différentes écoles publiques dans le district de Rangareddy. « Il est essentiel que les propriétaires des chantiers de construction et usines à brique garantissent à tous les enfants l’accès à une éducation gratuite et aux services de base », insiste Suresh Gutta, Directeur régional Aide et Action à Hyderabad. « Tous les enfants devraient être à l’école, tous les enfants ont droit à l’éducation ».

Pour un universalisme progressif

Atteindre l’éducation pour tous d’ici 2030 comme s’y sont engagés 195 États en septembre 2015 est aujourd’hui peu probable étant donné le retard pris. Néanmoins pour qu’un maximum de progrès soit réalisé, il est indispensable aujourd’hui que soient accrus les investissements pour l’éducation, notamment pour celle des populations les plus marginalisés et les plus vulnérables. C’est pourquoi Aide et Action en appelle à un universalisme progressif donnant la priorité aux enfants défavorisés et marginalisés, tout en poursuivant l’engagement pour une éducation de qualité accessible à tous. L’association souligne l’impérieuse nécessité de prioriser les progrès pour ceux qui sont le plus vulnérable avec des cibles très précises, des interventions les plus précoces possibles et l’allocation de ressources adaptées.

 

> Découvrez notre campagne "Ouvrir les yeux" et notre film,  lancées en septembre 2018, pour dénoncer les inégalités d'accès dans le monde à l'éducation. La campagne est auréolée du  Grand Prix de la Communication Solidaire.

Au travers d’un évènement de rue, d’un mini-site et d’un film qui cumule aujourd’hui plus de 280 000 vues, Aide et Action a invité passants et internautes à faire, face à un message crypté, l’expérience de l’illettrisme. Objectif : permettre à tout individu de saisir en quelques secondes à peine les difficultés quotidiennes de celles et ceux qui ne savent pas lire. Aujourd’hui, pour rappel, 6 enfants sur 10 dans le monde ne savent pas lire une simple phrase, même après plusieurs années sur les b © La Secte/Aide et Action Au travers d’un évènement de rue, d’un mini-site et d’un film qui cumule aujourd’hui plus de 280 000 vues, Aide et Action a invité passants et internautes à faire, face à un message crypté, l’expérience de l’illettrisme. Objectif : permettre à tout individu de saisir en quelques secondes à peine les difficultés quotidiennes de celles et ceux qui ne savent pas lire. Aujourd’hui, pour rappel, 6 enfants sur 10 dans le monde ne savent pas lire une simple phrase, même après plusieurs années sur les b © La Secte/Aide et Action

 

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