VITE, UN SONDAGE SARS-CoV-2 !

On ignore quelle est la fraction de la population qui était touchée au 1er février 2020, au 15 mars, au 31 mars... et surtout aujourd'hui. Si c'est 5 % ou 20 %, le confinement pourrait se justifier. Si c'est 85 %, le confinement n'a plus aucun sens.

Si seule une petite partie de la population française a déjà été en contact avec le  virus SARS-CoV-2, cela implique que celui-ci a encore un grand potentiel d'infection, et, ce qui n'est pas négligeable, que sa létalité par rapport au nombre de personnes infectées est élevée. Les mesures de prévention draconiennes qui nous sont imposées seraient alors au moins en partie justifiées.

Si, en revanche, une grande majorité de la population a déjà été infectée, cela signifie que Sarsie Junior ne se répandra pas beaucoup plus, confinement ou pas. Celui-ci n'aurait (plus) aucun sens, et chacun devrait pouvoir retourner librement vaquer à ses occupations, sans avoir à se signer à soi-même une permission de sortie exceptionnelle pour aller acheter son pain.

Cela signifierait aussi, sans doute, que la létalité du virus est assez faible, pas forcément très supérieure à celle d'une grippe un peu sévère. Et que le confinement ne se justifiait pas dès le départ (ce qui n'enlèverait rien au scandale de la pénurie de masques, de gants et de gel hydroalcoolique).

La France possède, entre autres bienfaits de la nature, plusieurs instituts de sondage que les politiciens connaissent bien. Ces instituts devraient être en mesure, sans trop de difficulté, de bâtir un échantillon représentatif de la population générale d'environ un millier de personnes, comme ceux qu'ils bâtissent chaque semaine pour savoir si Machin va perdre une élection ou si c'est Truc qui va la gagner. Il suffirait de tester tous les individus de cet échantillon le même jour pour connaître, ce jour-là, la diffusion dudit SARS-CoV-2 dans la population, avec intervalle de confiance et chi-2 garantis cinq ans.

Bonus : si on recommençait une semaine plus tard, on aurait une idée de la vitesse de propagation de Sarsie, son R-zéro. Et si on recommençait chaque semaine, ou même tous les deux jours, on aurait un beau graphique qui nous permettrait rapidement de savoir à peu près quand il deviendra raisonnable de mettre le nez dehors et de recommencer à faire tourner ce pays.

Tout ça pour quelques milliers de tests. (Notez que l'Institut Hospitalo-Universitaire Méditerranée Infection de Didier Raoult en a déjà fait près de 60 000.)

A votre avis, ça ne vaut pas les 300 milliards d'euros que notre cher, très cher gouvernement a promis de nous emprunter pour payer le confinement ?

 

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