Alain Chellous
Enquêteur alpin (USDMHD).
Abonné·e de Mediapart

39 Billets

2 Éditions

Billet de blog 6 avr. 2015

Alain Chellous
Enquêteur alpin (USDMHD).
Abonné·e de Mediapart

Sociosophif

"Il existe plus d'un être humain qui a vu des têtes chauves: la vieillesse, la maladie, la douleur (les trois ensemble ou prises séparément) expliquent ce phénomène négatif d'une manière satisfaisante. Telle est, du moins, la réponse que me ferait un savant, si je l'interrogeais là-dessus." Lautréamont (Les Chants de Maldoror, Chant IVème)

Alain Chellous
Enquêteur alpin (USDMHD).
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

"Il existe plus d'un être humain qui a vu des têtes chauves: la vieillesse, la maladie, la douleur (les trois ensemble ou prises séparément) expliquent ce phénomène négatif d'une manière satisfaisante. Telle est, du moins, la réponse que me ferait un savant, si je l'interrogeais là-dessus."

Lautréamont (Les Chants de Maldoror, Chant IVème)

© A. Chellous

Avertissement :

 1. Cette introduction au cours de Socio-Philosophie Clinique destinée à l’élite alpine Dauphinoise est interdite aux enfants de moins de 12 ans.

 2. Nous déconseillons aux zézayeurs confirmés et autres adeptes du cheveu sur la langue® la lecture de notre titre[1] à voix haute.

Cette dernière recommandation n’a rien de méprisant ni ne relève de cette Pitié Catholique® pratiquée couramment en vallée : nous l’affirmons sereinement en regardant notre lecteur droit dans les yeux et sans le moindre tressaillement de pupille.

 Pour dissiper tout soupçon persistant à notre égard, voici un élément probant à décharge : depuis la Rixe du Bar des Alpinistes à Saint-Dauphiné en Putois (celle de vendredi dernier), un ébrèchement de notre dentition supérieure produit, outre l’effroi du chamois craignant le prédateur, un sifflement humide imitant à merveille celui de la Perdrix Bronchitique® ou d’une Locomotive Pacific® d’Afrique du Sud (plutôt qu’une marmotte sur l’adret). Ce handicap qui nous afflige (et causa notre éliminafion dès la première épreuve du Concours de Prononfiafion de la Comédie Dauphinoive) a modifié du tout au tout notre regard sur le calvaire du zézayeur et du Clodo-orthodonpathe®, regard passé sans transition du Carrément Hautain® au Grave Respectueux®[2].

Ce préalable établi, notre lecteur, rassuré par notre Dysorthophonophilie® Sincère et Valide, peut se préparer à goûter le premier fruit printanier du verger de nos Pédagogues frigorifiés. Ceci ne laissera pas de rendre dubitatif ce lecteur ingrat qui va pourtant bénéficier d’un abstract inédit, efficace, immédiatement applicable : une compilation éclair conçue pour l’aider à réaliser le programme suivant:

1-      Sans rater la lecture des cent billets prioritaires du jour,

2-      alors qu’il n’arrive pas à décoller de notre récit hypnotique (effet de cette obstination pathologique qui, depuis l’achat de son ordi, a transformé la vie de ses proches en désert humain, donc en enfer),

3-      notre lecteur (il s’agit de toi, gros nigaud !) va, alors même qu’il commence à pressentir le pire,

4-      découvrir à sa grande surprise que, au lieu du vide insondable auquel il s’attend et lui rappelle je ne sais quelle brèche dentaire évoquée ci-dessus, il y a ICI MÊME (quelques lignes plus bas), un mélange subtil de Sagesse-et-Paix-Intérieure®, qualité qui lui fait évidemment défaut puisque, sans cette addiction lamentable qui devrait lui faire honte ainsi qu’à toute sa famille jusqu’au troisième degré de parenté, il ne serait pas ici (réalité clinique incontournable souvent suggérée).

5-      Bien.

Découvrant avec stupeur que quelqu’un se préoccupe de son humanité en berne et de sa perdition spirituelle, il fait un clin d’œil à son écran préféré pour signifier qu’il entre-aperçoit l’ébauche du début d’un préalable à une fin de ce billet, fin qu’il attend impatiemment, vu qu’il en a déjà sa claque. Dans le même temps, il perçoit dans sa gorge et sa poitrine oppressée, la montée vertigineuse d’une angoisse prémonitoire, tandis que résonne dans son sonotone monotone l’amer chuchotement sifflotant de son intuition qui lui indique sans aucune aménité que la déception menace, l’espoir fait fausse route et le pire est probable.

Avant de terminer, notons encore qu’on a évité ici abominations, massacres en série, chutes aéronautiques alpines et autres rictus démagogiques. Évité également ces provocations faisant de l’internaute un pompier pyromane urgentiste plongeant dans le vide en tenant à pleine mains un long fil pourri huileux, et ceci en apnée jusqu’à s’en faire exploser les tympans.

Bref, en dépit de ses proclamations d’indécrottable scepticisme, notre distingué autant qu’éminent lecteur est maintenant prêt pour l’absorption du jour : une Pensée qui va lui être délivrée, une Pensée née d’une Expérience Pratique Vécue® et non d’une Théorie Abstraite Inapplicable Inepte® comme nous en connaissons tant. Une Pensée parfaitement biodégradable que notre commando de Philosophes et Sociologues Cliniciens ont concocté pour lui après une quarantaine d’année d’immersion en zone hostile hypoxique. La voici :

1-       Avoir froid  est ce qu’on ressent lors d’une immersion à poil en lac gelé. (A défaut, le bivouac dans la neige en pyjama coton mais sans duvet est accepté).

2-      Avoir faim signifie non seulement avoir mal à l’estomac mais également avoir faim.

3-      Avoir mal (coup de marteau-piolet sur le doigt, rage de dents, orteil dégelant sanguinolent, lombalgie en coup de poignard, maux de ventre incoercibles, céphalée de refuge, brûlure de rappel en S) fait vraiment mal (surtout sans médicaments).

4-      Avoir faim, froid, mal, ni argent, ni hébergement, ni droit de travail : ça fait quoi ?

En conclusion et par extrapolation :

 Pour constituer l’Expérience Personnelle, rien ne vaut l’expérience personnelle. Cet obstacle à la transmission théorique des connaissances est le problème principal que doit affronter le Pédagogue moderne comme l’élu politique et le cardiologue secteur 2.

Ce que traduit parfaitement cet aphorisme colporté par le Promoteur des stations d’Oisans et auquel il croyait dur comme fer :

 « Dura Rollex, sed Rollex »

© A. Chellous

DERNIERE MINUTE:

Nous avons le plaisir d’offrir aux Ministres de l’Economie et de l’Intérieur du Haut Dauphiné ainsi qu’aux autres membres du gouvernement, députés, conseillers officiels et occultes, préfets et sous-préfets et même aux simples agents d’accueil en préfecture, un stage pratique gratuit mais obligatoire de six mois en compagnie de nos guides-philosociosophes. Aucune dérogation sur avis médical ne sera acceptée.

NDLR de MDP:

1- Cet article a été refusé à l'unanimité par le comité de lecture de la Revue des Philosophes Chamoniards Libéraux.

 2- Les inactualités de l’USDMHD peuvent être consultées à partir d’ici.


[1] Notre secrétaire avait d’abord transcrit : zoziozoviv. Ce qui lui a valu un avertissement?

[2] L’accumulation de ® est parfaitement consciente. Nous savons ce que nous faisons et il ne s’agit pas d’un tic.

© A. Chellous

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Politique
À La France insoumise, le flou de la réorganisation suscite des inquiétudes
Si des garanties sont données aux militants insoumis en vue d’améliorer l’implantation locale du mouvement, la composition de la nouvelle direction, restée jusque-là à la discrétion d’une poignée de cadres, fait craindre de mauvaises surprises.
par Mathieu Dejean et Pauline Graulle
Journal — Éducation et enseignement supérieur
Une école plus si obligatoire
Pour faire face à la menace de coupures d’électricité cet hiver, le gouvernement a brandi une possible fermeture des écoles le matin, au coup par coup. Cette politique repose, trois ans après l’épidémie de Covid, la question de l’obligation d’instruction des enfants, un principe sans cesse attaqué.
par Mathilde Goanec
Journal — Énergies
EDF face aux coupures d’électricité : la débâcle énergétique
Jamais EDF ne s’était trouvée en situation de ne pas pouvoir fournir de l’électricité sur le territoire. Les « éventuels délestages » confirmés par le gouvernement attestent la casse de ce service public essentiel. Pour répondre à l’urgence, le pouvoir choisit la même méthode qu’au moment du Covid : verticale, autoritaire et bureaucratique.
par Martine Orange
Journal
Les gueules noires du Maroc, oubliées de l’histoire de France
Dans les années 1960 et 1970, la France a recruté 80 000 Marocains pour travailler à bas coût dans les mines du Nord et de la Lorraine. La sociologue Mariame Tighanimine, fille d’un de ces mineurs, et la journaliste Ariane Chemin braquent les projecteurs sur cette histoire absente des manuels scolaires. 
par Rachida El Azzouzi

La sélection du Club

Billet de blog
Fin de vie, vite
Le Comité Consultatif National d’Éthique considère « qu’il existe une voie pour une application éthique d’une aide active à mourir, à certaines conditions strictes, avec lesquelles il apparait inacceptable de transiger ». Transigeons un peu quand même ! Question d’éthique.
par Thierry Nutchey
Billet de blog
Mourir en démocratie — La fin de vie, une nouvelle loi ? (le texte)
Les soins palliatifs, et donc la sédation, ont désormais des alliés ne jurant que par eux pour justifier l’inutilité d’une nouvelle loi. Mais les soins palliatifs, nécessaires, ne sont pas une réponse à tous les problèmes. Si c'est l'humanité que l'on a pour principe, alors l'interdit actuel le contredit en s'interdisant de juger relativement à des situations qui sont particulières.
par Simon Perrier
Billet de blog
Fin de vie : faites vivre le débat sur Mediapart
En septembre dernier, le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) a rendu un avis qui rebat les cartes en France sur l'aide active à mourir, en ouvrant la voie à une évolution législative. Conscient que le débat autour de la fin de vie divise la société, le président de la République lance un débat national. Nous vous proposons de le faire vivre ici.
par Le Club Mediapart
Billet de blog
Récit d'une mort réussie
Elle avait décidé de ne plus souffrir. En 2002, La loi sur l'euthanasie venant d'être votée aux Pays-Bas elle demanda à être délivrée de ses souffrances.
par françois champelovier