Proactif

Nombre d'abonnés au journal disposent de moyens économico-culturels et carnets d'adresses donnant accès à une villégiature de qualité. Ce privilège du révolutionnaire en ligne réactive sa dynamique corticale, diminue les désabonnements, réduit tension artérielle et sentiment d'inutilité, reconstitue le Capital Virilo-Venimeux®. Peu de chance qu'il ait débarrassé le plancher à la rentrée.

Sous Valfourche - Romanche active - Juillet 18 © A.C.2018 Sous Valfourche - Romanche active - Juillet 18 © A.C.2018

« Dorénavant, je m’en tiendrai uniquement à mon expérience personnelle et me défierai des pédagogues ».

Umberto Eco « Lettre à mon fils », in « Pastiches et postiches ».

 

 I

1- Le Chapô ci-dessus est inspiré par une étude en double aveugle réalisée la première semaine d'août 2018 en appartement non climatisé, murs non isolés, au dernier étage d'un immeuble caniculé d'une ville sur-polluée. L’analyse portait sur l’ensemble des élucubrations produites sur MDP et rapportées aux conditions climatiques de leur rédaction. L'étude fut réalisée en Laboratoire-Etuve-2003®. Ses résultats confondants sont incontestés par la communauté Médiaparto-scientifique (en vacances de luxe comme d'habitude et ignorant tout du bivouac improvisé en zone hostile) (i).

 2- Présumer que ce même Châpo puisse servir d'introduction, résumé ou extrait du présent billet, devrait néanmoins exclure le présumateur de la Communauté des Lecteurs Autorisés à Commenter (CLAC®). Un abonné averti (qui en vaut deux minimum et qu'on pourra qualifier de proactif) sait qu’on ne peut subordonner le précieux espace du Chapô au billet qu'il surplombe sous peine d'alourdir inutilement le propos. Et ceci quand bien même ledit billet eût été d'une complexité justifiant un accompagnement explicatif pédagogique standard pour débutant rebuté par la Pensée d'Altitude. Le temps et l'espace sont trop rares sur l'espace MDP pour gaspiller le moindre mot, titre compris, à une pédagogie redondante.

[A ce propos, nous félicitons vivement les blogueurs-commentateurs sur MDP pour leur pratique constante de concision, d'économie et cette chasse à la persévération politique ou morale, qui leur fait éliminer, tout comme nous le faisons nous-même, tout superflu de chacune de leurs interventions.]

 3- La déception naissante du lecteur en abordant le point "3" ne m’étonne pas. La prose utilisée jusqu'ici, pédante et laborieuse, rappelle les pires moments de ce blog, tournant autour du pot pour éviter le conflit qu'il cherche pourtant à provoquer. Utilisant cette méthode détestable qui consiste à éliminer les points d'accroche susceptibles de retenir le lecteur dont on ne sait trop d'ailleurs comment il est considéré par l'auteur du prétendu blog.

[A propos, et sans vouloir vexer personne, je rappelle que sur MDP, on procède à la manière du non-francophone capable d’extraire d'une nuée de lettres dépourvue de sens les mots-clefs déclenchant le réflexe Médiaparto-commentatif, réflexe reptilien déterminant l’engagement dans un fil de commentaire (ii). Comme nous l’a appris G. Enie dans son traité sur la Nature du Commentateur : « La certitude objective du Penseur Professionnel implique l’ignorance des données de l’expérience doublée d’une extraction physique de la vie réelle, dont on sait qu'elle est incompatible avec l’excellence conceptuelle. On peut vérifier la validité de cette proposition par l'exemple du chauffeur assis en véhicule climatisé par 40° à l'ombre, qui peut conclure aisément à l'innocuité d'une canicule, tout en observant avec amusement le piéton qu'il ébouriffe par les rejets du moteur et de la clim : on peut inférer aisément qu'en cas de panne de climatiseur, le chauffeur aurait perdu sa liberté de penser, induit en erreur par un pessimisme délétère". Pour finir sur la déception à ne pas trouver pitance mangeable ici, je plaide coupable: j'ai ôté du texte initial les mots-clefs magiques dont la liste est connue de tous et qui produisent cette Pensée Réactive® que nous allons examiner sans plus tarder.

 

(i) Médiaparto-scientifique est une redondance impropre, pouvant impliciter qu'il existerait des Médiapartiens au raisonnement ne respectant aucune rigueur (scientifique).

(ii) Réflexe reptilien mobilisant paléocortex et circuits amygdaliens. Ces mots-clefs  dangereux ne seront pas utilisés ici, expliquant la fadeur délibérée de l'article.

 

Marche proactive © A.C.2018 Marche proactive © A.C.2018

II

Axel Kahn était invité récemment sur France-Culture, à propos de sa Longue Marche rapportée sur son blog (que, par souci d’objectivité nous n’avons pas lu). Il évoquait son expérience de Sage Marchant-Pensant, diplôme bien coté en bourse (produits dérivés de l'entreprise du Bonheur). Son propos indiquait, sauf contre-sens de ma part, deux manières de Penser :

- La Pensée Réactive caractérisant le citoyen archéo-cortical observable partout en plaine et produite en réaction aux perceptions (je fais vite mais on peut affiner et remettre en question cette compréhension superficielle: peut-être s'agit-il d'effet des perceptions sans véritable "réaction"???).

- La Pensée Proactive®, plus intéressante, née du processus de (ou inhérente à?) la Marche. (Inutile de faire des recherches bibliographiques, ceci n'a certainement jamais été étudié durant les millénaires de vide philosophique de nos abrutis d'ancêtres). Bref, bien que je n'ai pas écouté longtemps l'émission (pour ne pas être influencé dans ma critique), je comprends que cette proactivité caractérise une pensée originale, créative, innovante, etc. qualités fascinantes faisant par réaction d'un Penseur qui aurait pu rester "Réactif" un Véritable Penseur Proactif (ce qu'est devenu Axel, c'est sûr), doué d'une humble et modeste supériorité spirituelle, intellectuelle, imaginative, bref, le genre de profondeur que tout le monde envie (du moins en Haut Dauphiné).

Sans vouloir médire, calomnier, salir, par jalousie dérisoire, un grand professeur (je précise que mon propos vise une posture générale, non la personne du professeur que je respecte infiniment pour avoir traversé la France à pied plutôt qu'en 4x4), il me faut rappeler que l'ancestrale profession de Grand Professeur de Vie à le vent en poupe au XXIème siècle, ouvrant à un nouvel optimisme économique (les Professeurs de Sagesse Pratique transmettent d'autant plus facilement cet optimisme qu'ils connaissent eux-mêmes une amélioration de leur situation bancaire). Le marché ciblé (prometteur) réussit le coup de force classique de l’assimilation des forces alternatives aux modèles productivistes dominants qu’elles contestent "en même temps", par le miracle œcuménique d’une psychologie positive centrée sur le présent individuel. Bon.

Ce que je dis, c'est que, bien sûr, le propos d'Axel le Proactif ne s'arrête pas à quelques mots captés par hasard lors d'une écoute fragmentaire et distraite (observant la méthode du mot-clef étudiée précédemment). Je m'en tiens donc à mon honnêteté légendaire qui m'interdit de critiquer ce dont je n'ai aucune idée. Je ne ferai donc qu'exprimer ce qui ne concerne que moi et que voici (iii)). Je ressens une irritation à entendre les nouveaux Marcheurs du Monde expliquer les bienfaits spirituels, physiques, l'apport indicible ou dicible de la Marche qu'ils semblent découvrir sur le tard (ce qui n'est pas en soi répréhensible, mieux vaut tard que jamais et bravo pour l'effort dans cette incontestable Expérience Personnelle®). Il n'empêche que je n'ai aucune envie de ramper sur la moraine croulante aux pieds du premier nouveau-venu nous expliquant la Marche-Pensée-Proactive. Je rappelle aux déambulateurs géniaux, comme je le fais depuis toujours dans mes conférences aux compétiteurs-alpinistes (individus qui ne comprennent pas grand chose à la Marche en Montagne, obnubilés par les aspects valorisables techniques, que Notre Identité Chelloussienne (je passe au nous royal, ici, parce que l'intensité du propos augmente) s’est construite avec l’alternance adaptative de Nos pas successifs à toute fréquence, toute amplitude, que rien n’a été conçu ici par Nous-même(s) sans tenir pour référence principale cette activité fondamentale qu'est la Marche, pratique absolument pas réduite à un "moyen de transport" (!) et que découvrent soudain, au moment du bilan de fin de carrière, nos nouveaux instructeurs et autres théoriciens VIP, après nos politiques héliportés.

Je conçois que les fidèles habitués à Notre infinie tolérance soient déconcertés par ce mouvement d’humeur Chelloussien (difficilement contrôlé) rappelant des postures dérisoires fréquentes sur d'autres blogs (non-cités ici, vous pouvez demander des noms par message privé). Un tel mouvement primoactif fait envisager les pires hypothèses à Notre sujet mais Nous Nous tirerons de ce mauvais pas en faisant l'hypothèse qu'une irritation peut en cacher une autre, que maugréant ainsi, on tait des virulences plus aigres, plus violentes, plus dangereuses, qui ne peuvent être développées aujourd'hui, chaque chose en son temps.

(iii) (mais si ça ne concerne que moi, pourquoi alors l'écrire sur un blog public?)

 

Meije Proactive © A.C.2018 Meije Proactive © A.C.2018

 III

 Tapis dans l’abri, nous gardons nos équipements, on ne sait jamais. Dans l’obscurité, impossible de reconnaître le voisin, à peine si l’on devine les éclats dorés de son armure bicolore. Combien sommes-nous, collés les uns aux autres, entre bois vermoulu et tôle rouillée ?

Je ne sais qui a trouvé l’endroit, mais ce choix est incompréhensible: tout autour, il y a multitude d'espaces vacants, isolés, larges, offrant protection contre les intempéries et regards, des blockhaus sécurisés où l’on pourrait respirer. L’architecte-chef du régiment est incompétent. Je dis « est » mais dans quelques secondes, s’il appartient effectivement, ce que je crois, à l’équipe entassée dans ce cagibi, on dira « était incompétent ».

Les quelques secondes vont passer très vite: la partie a déjà commencé, est déjà perdue mais nul ne le sait encore. Parce que nul ne le voit arriver.

Sans rescapés ni témoins, mon récit ne sera pas crédible, on prendra un air dubitatif et méprisant, je serai pris au piège de la suspicion. Si je m'en tire. Sans survivants pour étayer mon récit, inutile de compter sur une écoute attentive et bienveillante par l’équipe de secours, le tribunal déontologique, la police militaire. Une fois de plus, les responsables échapperont à la justice, l’architecte responsable porté disparu ne pourra impliquer ses supérieurs hiérarchiques. Qui saura ce qui s'est passé?

Personne ne l’a vu arriver. Un simple coup d’œil aurait suffi pourtant, que faisaient ces putains de sentinelles ? On dit qu'avec les burn-out en série, on a réduit l’effectif à une pauvre et unique sentinelle: une équipe entière de spécialistes entraînés, de combattants proactifs remplacés par un seul individu formé à la va vite, prélevé sur une section d’assaut en fin de mission, un type épuisé, ne demandant qu'un chose, dormir, oublier, rester passif durant quelques heures. Bref, une sentinelle incapable de détecter un char d'assaut débarquant sur notre secteur et l'Autre s'est pointé comme une fleur.

C'était une vraie charogne, une pourriture, pas futée, mais disposant d'armes chimiques interdites par la convention de Genève, se fichant du droit international applicable aux humains et non humains, se fichant de tout, sauf de lui-même, une vraie saloperie prête à tout pour réduire sa trouille de combattant pourri.

Gants épais noirs, cagoule noire mais pas de lunettes de protection, le bigleux. Il n'a pas raté son premier tir, la chance était pour lui, notre équipe mille fois plus aguerrie qui, une fois lancée, ne lui aurait laissé aucune chance, a été clouée sur place.

Une veste à capuche tombait sur sa cagoule, un peu plus, il ne voyait rien. Un pantalon protecteur mais pieds nus, en sandales, une faille incroyable cette peau vulnérable ! Cet oubli (volontaire, s’agissait-il d’un suicidaire ?) signait un amateurisme étonnant, aucun commando ne fait ça, mais un marginal comme ça est imprévisible, déjouant les réflexes, la compréhension, la préparation : le meilleur guerrier n’est pas toujours le plus efficace et expérimenté, parfois, un débutant, un peureux, un lâche, peut gagner.

Le jour à peine levé, cette crevure est apparue dans le périmètre de sécurité, latéralement à l’ouverture de l’abri. Il a dégainé la bombe, a pulvérisé une putain de vapeur blanchâtre, un sifflement de gaz horrible, il a bombardé l’entrée et les bouches d’aération latérales. Le tir n’était pas précis, l’ennemi maladroit, mais le jet est entré, l’abri entièrement envahi. D’un seul mouvement, tous ont tenté de s’extraire de l’accolement collectif, réalisant sans y croire que c’était l’ultime combat, quand dans nos rêves, nous dégustions l’espoir d’une reconquête, la revanche quoi, nous avons été foudroyés, poumons envahis des gouttelettes biocides. Un combattant est sorti, un état lamentable, titubant, chutant, ne pouvant décoller : l’ordure l’a piétiné avec sa sandale, sans hésiter.

Quelques secondes après l’attaque, quatre de nos éclaireurs alertés par le bruit ou l’odeur, sont arrivés, très vite, merci à eux, mais trop tard. Affolés par les miasmes, traces, coulures puantes dégoulinant des parois, ces soldats d’élites, grands gaillards solidement armés, ne l’ont pas vu, replié à quelques pas du nid. Ils ont tourné et tourné autour de l’entrée, cherchant dans le brouillard, l’ennemi à deux pas serrait sa bombe dans son gant noir, prêt à tirer encore, pas fier maintenant devant de vrais combattants mobiles. Mais le liquide qui interdisait l’accès à notre tombeau les repoussaient, ils ont tourné encore sans contre-attaquer, ça je ne comprends pas.

Je crois que le haut commandement se fiche de nous. Je ne comprends pas cette guerre. Nous sommes des millions de combattants, inégalement répartis, dispersés, certes. Mais des millions qui pourrions sans difficulté laminer l’ennemi, riposter, pour commencer éliminer ce vampire puant qui nous a gazé sans sourciller.

Le type s’est déséquipé, a enlevé sa cagoule noire, sa veste verte, ses gants. Ce n’était pas le plus courageux, on saura plus tard qu’il avait été touché par un de nos commandos un an auparavant, probable qu’il s’agissait d’un terroriste isolé, une vengeance minable mais horriblement meurtrière.

Il est trop tard pour Penser Proactif ou se confier auprès de lecteurs incrédules ou suspicieux sur un blog médiapart, la messe est dite : le plus fort ou le moins scrupuleux gagne, difficile de croire en l’avenir. Le Dauphiné est en guerre, comme partout ailleurs, y vivre signifie mourir.

Je n’ai aucun message à délivrer aujourd’hui, sinon que je maudis pour les siècles des siècles Alain Chellous, salaud et lâche qui nous a gazé un matin d’août, peu après le lever du soleil, en contradiction totale avec ses discours et prétentions pacifiques, respectueuses du vivant ou autres mensonges, pétitionnantes contre Bayer et autres destructeurs, il nous a pris dans ce maudit guêpier.

 

Aiguille du Plat de la Selle - Avant les canicules © A.C.2018 Aiguille du Plat de la Selle - Avant les canicules © A.C.2018

IV

  Pour conclure (déjà), et faisant remarquer qu'il n'a été question ici ni d'Insoumis ou Non-Insoumis ni d'écriture inclusive, je dirai que l'USDMHD propose cet été une étude glaciaire comparative, et à défaut d'illusoires nouveautés, quelques anciennes interviews de penseur proactifs :

Comparatif des glaciers de nos secteurs entre 1978 et 2018

Interview de Gérard Nick-Pelit (audio)

Tout du Dauphiné, version édentée  (audio)

 Actualités de l'USDMHD

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