Lâchez-moi les baskets. Je lave la moquette.

L´atmosphère, ici, rend le joint coupable. D´adultère. Les souvenirs sont en position d´obstruction à la vie. L´amour filial est sur la partoch´culpabilisation. Les pleurs sont de rigueur. Inconsciente. Fallait s´y attendre et je m´y attendais.

Il pleut et il vente comme j´écris. Par rafales. Qui tu es ne peut que nous faire flipper, ce que tu fais dit qui tu es… alors ne dit rien, ne montre rien, laisse nous croire que tu puisses encore devenir celui que nous voudrions te voir être… depuis toujours… jusqu´à la fin de nos jours. Statut cool.

- Et surtout ne ris pas!

... Alors, en cachette, un petit tarpet, un rayon de soleil… le vieux figuier de mon enfance se balance tranquille, serein… et je rigole bien. Sans rire. La vie c´est chouette !!!

Et le songe me prend. Dans le silence de la nuit, je viens d´assommer une mouche qui volait sans faire trop de bruit pourtant. La nuance ne tient pas : assommer est peut-être tuer. Je plaiderai coupable d´assassinat de mouches. Alcotest positif. Pensées indéchiffrables, interminables… qu´un vieux marin en porcelaine soulève. Bougie inallumée, tabatière craquée, avec ce que tu me renvoies tu me fais toucher du doigt un nouveau théorème. La mouche était assommée. Elle revient à la place où je lui avais mis un schtarck dans la gueule, se frotte les pattes de devant comme pour dire “Attend mon coco! “, et repart à l´attaque : mon bras, le stylo, la feuille, mon front, la tempe… Le calme revenu elle est à ma portée. À quelque chose près elle allait y passer. Encore loupé!… Bamboulé!… Je ne crois pas aux hasards. Ronflements sinistres perturbateurs du chant de la mue de cigale. C´est l´automne marron-rouge de la vigne où l´on voit la perdrix. Et un léger sifflement me fait tousser. Effacer quelques mots. Et puis en ajouter. Mouche que deviens-tu?… Attend-t-elle cachée en tissant sa dentelle?… La responsabilité de l´irresponsable n´est pas démontrable. Elle n´existe qu´en lui. Elle est de référence unique. Elle n´a pas à être jugée, en un point où il ne peut y avoir de juges, plus de juge-suprême-extérieur-possible. Par contre l´irresponsabilité du responsable est facilement démontrable. Le monde devient-il de plus en plus irrespirable ou de moins en moins respirable ? Non mais c´est pas des conneries! Ça change tout. Le songe me reprend et la mouche s´est endormie. Il est tard. Faut essayer de s´éviter le souvenir de ce qui n´est pas encore vécu. Ça devrait être évident. S´aimer. Pourtant.

Comme un filet de brume au-dessus de l´étang / Ou un trait de lumière suspendu dans le temps / Le soleil se faufile / Dans les rires d´enfants / Quand le miroir tranquille / Joue le rentre dedans / Je repars sur mon île / Des souvenirs d´antan. / Écoute toi pour pouvoir m´écouter / Le silence repose au fin fond de l´été / Sur une plage tendre au sable dénudé / On se souvient des pleurs et des rires versés / On se souvient de rien. / Le verre est renversé.

Il était abonné au soleil, au ciel, à l´espace calme, magnétisé, immatériel, sur-temporel. Dans la plénitude calme c´est un signe d´amour subtil à s´échapper, c´est un oiseau blessé qu´il faudrait réchauffer. Ne crie pas!… S´il te plaît!… Tu pourrais le tuer. Vraiment.

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