2020: JULIAN ASSANGE PARLE ENCORE

Tati Personne, enfant du XIV ème arrondissement et de Mouna, me chuchotte à l’oreille: “Il y a un réseau de ramifications souterraines au travers des Catacombes, qui relient dans le plus grand secret et depuis très longtemps, le Siège de la Résistance Nationale, la Prison de la Santé, l’Hôpital psychiatrique Sainte-Anne, et les Jardins de l’Observatoire… Elle sait de quoi elle parle: c’est là qu’elle est née. Juste sur le labyrinthe des Catacombes et sous celui des Étoiles. “Là“ dit-elle en pointant du doigt un banc, et insiste de son regard: “Là ! c’est là que je suis née !“ Puis, juste après un silence et un arbre majestueux dont j’ai oublié la marque, elle a disparue.

Ça tombait bien. Je pensais très fort à Julian Assange. Comme il n’a pas eu la permission de fêter le Nouvel An avec sa famille, ni aucune autorisation de visite dans sa taule anti-terroriste, je me suis dit que peut-être, en passant par les Jardins de l’Observatoire, pourrait se présenter l’occasion de lui apporter un peu d’humanité, et le soutien de celles et ceux qui crient son nom dans le désert.

7 m2 … Chiottes compris. 23H30 par jour. Pas de fenêtre. C’est ta piaule. Toujours la même lumière. Permanente. Des caméras qui “couvrent“ tout l’espace. Zoom sur ton visage barbu, hirsute et épuisé. Tu viens juste de t’endormir. SIRÈNE !!! ALERTE ATTAQUE TERRORISTE !!! Ton corps sursaute sur ton matelas de béton qui te sert de couche. Tu dois aller t’asseoir sur la cuvette. Et pas bouger. C’est le règlement. Une voix dans les haut-parleurs te félicite: “Très bien Mister Assange, vous avez parfaitement réagi. Vous pouvez vous rendormir maintenant“ . Très polis les anglais. Et ça continue, des jours, des semaines, des mois … T’as rien à lire, rien à écrire, ni “plus de larmes pour pleurer“ bien sûr. T’as pas de klennex de toutes façons. Horloge intérieure cassée. Anéantie. Personne. Juste le silence et le bruit infernal, alternés. Rien du vent, pas un relent de parfum. Rien d’un son d’espoir ou d’une légitime lumière. Ni d'un sourire.

"Je meurs à petit feu“ … Julian Assange / Londres / 31 décembre 2019. À Midi ou à Minuit, il ne sait plus. ”Je meurs à petit feu“ … Disait-il.

Pendant que l'on se souhaitait Bonne Année dans les feux pyrotechnologiques et le Crémant, et que les médias dans leur diarrhée célébraient notre civilisation de Liberté ... J'avais honte.

ASSANGE : SEUL, EMPRISONNÉ, TORTURÉ | RONY BRAUMAN  (LeMedia)

Link de base: soutien julian assange

Julian Assange quand il était encore “prisonnier“ à l'Ambassade d'Équateur à Londres, juste avant d'en être expulsé.

Julian Assange © Inconnu Julian Assange © Inconnu

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.

L'auteur a choisi de fermer cet article aux commentaires.