La réverbération est un phénomène fréquent chez les allumés.

Les petits cailloux blancs, veinés de blanc, savent-ils mieux que moi leurs raisons  sur cette plage. Encore une île au bout du monde, des oliviers dans la poussière et une brèche pour une eau blonde. Le soleil scintille une mer tranquille et le vent tiède semble dire : “Nous sommes là, en ce monde, et c´est tout. Le temps, c´est nous“.

Le temps d´un départ qui n´arrêtait pas de partir et nous restions là. Puis le temps du chemin. De fer. Et d´eau. Le soleil est au port… La paix de la mouette sur l´océan si bleu que le ciel semble pâle ne se raconte pas, illusion du voile de chaleur, c´est un petit matin. Loin. Pour se reposer les pattes les fourmis dorment sur le dos, comme les tortues. Le soleil est très haut… Les enfants ne savent pas la rouille sous la peinture ni tous les mensonges des grands. Hélios descend sur le port… traîne encore une piste rouge sur la mer vers un point d´horizon… Dans le vent du soir à l´heure des grillons, la lune se lève. Elle est pleine.

- “T´as trouvé une proie ? • Quoi  !? - T´as trouvé une oie ? • Il fait froid ! - Non ! Quatre vingt trois“.

La réverbération est un phénomène fréquent chez les allumés. Baddock regarde le pigeon stone halluciné qui s´envoie sans sourciller le mégot d´une clope jetée. Une sorcière parle à de vieux gitans, elle a le même parfum que Benjamin Franklin. Les oiseaux sont contents dans les flaques d´eau. Il pleut. Un peu.

Il paraît que la pêche au vairon est interdite avec des hameçons à baleines. Et vice versa, ça ne marche pas. Alors le vieux pêcheur attend sa proie, sa joie, travaille sans filets sur une mer de requins. Quand la retraite arrive il a oublié le sens du mot braconnage et il déconne au pique-nique du dimanche. La friture pue des années de sueur. Et il meurt. Baddock a peur. Il est cinq heures. Mauvaise heure pour les sorcières…

“Faut bien faire attention de ne pas manger les guêpes dans la salade, hein papa?!…“ Je croque à pleine dents le coeur vert jaune d´une laitue quand mon fils me dit tranquillement ces quelques mots. Je crache… Regarde… Le souffle coupé… Trois guêpes bien grasses que j´ai failli avaler. Ce n´est pas la première fois que Simon me sauve la vie. Baddock a des histoires à raconter. Il dit avoir découvert la perversion planétaire, la culture soumise, l´esprit et les points cardinaux par-dessus les frontières. 

“L´univers est à l´esprit ce que l´esprit est au corps. Complètement, avec le verbe éclore, ça se conjugue maintenant… Quand le bitume au soleil colle après souliers“… Quand Baddock s´effondre, j´entends: Insolation… Fou… Drogué… Pantin désarticulé que la foule empêche de respirer, ton spectacle est terminé. La sorcière vient à toi. Elle te soulève la nuque et des balbutiements : ... - “Et puis tu sais…je n´en sais rien…peut-être“ 

Un policier arrive: “Dégagez !“

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