BAS LES MASQUES (13)

Nous étions le 19 AVRIL 2020 ... Du confinement à la déconfiture. Essayer de ne pas se laisser noyer dans le flot diarrhérique des médias de l'Empire, qui racontaient tout et n'importe quoi pour instaurer le peur et le désarroi ... et les lois d'exception. Essayer de garder une distance critique quand la panique s'instaurait dans les esprits.

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2022 

D'abord, la revue Science nous prévient que les mesures de distanciations sociales permanentes ou intermittentes pourraient s'avérer nécessaire jusqu'en 2022. https://science.sciencemag.org/content/early/2020/04/14/science.abb5793

https://www.lci.fr/sante/coronavirus-covid-19-pandemie-la-distanciation-sociale-sans-doute-necessaire-jusqu-en-2022-selon-des-chercheurs-de-harvard-2151047.html (Et article du JIM - Journal International de Médecine en pièce jointe)

Cette modélisation repose toutefois sur une part d'aléas, puisque le Covid-19 est un nouveau coronavirus et qu'il comporte encore des variables inconnues, comme la durée pendant laquelle une personne contaminée est ensuite immunisée ou sa durée de vie sur des objets.  Si vous avez survécu à cette hypothèse, je vous invite à lire la suite..

LES ESSAIS THÉRAPEUTIQUES FINANCÉS PAR LES LABOS PHARMACEUTIQUES

A lire, l'interview par Laurent Mucchielli d'un professeur de rhumatologie à la Faculté de Médecine de Marseille qui, tout en n'étant pas ami du Pr Raoult, témoigne de ses compétences de chercheur et critique sévèrement les essais thérapeutiques menés par les laboratoires.

"Depuis une trentaine d’années, l’industrie pharmaceutique a infiltré le milieu des médecins universitaires en leur faisant réaliser des essais de médicaments. Les essais de médicaments, conçus et structurés par l’industrie, ont pour but de démontrer l’efficacité d’un médicament dans le traitement d’une maladie, pour obtenir ensuite sa mise sur le marché. Ces essais sont nécessaires, mais ne représentent qu’une toute petite partie de la recherche médicale."

"Les médecins qui participent aux essais sont des exécutants rémunérés. Le patient est le dindon de la farce, car son inclusion dans un protocole standardisé d’essai médicamenteux le prive d’un suivi personnalisé. Malgré tout, de nombreux Professeurs de médecine ne réalisent que des essais de médicaments et se considèrent comme de grands chercheurs. Ces « essayistes » profitent de la grande efficacité de l’industrie pharmaceutique à promouvoir ses hommes."  

Et de conclure, à propos du conflit entre le Pr Raoult et les autres chercheurs:

"Ce n’est pas un conflit médecin contre chercheurs, mais plutôt médecin chercheur fondamentaliste contre médecins chercheurs… de capitaux.https://blogs.mediapart.fr/laurent-mucchielli/blog/180420/crise-du-covid-et-querelle-sur-la-methode-interview-exclusive-du-prof-jean-roudier

CORONAVIRUS ET SANTÉ MENTALE

Comment font celles et ceux qui travaillent au quotidien sur la crise sanitaire ou sur la crise environnementale pour garder espoir, pour ne pas sombrer dans la folie?  La plupart passent par plusieurs émotions: la peur, la tristesse, la colère et, parfois, la joie. D'autres passent à l'action ... http://www.slate.fr/story/189456/crise-sanitaire-covid-19-changement-climatique-ecopsychologie-sante-mentale

L'APRÈS SERA-T-IL CONTESTATAIRE ?

Les agents du service central du renseignement territorial (SCRT) craignent un embrasement de la contestation sociale à la sortie du confinement. Et l'ultra droite est dans le viseur, car certains identitaires appellent déjà à la violence. https://www.rtl.fr/actu/debats-societe/deconfinement-pourquoi-les-renseignement-redoutent-l-agitation-sociale-7800393245?utm_source=headtopics&utm_medium=news&utm_campaign=2020-04-13

http://www.leparisien.fr/faits-divers/coronavirus-les-services-de-renseignements-craignent-l-embrasement-apres-le-confinement-11-04-2020-8298150.php

NOTRE HYPERRÉACTIVITÉ MALADIVE

Une tribune publiée le 16/4 dans Le Monde met en parallèle les risques d'une surréaction des malades, comme de la société. https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/04/15/coronavirus-gardons-nous-de-tomber-dans-une-reactivite-maladive-viro-induite-sociale-et-politique_6036607_3232.html

"Lors d'une maladie virale, il arrive parfois que les hôtes réagissent de façon excessive à la présence du virus. (..) C'est l'hypothèse des chercheurs qui travaillent sur le coronavirus actuellement. Les tableaux les plus graves seraient liés, non pas au virus lui-même, mais à un emballement du système immunitaire de l'hôte, qui survient le plus souvent vers le septième jour. Il se produit ce que l'on nomme un "orage cytokinique"

"Considérer que la gravité de la maladie puisse être attribuée, non au pathogène mais à l'organisme hyperréactif pourrait transformer la conception générale des maladies infectieuses"

Puis ils élaborent un parallèle avec notre société hyperréactive.

"Si le confinement fait consensus chez les experts en santé publique, essayons de ne pas le vivre de façon réactive à une injonction légale. Aiguisons, à l'inverse, notre esprit critique pour nous rendre compte de la formidable suprématie de la science et de la médecine sur la vie des individus. Nous vivons la démonstration flagrante de l'existence d'un biopouvoir d'ampleur planétaire! Le contrôle de la vie des individus par la médiation de la santé, ou biopolitique, contre laquelle Foucault mettait en garde est, en cette période, criant. (..) A force d'avoir encouragé la quête infinie de santé et de sécurité, nous avons paradoxalement rendu la vie extrêmement fragile... Tachons de devenir plus indépendants vis à vis de ce biopouvoir en tentant d'appréhender cette crise sanitaire, non comme une maladie, mais comme un symptôme civilisationnel."

Les auteurs seraient-ils de dangereux adeptes des théories de Michel Foucault qui ne connaissent rien à la santé et à la médecine?  Eric Caumes et chef du service des maladies infectieuses à la Pitié-Salpétrière et Mathurin Maillet est interne en maladies infectieuses à la Pitié-Salpétrière, diplômé d'un master en philosophie.

Zone contenant les pièces jointes

Covid-19 : faudra-t-il plusieurs périodes de distanciation sociale jusqu'en 2022 ?  Journal International de Médecine – JIM Publié le 17/04/2020

Illustration © Anonyme Illustration © Anonyme

Si d’aventure votre moral n’était pas suffisamment en berne, doublez votre dose d’anxiolytiques avant de lire ce qui suit. La méthode la plus efficace de lutte contre le virus du Covid-19 - tant qu'aucun vaccin n'aura été commercialisé à très grande échelle - serait d'alterner les périodes de confinement ou de distanciation sociale d'un mètre ou plus (pour éviter le débordement des hôpitaux) et de déconfinement (pour permettre au virus de circuler et d'immuniser peu à peu la population). Un peu comme le garrot que l’on desserre de temps à autre pour laisser passer un tout petit peu du venin de serpent dans l’organisme et que l’on resserre aussitôt.

Il est urgent de comprendre et d’anticiper la transmission du SARS-CoV-2

Espérant mieux approcher l’évolution de l’épidémie, une équipe de Harvard a réétudié les bêtacoronavirus OC43 et HKU1 sous l’angle des estimations de la saisonnalité, de l'immunité et de l'immunité croisée à partir de séries chronologiques provenant des États-Unis, afin de bâtir un modèle de transmission du SARS-CoV-2. Reprenant les enseignements tirés de ces deux infections à bêtacoronavirus, les auteurs prévoient que des épidémies hivernales récurrentes de SRAS-CoV-2 se produiront probablement après la première vague pandémique actuelle. En l'absence d'autres interventions, une mesure clé de l’efficacité de la distanciation sociale est le débordement ou non des capacités des services de soins intensifs/réanimation (ICU).

Des interventions supplémentaires, tout particulièrement une augmentations de la capacité des ICU et la découverte d’un traitement efficace, amélioreraient le succès de la distanciation intermittente et accéléreraient l'acquisition d'une immunité collective.1

Des résurgences possibles jusqu'en 2024

Des études sérologiques longitudinales sont nécessaires de toute urgence afin de déterminer l'étendue de l’épidémie et la durée de l'immunité acquise vis-à-vis du SARS-CoV-2. Mais, même en cas d'élimination apparente, la surveillance du SARS-CoV-2 devrait être maintenue, car une résurgence pourrait être possible jusqu'en 2024, nous dit-on.

Comme toute modélisation, celle-ci repose sur une part d'aléas, puisque nous sommes en présence d’un nouveau coronavirus qui comporte encore de nombreuses inconnues, telles la durée et la qualité de l’immunité post-infection et la durée de vie du virus sur les objets.

L’histoire nous a enseigné que la plupart des modélisations s’étaient montrées trop pessimistes. Ces prévisions portent sur l’avenir aux Etats-Unis... Ouf ! Nous avons presque eu peur !

Dr Bernard-Alex Gaüzère Références

Kissler et coll. : Projecting the transmission dynamics of SARS-CoV-2 through the postpandemic period. Science, 2020;. 10.1126/science.abb5793

À suivre ...

Recherche documentaire/Texte: Christophe-Emmanuel Del Debbio

 

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