Où vous apprendrez peut-être des choses sur le pastis que boivent nos véhicules

Le superéthanol, l'essence en hiver et le nouveau diesel. Où vous apprendrez peut-être des choses sur le pastis que boivent nos montures et voitures y compris l'immense majorité ceux roulant au SP95 ou au gazole, comme le préconisent les constructeurs de voitures.

Le superéthanol, l'essence en hiver et le nouveau diesel. Où vous apprendrez peut-être des choses sur le pastis que boivent nos montures et voitures y compris l'immense majorité ceux roulant au SP95 ou au gazole, comme le préconisent les constructeurs de voitures.



Sans commentaire, voici un extrait du forum-auto.com au sujet des biocarburants.

"Tout d'abord, nous pétroliers [c'est un cadre de Total qui écrit], n'avons aucun intérêt à annoncer des risques qui n'existeraient pas et qui limiteraient les ventes. Nous nous devons de respecter les préconisations et recommandations des constructeurs, effectivement assez "frileux" sur ces sujets. Ainsi lors du lancement de l'E10, la plupart préconisaient en cas de mélange par erreur l'immobilisation et la purge des véhicules, alors que nous aurions recommandé un complément et usage rapide. D'autant que le SP95-E10 en France ne contient qu'un peu plus de 7 % d'éthanol [contre les 10% affichés qui doivent être entendus tel un maximum théorique], soit seulement 2 à 2,5 % de plus que le SP95.
Pour l'E85 le taux ne peut être de 85 % [d'éthanol]: cela ferait dépasser la spécification de pression de vapeur. C'est donc la limite inférieure qui est visée (75 %). Par ailleurs, une différence de taux entre concurrents [comme Dyneff], si elle est possible, reste étonnante dans la mesure où les distributeurs mutualisent en général les installations de stockage intermédiaire (nous chargeons dans les mêmes dépôts), particulièrement quand le marché est réduit, ce qui est bien le cas : il y a en effet très peu de dépôts qui permettent la distribution d'E85 en France (3 ou 4), celle-ci réunissant la complexité maximale : spécifications difficiles et présence des douanes requise".

Selon Ceyal du forum-auto.com
http://www.forum-auto.com/questionsreponses/questions-total/sujet118.htm

Un arrêté du 28 décembre 2006 énonce qu'il y a 3 types de carburant E85 :
- un carburant  hiver, commercialisé pendant 4 mois (du 16 novembre au 15 mars), comprenant entre 65 et 75% d'éthanol et le complément en essence;
- un carburant mi-saison, commercialisé pendant 3 mois (du 16 mars au 1er mai et du 1er octobre au 15 novembre), comprenant entre 70 et 80% d'éthanol ;
- un carburant été, commercialisé pendant 5 mois (du 2 mai au 30 septembre), comprenant entre 75 et 85% d'éthanol.

"Vu la rotation du carburant E85 dans certaines stations, on peut valablement douter que ces stations approvisionnent du carburant intersaison ... On peut valablement penser qu'elles ajoutent du carburant été dans une cuve contenant encore du carburant hiver ... et que ça fait une mixture "intersaison printemps " ... et mécanisme symétrique à l'automne ... et ceci d'autant plus qu'une station qui approvisionnerait du E75 toute l'année serait en pleine légalité ... certains affirment d'ailleurs au regard de leur consommation que certaines enseignes vendent du E75 toute l'année.
Sur les mesures que nous avons faites dans diverses stations, on [les utilisateurs de ce forum] a trouvé  en général 75% en hiver et 85% en été" dixit Ceyal.

Dans mon cas, en hiver il vaut mieux mettre dans le réservoir à la pompe les deux mélanges vendus : 30% de SP95-E10 et 70% d'E85. Pourquoi ?  Le point éclair de l'alcool est notablement plus chaud que celui de l'essence (respectivement 13°C pur ou 21°C à 70% contre <-40°C) ; le premier étant classé dans les liquides facilement inflammables, la seconde dans ceux extrêmement inflammables. Bref, avec l'alcool, comme pour les crêpes flambées, il faudrait chauffer l'assiette le matin !

Enfin, vous noterez que deux usines de biodiesel, à partir des graisses animales, viennent ou sont en train de se monter en France (région havraise et Picardie) de façon assez discrète.
Certains peuvent critiquer, vu la fin des carcasses dans un mélange diesel servi à la pompe, et d'autres se réjouir de la mise en place d'une économie circulaire. Je ne suis pas persuadé toutefois que cela relève de "l'économie bleue" prônée par l'entrepreneur Gunter Pauli (un des enfants du Club de Rome) avec, par exemple, l'utilisation du bambou et le cas d'El Hierro qu'il met souvent en avant et qui développe aussi un projet de biodiesel d'origine végétale pour ses camions et autres moteurs du monde agricole. Le reste du parc sur l'île, soit quelque 4 600 véhicules légers et motocyclettes, devrait être mu à terme par l'électricité issue du vent et de l'eau. Un premier partenariat fonctionne avec Renault et l'administration insulaire.
Bonne route

Alain Gioda 

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