Alain Gioda

Chercheur en climatologie

Montpellier - France

Sa biographie
Au centre de mon travail, il y a la lutte contre le changement climatique par la recherche, l'Histoire du climat, et par les solutions avec les énergies renouvelables. C’est une spécialisation que j’ai acquise en autodidacte avec la complicité de nombreux Collègues. En fait, plus précisément, c’est un domaine qui correspond à un triangle dont un premier côté serait les sciences de l’eau ou l’hydrologie, le second, l’histoire et le dernier, l’écologie. Il fait donc la part belle aux techniques traditionnelles respectueuses du développement durable et j’ai essayé à l’IRD aussi de valoriser en coopération le travail de mes partenaires du Tiers Monde (maintenant appelé le Sud ou les Suds), qui reste encore largement sous-évalué. Au plan académique, mon expérience a abouti en 1995 à une Habilitation à diriger les recherches en géographie, délivrée par l’Université de Montpellier III. J’avais été nommé par la confédération CFE-CGC aussi membre du CNESER (Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche), une charge exercée à Paris en session plénière et en commission. J’ai souvent changé de maisons et de continents et j’essaie toujours de nouvelles directions, d’aller ailleurs jusqu’aux bouts du monde et donc d’avoir l’esprit ouvert même si, au fil du temps, je me suis quelque peu spécialisé en résolution d’énigmes scientifiques et, en montant des équipes à géométrie variable, autour de problèmes bien identifiés. Toujours, je crois que j’ai aimé l’aventure scientifique dès tout petit car je l’ai vite côtoyée par mes nombreuses visites avec ma mère au Musée Océanographique et au Jardin Exotique de Monaco (comme les courses du Grand Prix et le casino !) et au bien plus modeste Musée Barla de Nice avec ses fossiles, oiseaux naturalisés et bocaux où baignaient dans le formol des animaux fabuleux. Les voyages ont aussi toujours scandé ma vie avec un père toujours sur les trains, ma mère à droite et à gauche y compris à l’étranger avec ses équipes de basket de Nice et Monaco, un oncle en Indochine puis en Algérie, les lectures des écrivains cosmopolites tel Somerset Maugham, installé à la villa La Mauresque au Cap Ferrat, et la rencontre quotidienne d’étrangers sur la Côte d’Azur. Puis, adolescent, je chassais les papillons autour de notre maison de famille dans les Alpes du Mont Viso, du côté du Piémont, avant de rejoindre l’Association des Naturalistes des Alpes-Maritimes qui m’initia la découverte de localités éloignées à la recherche d’espèces rares. C’était le temps de l’insouciance car presque tous ces insectes sont aujourd’hui en voie de disparition et les collectionneurs en ont rayé bien de la carte. Dans mon cas, j’ai surtout marché sous des soleils de plomb. Ensuite, entre 17 et 21 ans, ce fut le temps de la moto verte avec une petite machine de trial, toujours par monts et par vaux dans les causses (les baous) des Préalpes de Grasse et là aussi un plaisir obsolète car plus du tout à la mode chez les écologistes. Tant est si bien que je pris la direction d’études en géographie achevées par un doctorat entre 1976 et 1980 à Turin, co-dirigé par Mario Govi, au sujet de l’histoire des crues en Italie du Nord depuis deux cents ans. J’espérais décrocher un travail de terrain au contact de la Nature et d’aller au loin et outre-mer. Trente ans plus tard, ma tâche peut se résumer à reconstruire un casse-tête à savoir rebâtir une part de l’histoire du climat sud-américain à partir des documents primaires c’est-à-dire ceux écrits sur place par les personnes ayant vécu des aléas climatiques qu’il décrivent tout en demeurant ou ayant demeuré longuement aux Amériques. Dans l’UMR Hydrosciences dans laquelle j’évolue à Montpellier, j’étudie l’histoire du climat sud-américain, étant l’animateur, avec une Collègue argentine, de ce pôle dans le projet de l’IBGP (International Geosphere and Biosphere Programme) appelé PAGES (PAst Global ChangES). Aussi vais-je depuis 1995 au bout du monde recherchant les archives des plus hautes cités et des paroisses andines et celles des déserts bolivien et péruvien. Toutefois, entre 1976 et 1986 , j’avais fait du terrain, beaucoup de terrain : mesures hydrologiques lors des crues alpines et lors d’un cyclone en Nouvelle-Calédonie, études préliminaires des ressources en eau pour des barrages hydro-électriques, hydrologie urbaine dans les égouts à ciel ouvert d’Abidjan, campagne de simulations de pluie en savane et au Sahel, traçage au colorant des cours d’eau de la forêt équatoriale dans le cadre de la lutte contre l’onchocercose (une maladie tropicale)… jusqu’à tomber malade au Sénégal en 1986. Ce temps de repos obligatoire a fait que j’ai pu réfléchir à ce que je voulais faire à la reprise du travail. J’ai certes achevé les études entreprises mais, pour l’orientation des nouvelles, j’ai été réceptif aux demandes de collaboration des scientifiques du Sud qui sont, à l’IRD, nos partenaires. Et leur histoire et donc la réappropriation de leur passé technologique, sa restauration et la valorisation de leur savoir-faire sont des choses essentielles à leurs yeux face au rouleau de la modernisation et de l’uniformité. J’ai particulièrement ressenti de l’empathie pour mes Collègues de la science et de la technique au Sud, d’abord, aux Canaries, puis, en Amérique Latine en Bolivie et au Pérou. Mon autre blog hébergé par le portail Futura-Sciences et tourné vers les jeunes scientifiques http://blogs.futura-sciences.com/gioda/ Contact : gioda_ird(at)yahoo.com
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  • Édition Les invités de Mediapart

    La transition énergétique et les outre-mer

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    « Les outre-mer français sont un terrain exceptionnel de développement de nouvelles solutions d'énergie car ils disposent d'un grand nombre d'atouts », et la métropole peut en « apprendre bien des leçons », propose Alain Gioda, expert du débat national sur la transition énergétique et chercheur (IRD, UMR Hydrosciences, Montpellier).