LE CORONAVIRUS EST-IL INERTE OU VIVANT ?

Les mesures préconisées par l’Université John Hopkins contre le mystérieux Covid-19, avalisées par l’Organisation mondiale de la santé, semblent globalement saines et pertinentes, faute d’être innovatrices.

À l’entame de ces mesures destinées à «éviter la contagion», des représentants de la célèbre université américaine affirment, à boule vue et sans hésitation, que le «virus n’est pas un organisme vivant, mais une molécule de protéine (ADN) recouverte d’une couche protectrice de lipides», susceptible de se disperser et de se décomposer à l’aide de «tout savon ou détergent».

Soit ! Mais au-delà de l’hygiène des mains et des surfaces, le voile de la particule virale est-il pour autant soulevé au regard de sa contamination galopante dans le monde ?

À l’instar de la boîte de Pandore de la mythologie grecque, le malheur qui s’est évadé de la jarre des maux pour s’abattre sur l’humanité, mérite d’être prudemment qualifié par des mots, en évitant de contenir l’ambiguïté et de maintenir l’espérance des âmes confinées au fond du maléfique récipient !

Nonobstant l’absence de consensus scientifique sur la notion même de «vivant», si le vagabond délinquant peut mourir ou disparaître, par dispersion ou par décomposition, n’est-ce pas parce qu’il est d’abord «vivant» ? N’a-t-il pas, lui aussi, la propriété biologique de former lui-même «sa propre substance à partir de celle qu’il puise dans le milieu», comme l’évoquait, au début du dix-neuvième siècle, le naturaliste Jean-Baptiste de Lamarck sur «l’évolution du vivant» ?

Faudrait-il rappeler que l’agent pathogène du SARS-CoV-2 est caractérisé par un génome présent dans tout être vivant ? Grâce à ce génome, il peut évoluer et se multiplier en abondance, lorsqu’il s’incruste par effraction dans une cellule hôte et la détourne à son avantage comme otage pour échapper à la garde immunitaire déclenchée par son infectivité.

À l’inverse d’une bactérie qui peut exister en permanence de manière autonome, le coronavirus est entièrement dépendant de son bailleur involontaire, dont il va s’évertuer à parasiter la cellule hébergeante par filouterie patrimoniale génétique, en y reproduisant une descendance éminemment prolifique.

En conséquence, lorsque les conditions sont réunies, le micro-bandit impénitent peut être sévèrement condamné comme tout criminel vivant, décomposé rapidement comme toute matière organique et éliminé physiquement comme tout intrus envahissant, dès le moment où la défense déployée par les mécanismes actifs du corps humain sont à la hauteur de combattre son intrépidité.

Alors, le coronavirus est-il un organisme vivant ou non ? La solution réside probablement dans cette interrogation de Jean-Michel Claverie : «une plante est vivante, mais est-ce qu’une graine de plante est vivante», sachant qu’elle peut rendre vivante ladite plante à la faveur de l’environnement dans lequel elle tire sa propre quintessence ?

À chacun d’y répondre selon sa conception du «vivant» !

Prof. Dr Alain Boutat

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