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Billet de blog 18 avril 2020

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SCIENCE ET NESCIENCE : LES LEÇONS DE MÉFIANCE D’UN AGENT PATHOGÈNE

Le virus SARS-CoV-2 demeure un illustre inconnu, depuis son apparition il y a quelques mois en Chine populaire. Les connaissances éprouvées à ce titre sont manifestement chancelantes et d’autant plus perméables à l’incertitude qu’elles finissent par faire désespérer la science et prospérer la nescience.

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Malgré l’engouement légitime pour cerner et maîtriser le nouveau coronavirus, il y a lieu de reconnaître aujourd’hui notre impuissance à décortiquer et à expliquer les mystères imposés par ce satané micro-organisme coriace. De multiples interrogations restent en effet sans réponses. Et nul n’a encore réussi à percer l’énigme du minuscule prédateur, dont la taille est vingt fois inférieure à celle d’une bactérie nocive, mais avec des dégâts nettement supérieurs.

Prophylaxie antivirale libératrice

Nous ne savons toujours pas comment le parasite génétique est précisément né, ni comment il a pu étendre l’épidémie de la Covid-19 au mépris des frontières. Alors que la connaissance de sa genèse et de son évolution est indispensable pour l’affronter nûment et l’expulser manu militari dans les ténèbres de sa volupté délétère.

Nous ne savons toujours pas quelle est l’intégralité des modes de transfert du coronavirus impénitent, probablement irréductibles aux simples postillons respiratoires, aux contacts interhumains ou aux touchers de surfaces. Alors que des analyses épidémiologiques piétinent pour bloquer les canaux possibles d’accès aux cellules hôtes et instituer une prophylaxie antivirale libératrice.

Prise en charge tâtonnante

Nous ne savons toujours pas quelle thérapie est efficace au-delà de la prise en charge tâtonnante des symptômes morbides et de l’œuvre bienveillante du temps qui passe. Alors que les espoirs entretenus par les antipaludéens, les antibiotiques et les antiviraux existants font malheureusement jusqu’ici piètre figure.

Nous ne savons toujours pas comment réagit fondamentalement l’intrus pathogène à une température montante et comment organise-t-il sa résistance à la chaleur ambiante. Alors que l’horrible épidémie se répand dans certains pays d’Asie au climat chaud et que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ne cesse d’alerter en écho sur son déplacement épicentrique en Afrique continentale.

État exacerbé de nescience

Nous ne savons toujours pas à quel moment la crise sanitaire prendrait totalement fin et quelles en seraient les conséquences polymorphes pour la planète. Alors que nous continuons à compter des morts, sans lueur perceptible de vaccination contre l’infectieux sectaire et sans garantie crédible d’une post-infection immunitaire.

Dans cet état exacerbé de nescience, ce que nous croyons acquis sur la nature est insignifiant par rapport à l’ampleur de notre ignorance sur les manifestations organiques systémiques. Aussi devons-nous humblement apprendre les leçons de la microscopique bête active, afin de nous départir des vanités rétroactives et nous tourner vers l’intelligence collective qui fonde un monde humain plus sain.

Alain Boutat
Épidémiologiste,
Économiste et Politiste 
Lausanne

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