alain.boutat (avatar)

alain.boutat

Professeur

Abonné·e de Mediapart

153 Billets

0 Édition

Billet de blog 23 octobre 2023

alain.boutat (avatar)

alain.boutat

Professeur

Abonné·e de Mediapart

LEÇON D’HUMILITÉ INSPIRANTE

En reformulant le contenu expressif d’une information diffusée en Asie, à travers des publications populaires, il y a lieu d’en tirer une leçon d’humilité inspirante. Il en découle une sorte de méditation individuelle ou de moralité instructive sur le sens de l’existence humaine, qui peut contribuer à s’élever dans un monde de plus en plus gagné par l’insensibilité, l'inhumanité et la cupidité.

alain.boutat (avatar)

alain.boutat

Professeur

Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Le décès brutal d’un magnat effacé de l'Empire du milieu trouve créance dans la bouteille à l'encre des réseaux sociaux, où se mêlent à qui mieux mieux des faits constatés et des rumeurs colportées. Il y est notamment rapporté que l'épouse de ce richissime homme d'affaires s'est retrouvée, du jour au lendemain, héritière d'une fortune colossale en milliards de dollars, discrètement consignée dans le testament olographe du de cujus. Quelques semaines plus tard, la veuve joyeuse s’est mariée à plein badin avec le chauffeur de son regretté mari, qui, roulant désormais carrosse, ne s’est pas privé de déclarer sans scrupules : « Durant plusieurs années, je pensais travailler pour mon patron. Je réalise maintenant que mon patron a travaillé pendant tout ce temps pour moi et ma femme ! ».

Bénéficiaires peu ou prou disgracieux

Bien que la caque sente toujours le hareng, pour n’importe quelle fière accumulation de revenus plus ou moins honnêtement acquis, il y a une grande partie qui est volontairement ou involontairement destinée à des bénéficiaires peu ou prou disgracieux. Certains n’y vont pas avec le dos de la cuillère pour braver leur bienfaiteur disparu dans un mépris moqueur. Si l’on possède une vaste propriété immobilière, les espaces habitables ne peuvent être simultanément occupés par soi-même. Soit sont-ils vides partiellement, soit sont-ils utilisés par d’autres personnes.

Quid de la garde-robe bourrée de vêtements et de chaussures fort coûteux de la maîtresse ou du maître des lieux ? Il n’est pas rare de constater qu’une proportion élevée de cet habillement amassé n’est plus d’actualité. Dans un téléphone mobile de qualité supérieure et de prix généralement exorbitant, à vue de nez, la majorité des fonctionnalités présentes n’est pas aisément exploitable. Et pour une grosse cylindrée, près de la moitié de la vitesse potentielle affichée sur le tableau de bord et environ trois quarts des gadgets annoncés par le constructeur ne sont pas forcément indispensables.

Cruauté de l'existence

De fait, la cruauté de l’existence est souvent inévitable : les biens à l'excès rendent la vie superflue. À l'inverse du magnat chinois précité, il est préférable d’être au monde plus longtemps que d’amasser une fortune oiseuse post mortem. Aussi importe-t-il de se soucier avec précaution de soi-même et de se servir pleinement du solde des faveurs disponibles après partage. Nous devons d’abord nous évertuer à maintenir ainsi un corps qui ne présente pas d’atteintes pathologiques graves. En effet, la santé est une épice précieuse, mais facile à perdre, sans laquelle la richesse a un goût insipide et ne vaut pas tripette.

Comme l’a écrit, au XVIIe siècle, le dramaturge et poète français Jean Racine, influenceur des écrivains François-Marie Arouet (Voltaire) et Jean-Baptiste Poquelin (Molière), « Hâtons-nous aujourd’hui de jouir de la vie », à bride abattue, sans jouer l’Arlésienne. Veillons alors à la prévention des maladies cliniquement encourues et observables, même si nous sommes privés de symptômes apparents de morbidité. Buvons plus d'eau que d’alcool à tire-larigot, même si nous n’avons pas le sentiment d’être assoiffés. Mangeons raisonnablement, même si nous subissons une réelle poussée d’appétit boulimique. 

Ultime moralité instructive

Essayons de lâcher prise et d’éviter le dommageable stress continu, même si nous sommes confrontés à des difficultés de mauvais aloi. Efforçons-nous de céder provisoirement à l’adversité désolante, en refusant d’en faire un pataquès, même si nous avons la conviction de ne pas nous tromper. Et restons sincèrement humbles, en battant éventuellement notre coulpe, même si nous sommes opulents et autosuffisants. Apprenons à nous satisfaire des petites joies de l’existence qui passe, même si nous ne sommes pas rupins.

Exerçons notre esprit et notre physique, même si nous pensons être largement débordés. Et prenons surtout du temps pour les personnes dignes d’être aimées, sans vendre notre âme au diable ni apparaître comme l’âne de Buridan. Enfin, faisons nôtre, en guise d’ultime moralité instructive, la locution latine biblique « Memento, homo, quia pulvis es, et in pulverem reverteris » qui signifie littéralement : « Souviens-toi, homme, que tu es poussière et que tu redeviendras poussière » (Genèse 3:19). C'est cela dont il s'agit !

Alain Boutat
Épidémiologiste,
Économiste et Politiste 
Lausanne

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.