Fiscalité écologique non! Nationalisations oui!

La fiscalité écologique est une fausse solution au chaos climatique inventée pour tenter de faire croire qu'on pourra "sauver le climat" tout en gardant le capitalisme. Elle masque la seule perspective qui reste d'éviter au moins en partie la catastrophe: la nationalisation de toutes les industries productrices d'énergie et de véhicules, en attendant celle des banques, etc.

Alors que les gilets jaunes sont mobilisés pour défendre leurs conditions de vie, le gouvernement, donc l'unique but est de défendre et augmenter les profits des capitalistes, tente de faire croire que les augmentations de taxes seraient un moyen de lutter contre le chaos climatique. Cette fable n'est dénoncée par personne, de la "droite" à la "gauche" en passant par les "écologistes". Or la "fiscalité écologique" est une fausse solution inventée pour tenter de faire croire qu'on pourra "sauver le climat" tout en gardant le capitalisme. Contournée par les gros pollueurs qui "achètent" des "droits à polluer", elle consiste à faire porter sur les plus pauvres et les plus faibles des efforts qui de toute manière ne pourraient au mieux que ralentir la catastrophe. Elle leur propose la "sobriété" et la "décroissance", c'est-à-dire l'austérité, sans toucher aux mécanismes de destruction de l'environnement et du climat à l'oeuvre dans notre société régie par la loi du profit.

Etant donnée l'ampleur des processus destructifs en cours, ces propositions tièdes, ne s'attaquant pas aux causes de celle-ci, ne feront que détourner une fois de plus les énergies et les mobilisations de ce qui devrait ête leur unique but: la destruction, et pas la réforme ou l'"amélioration", du capitalisme.

La voiture n'est pas la seule cause du dérèglement climatique, mais elle joue un rôle important dans celui-ci. Une fois de plus, si vraiment l'on voulait réduire sensiblement, dès aujourd'hui, cet impact, de premières mesures drastiques devraient être prises:

Concernant les voitures:

(1) dans un premier temps, nationalisation  immédiate de toute l’industrie automobile ;

(2) suppression de toute plus-value sur les voitures: vente à prix coûtant  de tous les véhicules les moins polluants en reprenant les anciens modèles contre une prime à la casse, et interdiction de toute vente de véhicules plus polluants, notamment toutes les grosses cylindrées ;

(3) interdiction immédiate de toute publicité sur les automobiles.

Concernant les carburants:  nationalisation de toute l’industrie du pétrole et de leurs dérivés et vente des carburants à prix coûtant unique, sans taxe, sur tout le territoire. 

Bien entendu, ces mesures à court terme ne suffiraient pas. A moyen terme il faudrait:

(1) financer un développement bien plus rapide qu’aujourd’hui des recherches sur des véhicules de moins en moins polluants, et dégagés de toute utilisation d’énergie fossile dérivée du pétrole, ou, pour les véhicules électriques, du gaz, du charbon et du nucléaire;

(2) développer considérablement les transports en commun sur tout le territoire, rétablir un maillage ferroviaire étroit du pays et un maillage fluvial;

(3) rétablir les services publics et les commerces de proximité saccagés depuis des décennies, interdire les hyper-marchés péri-urbains, de manière à réduire les déplacements.

A long terme, c’est tout le fonctionnement de la production et du transport des produits alimentaires et  manufacturés qui devrait être modifié, pour diminuer drastiquement les besoins de déplacement et de transports, et notamment les transports aériens, les super-tankers de pétrole et porte-conteneurs, les paquebots géants de croisière, etc.

Bien entendu, déplacements et transports ne sont qu’un élément parmi bien d’autres de fonctionnement de la société, et tous les autres aspects de celui-ci (habitat, santé, eau, énergie, éducation sécurité, etc.) devraient être soumis à des modifications tout aussi drastiques, pour que l’on puisse parler de "transition écologique". Des myriades de solutions et de propositions existent pour ce faire, et leur mise en œuvre entraînerait la création de millions d’emplois. Mais, contrairement à ce que croient tous ceux qui serinent "des solutions existent", croire que cette existence en soi permettra de les mettre en oeuvre relève de la pensée magique! Le problème ne se situe pas là, mais dans la nécessité de prendre le pouvour pour mettre en oeuvre ces siolutions.

En effet, ,pour que de tels plans soient possibles, il sera indispensable d'abattre le système économique fondé sur le profit et de retirer tout pouvoir, politique, économique, médiatique et idéologique, à tous ceux qui jusqu’à présent ont monopolisé celui-ci. Cela signifiera nationaliser toutes les banques et supprimer la Bouirse et la spéculation financière. Et, bien entendu, de tels bouleversements ne pourraient être des succès durables que s'ils se produisent à l’échelle internationale.

Toute l'histoire de l'humanité, et surtout des derniers siècles, l'a démontré: cette perspective ne pourra être atteinte par un développement progressif de "réformes". Sitôt celles-ci engagées, le capitalisme mondial aurait recours à des Etats totalitaires pour tout bloquer. Les bisounours écolos qui monopolisent la communication sur les questions d'environnement font depuis des décennies passer le message réactionnaire selon lequel, "puisque nous sommes tous dans le même bateau", les antagonismes de classe ne jouent aucun rôle dans la destruction en cours de l'environnement mondial, et que c'est "tous enseùmble" que nous devrons "trouver des solutions". C'est un message du même acabit que celui qui consiste à dire que patrons et ouvriers, maîtres et esclaves, tortionnaires et victimes auraient le même intérêt, la perpétuation de l'ordre économico-politico-social existant.

La seule solution porte un nom: c'est la Révolution, c'est-à-dire non pas la "contestation" ou la "revendication", mais la prise du pouvoir. Celle que prépare le mouvement des gilets jaunes, en contribuant à paver la voie vers la Grève Générale, dont le spectre hante tous les milieux politiques, économiques, financiers, médiatiques et idéologiques, celle que tous les beaux esprits de notre pays ont combattue lorsque son profil apparaissait dans l'ombre au moment des mobilisations contre la loi travail et contre la destruction du statut de cheminot. "Personne n'en veut", "elle fait peur à tout le monde"? Mais personne non plus ne voulait des gilets jaunes! Et si les travailleurs eux-mêmes trouvaient la soluton à ces problèmes"insolubles" pour les appareils des partis et des syndicats, pour tous les propagandistes et autres "experts"? Nous y reviendrons, mais surtout, ne préjugeons pas de l’avenir. Pour l'instant, mettons en avant le mot d'ordre:

Non à la fiscalité cabone! Oui aux nationalisations!

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