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Billet de blog 11 mai 2017

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Quel premier ministre pour Emmanuel Macron?

Une équation bien diffiicile à résoudre, le choix du premier ministre de Macron, pour mener la bataille des législatives. Le meilleur candidat ne serait-il pas Emmanuel Macron lui-même, sous l'avatar de Manuel Maqueron, le leader du mouvement "Ma Marche", "Moi-Même" ou "Macro Maqueron"?

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Une équation difficile à résoudre: quel premier ministre pour notre fringant nouveau président?

Il ne doit être ni de droite ni de gauche, pour ne pas effrayer "la moitié" de l'électorat - enfin, il faut surtout être "ni de gauche", pour ne pas effrayer "les marchés", c'est-à-dire Wall Street, le FMI, la Banque Mondiale, l'Europe et le MEDEF. C'est-à-dire il faut être d' "extrême-centre", un concept vide, donc difficile à circonscrire. Il faut être jeune et neuf - pas usé, déjà utilisé, connu, et avec des casserolles brinquebalantes au cul. Il faut être un homme ou une femme, les deux de préférence. Et il faut s'engager à suivre scrupuleusement le "programme" du candidat Macron, et à "rassembler" la France autour de ce programme. Plutôt coton comme cahier des charges...

Alors qui? 

Bayrou? Mais c'est un "homme du passé", un vieux, et un collectionneur d'échecs...

Le Drian? Mais lui aussi il a déjà servi, a été ministre jusqu'à aujourd'hui, et il est "de gauche" (à dire vite, puis avaler sa salive)... Son ancrage breton, son militarisme sympathique suffisent-ils à en faire l'homme de la situation?

Juppé, mais lui aussi a déjà accumulé les échecs, il a des casserolles au cul, c'est un vieux con...

Il est vrai que les vieux cons sont légion, qui pourraient prétendre à l'investiture: Cohn-Bendit (qui, à sa décharge, était déjà con quand il était jeune), Madelin, Estrosi, Xavier Bertrand, Delanoë, etc. etc. etc.

Les candidats malheureux de la présidentielle, Fillon, Valls, Le Maire, ou les Trois-Petits-Cochons-qui-ont-très-peur-du-Grand-Mélanchoup (Hamon, Poutou et Arthaud), même ceux qui se sont ralliés à Macron au deuxième tour "pour faire barrage à Le Pen", auraient également un goût malséant de "déjà vu".

Alors un jeune? Mais quoi? Un jeune entrepreneur? Mais cela va fâcher les "partenaires sociaux" (nouveau terme bisounoursien pour les syndicats depuis l'abolition de la lutte des classes par décret de la place du Colonel-Fabien). Un jeune communicant, politicien aux dents longues, énarque?... Et comment savoir si ce blanc-bec sera à la hauteur - ou ne va pas "trahir" à son tour pour constituer son propre mouvement après s'être servi de son passage au gouvernement comme tremplin?

Pas facile donc, comme équation...

En fait, il semble bien qu'il y ait, parmi les 67 millions de français, un seul individu qui remplisse tous les critères: Emmanuel Macron lui-même!

Il n'est "ni de droite ni de gauche". On ne savait pas que cela existait, mais c'est lui qui le dit! Ancien banquier, il ne devrait pas effayer les milieux d'affaire; ancien ministre d'un président "de gauche" (il faut le dire vite, puis avaler sa salive), il n'a manifestement pas effrayé un bon nombre de gens qui se prétendent tels. Il est jeune et neuf: pas usé par les échecs électoraux par exemple, ni même par les mandats électifs, jamais condamné par la justice de son pays, propre sur lui. C'est certes un homme (ses hurlements à la tribune nous l'ont démontré), mais qui, comme tous les hommes sensibles, a su préserver certains côtés féminins de sa personnalité. Et il a bien l'intention d'appliquer son propre "programme", qu'il doit du reste être le seul à vraiment connaître et comprendre.

Las... Il est déjà président et ne peut donc pas être son propre premier ministre!

Ou bien... Est-ce vraiment si impossible que cela? Les hommes politiques ne nous ont-ils pas depuis longtemps habitués à être de véritables Janus? Non seulement ils savent prestement retourner leur veste, mais même leur pantalon - ou à quitter celui-ci si un besoin pressant s'en fait sentir... Pourquoi pas aller un peu plus loin, et se dédoubler de son vivant, en devenant son propre avatar. Carmelo Bene le faisait bien, dans un de ses extraordinaires films, où il jouait dans la même scène le père et le fils, changeant de voix et de coté sur l'écran comme on le fait parfois au théâtre, et se battant même en duel contre lui-même, bondissant alternativement à gauche et à droite...

J'imagine très bien la scène. Le porte-parole de l'Elysée, sur le perron de cette noble maison qui en a vu d'autres, déclarant: "Monsieur le Président de la République a nommé Premier Ministre Monsieur Manuel Maqueron!"... 

Finesse kolossale, ce changement léger de patronyme et de prénom. Avec une allusion discrète dans ce dernier à l'un de ses "anciens mentors désavoués" (au même titre que François II de la Cinquième Réparchie - à ne pas confondre avec ses "mentors assumés", comme Henry Hermand ou sa grand-mère). 

Le premier ministre pourrait s'appuyer sur son propre mouvement, dont les initiales seraient, comme pour "En Marche", les mêmes que les siennes: MM - non pas Marilyn Monroe, mais "Ma Marche" (vers la pyramide de Toutenmâcron), ou "Moi en Marche", ou "Moi-Même", ou "Macro Moi", 'Macro Maqueron" (mais pas "Maquereau Maqueron", qui pourrait donner lieu à des interprétations tendancieuses et certainement inexactes).

Ainsi affublé de ce double, notre président (déjà bien aimé) pourrait sereinement mener la campagne des législatives avec un premier ministre partageant ses idées et projets, ne risquant pas de le trahir, rassurant les électeurs de doite et de gauche (qui l'ont déjà élu triomphalement président), et surtout les marchés!

N'est-ce pas que voilà une idée qu'elle est bonne?

Alain Dubois

11 mai 2017

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