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Billet de blog 12 mai 2016

Motion de censure: la dernière entourloupe

Après l'appel au vote des députés contre la loi travail, l'appel aujourd'hui à voter la motion de censure tout en manifestant dans la rue, mais sans organiser la Grève Générale, est une nouvelle trahison de la volonté de la majorité écrasante de la population française. La défaite sans combat dont cette trahison est grosse en prépare d'autres, bien plus graves et qui ne tarderont pas.

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L'appel de certains à voter la motion de censure, dans un contexte où chacun sait que mathématiquement elle n'a aucune chance d'être adoptée, qu'elle soit "de droite", "de gauche" ou "ni droite ni gauche", participe du piège dans lequel tous veulent enfermer l'écrasante majorité de la population qui rejette à la fois la loi travail , le gouvernement qui va la faire passer aux ordres du MEDEF et les tristes sires qui composent autant celui-ci que ses "opposants": le piège de la 5° République.

Il y a quelques semaines c'était naïf de croire que les manifs et les "nuits debout" pourraient bloquer la loi travail. Maintenant appeler à la combattre dans le cadre du "parlement" de la 5° comme dans la rue, mais sans organiser le blocage complet du pays par la grève générale, relève simplement de la trahison délibérée.

En réponse à mon billet sur la Grève Générale sur Mediapart, certains parlent de la vertu "pédagogique" vis à vis des masses de l'appel au vote des députés contre cette loi, puis maintenant au vote de la motion de censure. Foutaises! Il y a belle lurette que les masses ont compris que c'est la Constitution de la 5° République qui permet toutes les attaques contre elles, mais elles sont paralysées par l'absence de toute perspective politique ouverte, ou même entr'ouverte, par les "directions "quelles qu'elles soient. Et quant à l'appel à la "spontanéité des masses", que certains indécrottables continuent à nous servir sans vergogne, cela fait un siècle que l'histoire a démontré de manière répétée qu'elle ne mène nulle part. Pas plus que le terrorisme, la "démolalie", les "débats citoyens" et les initiatives politiques ou sociales "alternatives".

Tout  ce que ces politiques ont en commun c'est de nous enfermer dans le cadre des "débats entre partenaires sociaux", le refus de nommer la lutte des classes et d'organiser le combat dans le cadre de la lutte des classes et avec les armes de la lutte des classes, en premier lieu la Grève Générale. Alors que le patronat et ses larbins de tous acabits, eux, le font sans aucun état d'âme et utilisent, pour détruire de plus en plus les acquis de siècles de luttes populaires, toutes les armes à leur disposition, qu'elles soient législatives, exécutives, judiciaires, médiatiques, sans parler de la terreur des directions syndicales et politiques à l'égard des masses, de leur mobilisation et de leur force.

Cette nouvelle défaite sans combat est déjà grosse des prochaines... qui nous mènent à la dictature et à la guerre dans des délais qui vont surprendre tout le monde...

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