Ces impalpables nuages radioactifs

Un nuage radioactif mystérieux a été détecté en Europe depuis le 25 septembre. Son origine se situe entre la Volga et lʼOural, sans plus de précisions. Lʼabsence dʼinformation à cet égard, près de deux mois après, et lʼabsence dʼaction pour protéger les populations sur place, sont inacceptables, et posent à nouveau la question de la nocivité de l'existence même de l'indstrie nucléaire.

Le nuage mystérieux

LʼIRSN (Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire) est un EPIC (Etablissement Public à caractère Industriel et Commercial) sous la tutelle conjointe des ministres chargés de lʼécologie, de la recherche, de lʼénergie, de la santé et de la défense. Le mercredi 4 octobre 2017, cet institut a publié un communiqué (http://www.irsn.fr/fr/actualites_presse/actualites/pages/20171004_detection-ruthenium-106-en-europe.aspx#.WhHVt1XiZaQ) signalant que de faibles quantités de ruthénium 106, un radionucléide dʼorigine artificielle produit par lʼindustrie nucléaire, avaient été détectées en Suisse entre le 25 septembre et le 2 octobre, et que lʼIRSN avait confirmé la présence de « niveaux très faibles de contamination atmosphérique en ruthénium 106 », mais que ces niveaux étaient « sans conséquences pour lʼenvironnement et pour la santé ». Bien que public et émanant dʼune agence officielle, il semble que ce communiqué nʼait fait lʼobjet dʼaucune répercussion par les agences de presse et les médias. Il fut suivi de plusieurs « mises à jour » datées des 5, 6 et 9 octobre, confirmant la détection de traces de ruthénium par les stations de la Seyne-sur-Mer et de Nice de lʼIRSN, et concluant: « il semble que les masses d’air contaminées mesurées en Europe aient pour origine les régions sud de l’Oural. » Cette région englobe une partie du sud de la Russie, de lʼouest du Kazakstan et de lʼest de lʼUkraine. LʼIRSN déclarait: « Compte tenu de la quantité de ruthénium 106 pouvant être à l’origine de la pollution atmosphérique observée en Europe, il apparaît que des mesures de protection des populations auraient pu être nécessaires à proximité du lieu des rejets. » (http://www.irsn.fr/fr/professionnels_sante/actualite/pages/20171009_detection-ruthenium-106-en-europe.aspx#.WhHhJ1XiZaQ). Ces communiqués ne suscitèrent apparemment eux non plus aucune réaction de la part des médias, que la santé des populations en question ne semblait guère préoccuper.

Le jeudi 9 novembre, lʼIRSN publia une note d'information plus détaillée sur cette question <http://www.irsn.fr/FR/Actualites_presse/Actualites/Documents/IRSN_NI_Ruthenium-106-en-(Europe_20171109.pdf>) concernant la détection de ruthénium 106 en Europe et en France. Dans cette note, lʼIRSN disait que les niveaux maximums observés dans lʼatmosphère de la majorité des pays européens (sans préciser lesquels) avaient atteint des valeurs de la centaine de millibecquerels par mètre cube dʼair, quʼaprès le 6 octobre ces niveaux avaient montré une décroissance régulière et que depuis le 13 octobre le ruthénium nʼavait plus été détecté en France. Cette note répétait lʼaffirmation que ces niveaux de concentration étaient sans conséquence pour la santé et lʼenvironnement, en Europe occidentale sʼentend! Elle ajoutait : « La détection de ruthénium-106 seul exclut la possibilité d’un rejet issu d’un réacteur nucléaire qui se traduirait par la présence d’autres radionucléides. L’origine du ruthénium-106 est donc à rechercher soit dans des installations du cycle du combustible nucléaire ou de fabrication de sources radioactives soit dans les conséquences de la rentrée dans l’atmosphère d’un satellite équipé d’un générateur thermoélectrique à ruthénium. Cette dernière hypothèse a été étudiée par l’AIEA qui a conclu qu’aucun satellite contenant du ruthénium-106 n’était retombé sur terre durant cette période. En conséquence, l’IRSN a, dans ses investigations, fait l’hypothèse d’un rejet issu d’une installation. » LʼIRSN a procédé à des simulations dont la synthèse « confirme que la zone de rejet la plus plausible se situe entre la Volga et l’Oural sans qu’il ne [sic] soit possible, avec les données disponibles, de préciser la localisation exacte du point de rejet. » Pour la zone de rejet ainsi définie, « la quantité de ruthénium-106 rejetée estimée par les simulations de l’IRSN est très importante car comprise entre 100 et 300 térabecquerels ». Ce rejet aurait eu lieu lors de la dernière semaine de septembre.

Dans une annexe, cette note fournissait des informations sur les propriétés physiques et biologiques du ruthénium 106. Ce radionucléide a une demi-vie radioactive de 372,6 jours et donc nʼest pas éliminé rapidement de lʼenvironnement. Selon lʼIRSN, en cas dʼingestion ou dʼinhalation par lʼhomme, les organes les plus exposés sont le côlon et les poumons, où peuvent se développer des cancers. Le risque radiologique lié à l’exposition à ce radionucléide aux taux mesurés en France (quelques microbecquerels pendant quelques jours) et en Europe (une centaine de millibecquerels au maximum pendant quelques jours), comparé « à la limite de dose de 1 mSv par an fixée pour la population par le Code de la santé publique » est estimé dans cette note comme insignifiant en termes sanitaires. « En revanche, une personne se trouvant dans les cinq premiers kilomètres du lieu à l’origine du rejet a pu recevoir une dose de plusieurs dizaines de millisieverts qui aurait nécessité la mise en place d’actions de protection telles que la mise à l’abri ou l’évacuation. »

En ce qui concerne lʼéventuelle contamination des denrées alimentaires importées en Europe depuis la zone concernée, la note affirmait que seuls des champignons étaient concernés et concluait : « il est possible que des champignons ramassés juste après le passage du panache radioactif (a priori dans la période du 26-27 septembre) dans une zone située à moins de 50 km du lieu de rejet présentent une contamination par dépôt atmosphérique, dépassant le niveau maximal admissible défini par le règlement Euratom 2016/52 de 1250 Bq/kg due à un dépôt direct de radioactivité. Il est fort peu probable que la contamination des champignons ayant poussé après le passage du panache radioactif dépasse le niveau maximal admissible, les facteurs de transfert par les racines étant extrêmement faibles. A titre d’illustration, il faudrait que la population la plus à risque (enfant de 2 à 7 ans) consomme 32 kg d’aliments contaminés à 1250 Bq/kg pour engager une dose efficace par ingestion de 1 mSv. »

En conclusion, lʼIRSN estimait que « les conséquences d’un accident de cette ampleur en France auraient nécessité localement de mettre en oeuvre des mesures de protection des populations sur un rayon de l’ordre de quelques kilomètres autour du lieu de rejet » et, concernant les denrées alimentaires, le « dépassement des niveaux maximums admissibles » aurait été observé sur « quelques dizaines de kilomètres autour du point de rejet ». Cʼest pourquoi « l’IRSN considère, d’une part que la probabilité d’un scénario qui verrait l’importation en France de denrées (notamment des champignons) contaminées par du ruthénium-106 à proximité de la source de rejets est extrêmement faible et, d’autre part, que le risque sanitaire potentiel lié à ce scénario est lui aussi très faible. Il n’apparaît donc pas nécessaire de mettre en place des contrôles systématiques de la contamination des denrées importées. A titre de précaution, des contrôles par sondage pourraient néanmoins être utilement réalisés. »

Cette note du 9 novembre est à ce jour (20 novembre) la dernière publiée sur cette question par l’IRSN sur son site.

Contraitrement aux précédentes, elle fut reprise le 10 novembre par lʼagence de presse allemande Reuters le 10 novembre et par lʼAFP le 11 novembre, sans information supplémentaire à part le fait quʼaucun pays nʼavait déclaré à lʼAIEA (Agence Internationale de lʼEnergie Atomique) être à lʼorigine de ce rejet, et que les autorités russes et kazakhes avaient démenti que leurs entreprises puissent être à lʼorigine de la fuite. A partir de la dépêche de Reuters, lʼinformation fut reprise, à partir du 10 novembre, par un bon nombre de médias français, notamment par Mediapart le 11 novembre (https://www.mediapart.fr/journal/international/111117/nuage-radioactif-originaire-de-russie-4-questions-sur-un-probable-accident-nucleaire). Mais aucun de ces communiqués ne fournissait plus d'informations sur cette affaire, et depuis aucun des grands médias dʼinformation de notre pays nʼest revenu sur ce « fait divers ». Le devenir des populations concernées nʼest mentionné dans aucune de ces brèves. Il faut aller sur des sites privés pour trouver des commentaires et réflexions sur cet événement mystérieux. Plusieurs commentaires et liens intéressants à ce sujet figurent sur lʼexcellent « Blog Fukushima » (www.fukushima-blog.com).

 

Quelques questions brûlantes

Plusieurs questions importantes se posent en effet concernant cette « information ». Comment se fait-il que, presque deux mois après lʼaccident supposé, on en sache si peu à son sujet ? Les informations fournies par lʼIRSN sont-elles entièrement fiables? Comment se fait-il quʼaucun des « journalistes dʼinvestigation » et des « magazines dʼinvestigation » dont sʼenorgueillissent plusieurs de nos « grands médias » nʼait publié de complément dʼenquête à ce sujet ? Il est vrai que ces « grands médias » ont tant dʼautres sujets à traiter, que ce soit lʼincontournable promotion publicitaire (sous forme dʼinterviews ou de reportages) des derniers livres, disques et films, les informations sportives, les faits divers croustillants, ou dʼautres questions cruciales, du type de la grammaire inclusive, de lʼapparition dans des films de personnages avec une cigarette au bec ou du devenir des personnages politiques et médiatiques déchus.

Mais tout de même, comment se fait-il quʼaucune réponse nʼait pour lʼinstant été apportée aux questions posées le 17 novembre par la CRIIRAD (Commission de Recherche et dʼInformation Indépendantes sur la Radioactivité) quant à la fiabilité de certaines des informations officielles publiées et sur les points suivants (http://www.criirad.org/accident-et-pollutions/2017-11-17_ru-106_oms+aiea.pdf) : « Au niveau européen, à notre connaissance, aucune instruction n’a été donnée afin de mobiliser les réseaux de mesures et les laboratoires d’analyse ; aucune information officielle n’a été diffusée ; aucune mise en garde n’a été adressée aux ressortissants européens en voyage ou résidence dans les régions potentiellement à risque. Peut-on imaginer qu’aucune investigation n’ait été lancée, en dépit des moyens disponibles, pour remonter à la source de la contamination, à tout le moins pour valider ou invalider certaines hypothèses ? Peut-on croire que les ambassades n’aient pas été sollicitées ? Qu’aucun échantillon n’ait été prélevé ? Est-il possible qu’aucune mesure n’ait été effectuée sur les filtres des avions qui ont survolé les installations suspectes telles celles de Mayak ? Cela avait pu être fait il y a 30 ans, pour Tchernobyl, et même bien avant pour le contrôle des retombées des essais nucléaires ! Les États européens sont-ils coupables d’inaction ? Ont-ils préféré ne pas savoir? Ou bien détiennent-ils ces informations qu’ils préfèrent garder secrètes ? La plupart des médias se sont satisfaits des informations rassurantes diffusées sur la situation de l’Europe ce qui a malheureusement conforté les responsables dans leur silence. »

La CRIIRAD met expressément en cause deux agences de l'ONU, lʼAIEA (Agence Internationale de l'Energie Atomique) et lʼOMS (Organisation Mondiale de la Santé) pour leur inaction et leur silence, chacun semblant sʼêtre contenté du fait quʼen Europe les niveaux de contamination sont restés très faibles. Mais quʼen est-il pour les populations vivant dans la région « inconnue » de lʼaccident ? En ce qui concerne lʼOMS, la CRIIRAD déclare : « Il fallait intervenir sans délai car les expositions sont majeures dans les premiers jours et les premières semaines mais il est encore temps d’agir. La CRIIRAD demande à l’OMS de tout mettre en œuvre pour déterminer ce qui s’est passé et pour apporter aux victimes toute l’aide nécessaire. » La CRIIRAD nʼest pas plus tendre vis à vis de lʼAEIA : « La CRIIRAD s’étonne de l’absence de toute prise de position publique de l’AIEA alors que les dispositions de la convention sur la notification rapide d’un accident nucléaire sont manifestement violées. Elle demande que l’AIEA procède, ou fasse procéder, à toutes les investigations nécessaires à l’identification de l’origine de la contamination. »

Au-delà de ces questions, cette affaire illustre une fois de plus les menaces que lʼexistence même de lʼindustrie nucléaire fait courir aux populations humaines. Lʼattitude lénifiante vis à vis de cet événement adoptée par lʼIRSN, lʼOMS et lʼAEIA, et par tous les médias qui leur ont emboîté le pas, repose notamment sur la notion de « seuil admissible de nocivité » des radiations pour les organismes humains, qui nie lʼeffet des « faibles doses » malgré les nombreuses données qui militent dans le sens inverse, dont on trouvera les références par exemple dans mon livre Jean Rostand, un biologiste contre le nucléaire (Berg International, 2012) et dans celui de Yves Lenoir La comédie atomique (La Découverte, 2016). Il nʼest pas douteux que cette notion de seuil tolérable est une supercherie et un non-sens scientifique et nʼa été développée quʼà la seule fin de permetre à lʼindustrie nucléaire dʼexister. De plus, indépendamment du risque dʼattentat contre une centrale nucléaire, dont la possibilité reste indéniable comme lʼont montré les incursions répétées de militants de Greenpeace sur des sites nucléaires, et est renforcée par le développement récent des drones, il est maintenant établi que, même en lʼabsence dʼaccident, les installations nucléaires civiles ne sont pas sans effet sur les populations avoisinantes.

Les données à cet égard sont étonnamment passées sous silence par tous les médias et auteurs se préoccupant du nucléaire civil et militaire, que ce soit dʼun point de vue favorable ou défavorable à celui-ci. Elles proviennent dʼanalyses statistiques poussées effectuées par lʼéquipe du Dr. Hagen Scherb à Munich. Celles-ci sʼappuient sur les statistiques officielles des Etats concernant leurs naissances et mettent en évidence lʼexistence dʼun déficit significatif de garçons par rapport aux filles dans les descendances de certaines populations humaines, déficit qui traduit la présence dʼun taux anormalement élevé de mutations léthales (entraînant la mort des fœtus) dans les populations concernées. On trouvera des détails quant à ces travaux dans mon travail cité ci-dessus (p. 164-167) ainsi que dans une conférence que jʼai donnée récemment à ce sujet à Hiroshima (https://www.researchgate.net/publication/320677779_Sex_ratio_disequilibria_in_new_born_babies_after_Chernobyl_accident). Ces travaux, qui nʼont jusquʼici fait lʼobjet dʼaucune réfutation scientifique, ont établi quʼune telle élévation du taux de mutations avait eu lieu dans lʼEst de lʼEurope après la catastrophe de Tchernobyl en 1986 (où elles concernent des centaines de milliers dʼenfants morts avant la naissance), mais aussi : (1) également après l'accident de Tchernobyl mais à Cuba , ce pays étant alors soumis à un embargo international et ayant alors dû importer dʼURSS une partie importante de son alimentation ; (2) en Europe du Nord après lʼaccident de Windscale en Angleterre en 1957 ; (3) au Japon après les bombardements de Hiroshima et Nagasaki en 1945 (contrairement aux informations « officielles » à ce sujet) ; (4) aux Etats-Unis et en Europe occidentale après les essais nucléaires atmosphériques de 1946 à 2011 ; et même (5) à proximité dʼinstallations nucléaires civiles en Allemagne, Suisse et France, même en lʼabsence dʼaccidents déclarés. Dans ce dernier cas, lʼimpact sʼavère inversement proportionnel à la distance, ce qui constitue un argument suplémentaire contre la notion dʼinnocuité des faibles doses.

Ce sont là quelques-unes des questions que devront bien finir par se poser les ciyoyens de notre pays et des pays vosins. Il est maintenant amplement démontré quʼil est non seulement naïf, mais en fait irresponsable, de se fier aux promesses électorales des uns et des autres, et que, en France du moins, il ne faut pas attendre de nos gouvernements successifs quʼils fassent ce quʼil faut pour faire sortir la France du nucléaire. Sʼils veulent vraiment éviter à notre pays lʼ« accident nucléaire majeur » qui sinon ne pourra manquer de se produire, les citoyens de notre pays ne pourront faire lʼéconomie de se mobiliser, non seulement pour sortir du nucléaire, mais en fait pour sortir du système capitaliste dont il est lʼune des expressions, avec les atteintes contre lʼenvironnement et la santé, la discrimination raciale et sexuelle entre les êtres humains, la surexploitation et la misère, les totalitarismes, les guerres, lʼesclavage, le viol, etc. Même sʼil est vrai que certains de ces fléaux ont existé et existeront sous dʼautres systèmes politico-économico-sociaux, il est également non moins vrai que le capitalisme, le système dont le moteur écononique est le profit (au bénéfice dʼune minorité sur le dos de la majorité) et en aucune manière les besoins humains, les exacerbe et les porte en lui-même, « comme la nuée porte lʼorage » selon le mot lumineux attribué (en partie à tort) à Jean Jaurès.

  

Alain Dubois

20 novembre 2017

 

PS

Juste après la publication de ce billet à 19h15, jʼai été informé que lʼAFP vient de publier à 19h27 (https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/la-russie-reconnait-avoir-enregistre-une-pollution-radioactive-sur-son-territoire_118454) une dépêche annonçant que lʼagence russe de météorologie Rosguidromet a reconnu ce jour même quʼune concentration « extrêmement élevée » de ruthénium-106 avait été détectée entre le 25 septembre et le 1er octobre dans plusieurs régions de Russie. Le taux le plus élevé a été enregistré par la station dʼArguaïach, un village du sud de lʼOural situé à 30 kilomètres du complexe nucléaire Maïak, touché par un des pires accidents nucléaires de lʼhistoire en 1957 (voir mon livre de 2012, p. 119) et servant aujourdʼhui de site de retraitement de combustible nucléaire usé. Lʼagence russe précise que le ruthénium 106 a ensuite été détecté au Tatarstan puis dans le sud de la Russie, où une concentration de ruthénium 106 « excédant de 986 fois » les concentrations enregistrées le mois précédent a été détectée, avant quʼil nʼapparaisse à partir du 29 septembre « dans tous les pays européens, à partir de lʼItalie et vers le nord de lʼEurope ». Quant aux conséquences pour les populations locales, il nʼen est nullement fait mention.

 

 

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