Crash de l’airbus A320: la "Une" à laquelle nous avons échappé

Comme l’a souligné la Coordination Antinucléaire du Sud-Est, le crash de l’Airbus A320 s’est produit, mardi 24 mars 2015, à moins de 7 minutes de vol et 110 km du site nucléaire de Cadarache et à peine 8 minutes des sites nucléaires de Tricastin et de Marcoule, et de la centrale nucléaire de Cruas.

Comme l’a souligné la Coordination Antinucléaire du Sud-Est, le crash de l’Airbus A320 s’est produit, mardi 24 mars 2015, à moins de 7 minutes de vol et 110 km du site nucléaire de Cadarache et à peine 8 minutes des sites nucléaires de Tricastin et de Marcoule, et de la centrale nucléaire de Cruas. En cas de légère déviation de la trajectoire de l’avion "fou", volant à 900 km/h soit 15 km par minute, le risque d’accident nucléaire grave aurait pu être très élevé.

Le Mirage 2000 qui a décollé de la base d’Orange peu avant le crash n’était en aucune manière à même d’empêcher le crash, mais il aurait pu abattre l’Airbus si sa trajectoire avait risqué de l’envoyer sur une centrale ou sur un autre site "sensible". Heureusement pour l’image de la vaillante armée française, comme l’avion s’est écrasé dans un site perdu où il n’y avait que des marmottes et quelques loups, cela ne s’est pas avéré nécessaire. Imaginons un instant la "Une" que nous aurions eue si les 150 victimes l’avaient été à la suite d’un tir de missile, et non pas d’un crash peut-être causé par un dépressif suicidaire! Hollande contraint d’agir en sauveur de la France et de l’Europe en "bourreau malgré lui"!

 L’industrie nucléaire sous toutes ses formes est excessivement dangereuse, non seulement pour les victimes potentielles des accidents qui peuvent se produire à chaque instant quelles que soient les "précautions" prises, mais encore et peut-être surtout pour leurs descendants dont le patrimoine génétique aura été dégradé par les mutations induites par les radiations (lire à ce sujet: Jean Rostand, Un biologiste contre le nucléaire, Berg International, 2012). Il est plus que temps d’abandonner cette industrie mortifère et dépassée, et d’investir enfin massivement dans les énergies renouvelables et respectueuses des êtres humains. Il faut fermer les centrales avant que survienne un accident dû à une erreur humaine, un acte terroriste, un phénomène naturel ou un simple "hasard", comme la trajectoire erratique d’un avion ayant échappé à tout contrôle.

 Alain Dubois

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