Ce qu'il nous faut, c'est une bonne résolution !

Après la vaste coupure d'électricité qui a touchée de plein fouet plus de 330 000 foyers en Rhône Alpes, alors qu'approche la grève du 5 décembre... Il est peut-être utile de faire le point sur la situation du service public de l'énergie en France. Je vous renvoie pour cela vers quelques vidéos...

Alors certes, la question des services publics de l'énergie paraît presque anecdotique, dans cette époque où tous les services publics sont attaqués et détruits... Mais chaque privatisation/restructuration/destruction mérite qu'on mesure l'ampleur des nuisances de cette évolution,  pour tou-te-s et chacun-e-s. Voici donc quelques vidéos à ce sujet (qui datent de plus d'un an, maintenant) :

1) une interview, sur "le média", de Gilles Balbastre, en deux parties, à ce sujet... https://m.youtube.com/watch?v=hPy4qWJwUkA  et https://m.youtube.com/watch?v=WjlSXjW5_gU

2) Puis la "série documentaire" (1h30) dont ils parlent... https://m.youtube.com/watch?v=eYZpxpPdENQ

Comme je le disais, ce sont de toutes facons tous les services publics qui sont désormais privatisé, bradés et détruits, depuis plusieurs décennies... Mais Macron est encore monté d'un cran sur ses prédécesseurs en terme de diversité des services visés et de l'ampleur des dégradations. L'éducation, la santé, le service à la personne et le medico social, plus généralement la sécurité sociale, les transports et le reste... Tous seront touchés et démantelés, c'est prévu, ne vous inquiétez pas, ça va bien se passer!  Mais l'énergie est aussi un support social et collectif, sur lequel s'articulent nos interactions, qui mérite un intérêt certain !

C'est pourquoi il est utile de regarder de plus près, avec cette enquête de Gilles Balbastre, comment nos responsables politiques "les plus écolos" et avec "de fortes aspiration sociales" de ces dernières décennies ont successivement participé à "libéraliser" l'organisation anciennement publique du secteur de l'énergie... Élaborée il y a maintenant plus de 70 ans. En effet, on parle ici entre autres de Jospin, de Borloo, d'Yves Cochet, de Ségolene Royal.

Ce faisant, le "secteur de l'énergie" (en "libéralisant", on passe de l'organisation collective à un secteur privatisé, forcément) à lui aussi dégagé des fortunes considérables, pour des propriétaires qui n'en ont jamais eu besoin. Mais ces fortunes privées, certainement en partie "défiscalisées", ont été captées sur un bien commun, pendant que les tarifs subissaient une inflation considérable. L'accroissement des richesses de quelques uns se fait, comme toujours, au dépend du plus grand nombre, alors que la  précarité d'une majorité de la population s'accroît.

Il n'est plus temps de négocier avec Macron et Philippe à quelle sauce libérale nous serons mangés... Il est temps de refuser en bloc les choix politiques qui sont à l'œuvre depuis les années 80 et de recollectiviser tout ce qui a été cédé des biens communs, au secteur privé.

Le plus cyniquement drôle, c'est qu'on nous oppose souvent la violence de ces idées... Le collectivisme serait une telle atteinte à la liberté des plus fortunés que nous serions coupables de soutenir cette idéologie violente et mortifère. Mais de ce que j'en perçois,  nous sommes très majoritairement non violents d'aspirations... Même si nombre d'entre nous ne sont et ne seront en aucun cas pacifistes. Il n'est pas question de courber l'échine devant n'importe quelle violence, symbolique et/ou sociale, pour éviter des "violences matérielles", voir même ponctuellement physiques, quand c'est inevitable. Souvenons nous d'ailleurs que les pacifistes des années 1930 furent les premiers à collaborer avec les fascisme, pour "éviter la violence".

Certes, nos grands pères ont réussi, durant la fin des années 40, à nationaliser des pans entiers de l'économie sans trop de guérira... Ce qui mérite considération et respect. Mais il est utile de se souvenir du contexte ! Le secteur industriel tout entier était alors terrorisé et prêt à faire des concessions... La collaboration avait neutralisée tous les arguments de respectabilité des élites économiques ! Il n'était plus question de négocier les aspirations sociales, politiques et collectives, avec des possédants qui avaient trahis et participé à permettre des millions de morts. De plus, après la seconde guerre, ce qui fut nommé "l'épuration" (avec aussi ses cortèges de morts et de condamnés) avait clarifié la marge de manœuvre des dominants, qui était considérablement plus réduite qu'aujourd'hui.

Nous sommes légitimes à recouvrer les biens communs qui ont été spoliés par l'infime minorité des plus riches. Nous sommes prêts à le faire sans violence, dans la mesure où ils décideraient d'abandonner leurs biens illégitimes pour l'intérêt collectif. Mais il semble fort probable que ce changement structurel n'arrivera pas par une "prise de conscience" des plus fortunés, au matin du 6 décembre, devant le constat de la mobilisation populaire... Alors il nous faudra peut-être les aider à parvenir à cette "prise de conscience", si c'est indispensable, ce qui nécessitera certainement plus que des requêtes courtoises. Macron ne renoncera pas poliment à la direction ultra libérale du pays, ni à ses fonctions, sans qu'on l'y aide lui aussi collectivement, généreusement, mais fermement.

La "légitimite violence" n'est pas du côté des possédants et n'est certainement plus du côté des gouvernants, ni de leurs "forces de l'ordre"... Puisqu'ils exercent, en permanence et durablement, une répression de toute mobilisation et une violence de plus en plus farouche. Ça branle dans le manche, même si les mauvais jours ne sont pas finis... Par contre, l'ampleur de la revanche n'est plus que de leur propre responsabilité. Tous les pauvres s'y mettent, avec souvent des aspirations égalitaires et généralement non violentes... Et c'est à chacun-e de participer à favoriser l'égalité et le partage face à la montée des fascismes.

L'extrême droite gouverne une liste innombrable de pays, désormais, en accédant aux responsabilités par la voie des urnes, auxquelles des foules précarisées ne croient plus. Il est temps de choisir une alternative égalitaire, de gauche, collectiviste et respectueuse des individus comme de l'environnement... Mais il est temps d'admettre que cela ne se produira pas dans une béatitude naïve et une négociation délicate.

Si la France n'est plus le pays des droits de l'homme depuis très longtemps, pour peu qu'elle l'ai jamais été, il nous est encore possible de croire en nos aspirations collectives. Il nous est possible d'abroger le régime napoléonien, bâti par et pour De Gaulle... D'abréger les souffrances d'une 5ème "république" qui n'en finit pas de mourir, emmenant avec elle dans la souffrance et la mort de plus en plus d'entre nous. Peut-être auront nous à subir encore quelques décorations de lanternes, mais si l'on le décide, ça ira... Soyons en convaincus, ça ira, ça ira !  

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