A cela s'ajoute la brutalité et la rapidité de la mise en oeuvre de la "réforme". Il s'agit d'imposer l'idée que cela passera de toute manière et d'inciter à la résignation.
L'entrée en jeu des salariés de Carrefour montre qu'il ne s'agit pas d'un affrontement limité au secteur public.
Ils se sont massivement mobilisés le 31 Mars . Ils ont pour cela deux bonnes raisons: d'une part la baisse (!) de leurs salaires. Leur prime de participation devait être divisée par 10, en moyenne de 57 euros contre 610 euros l'an dernier. Après la protestation syndicale, la direction bien voulu remonter à 407 euros. Mais c'est insuffisant en comparaison des 356 millions d'euros de dividendes que les actionnaires vont toucher.
Les salariés manifestent également beaucoup d'inquiétude face au vaste plan de "redressement" des activités du groupe. Il est notamment question du passage en location-gérance de plusieurs hypermarchés, du développement de l’offre en ligne, ainsi que d'importantes baisses d’effectifs. Sont déjà prévus 2 400 postes en moins au siège et de nombreux autres dans des magasins encore plus automatisés.
Cette mobilisation montre quelle est la situation d'une grande partie du monde du travail, confronté à des salaires bas et à des coupes incessantes dans les effectifs. On a pu constater lors des reportages que nombre de clients des magasins se déclaraient solidaires de leur combat. Il reste a espérer qu'il en soit de même concernant la SNCF, malgré le matraquage médiatique contre les cheminots.
Chez ces derniers, la mobilisation est très forte notamment dans les secteurs de l'exploitation. Notre soutien en tant que "usagers" doit les aider à gagner.
Voir nos précédents articles sur la mobilisation SNCF :
https://blogs.mediapart.fr/albert-herszkowicz/blog/270218/sncf-ne-laissons-pas-faire-macron