La gauche aux pieds d'un général? Avatars du nationalisme

Le débat autour de la démission de Pierre de Villiers révèle pas mal de manipulations et de postures, concernant à la fois le rapport à la chose militaire et la manière de combattre les projets anti-sociaux de Macron.


Du côté de la droite et de l'extrême-droite, pas de surprise: ils sont dans leur rôle traditionnel de défense des industriels de l’armement et de la caste des officiers, bardée de privilèges de toutes sortes.
La fachosphère en rajoute évidemment dans la violence  : Gilbert Collard, qui a la qualité de dire tout haut ce qui traîne dans les arrières-boutiques du FN, ramène la fable de l'instabilité psychique de Macron. Ce genre de grille de lecture, trouvée chez un obscur psychiatre italien complotiste copain de Soral, avait déjà dicté la posture de Marine Le Pen lors du débat télévisé avec Macron.
Mais voir des dirigeants de la gauche s'aplatir à ce point devant les chefs militaires représente un spectacle lamentable.
Faut-il rappeler que le vote des crédits militaires par la social-démocratie du début du 20e siècle a symbolisé ce qu'on a appelé le passage du côté de "l'ordre bourgeois" ? Pense-t-on réellement lutter contre l'austérité et les coupes budgétaires en soutenant le surarmement et le gaspillage qui caractérisent les armées? 
Le pire se trouve du côté de la France Insoumise de Mélenchon: son porte-parole Alexis Corbière, roucoule, la voix tremblante, à propos du général De Villiers qui serait "un homme d'honneur", comme il l'aurait découvert, tout ému et fier, lors d'une réunion à l'Assemblée nationale. 
Lors d'un débat aux "Informés de France Info" le 18 juillet Corbière remet le couvert sur le "Général" et dans la même phrase, s'affirme "pacifiste".
Ceci nous ramène d'ailleurs au 20e siècle et aux avatars d'un "pacifisme" dégénéré qui a fini par considérer que certains généraux et maréchaux étaient des "hommes d'honneur" et défendaient "la paix" .

Cet opportunisme nationaliste, sans doute planifié pour tenter récupérer des voix dans l'électorat FN et de la droite désemparée, mais qui est aussi distillé comme idéologie par Mélenchon, s'ajoute à une autre posture ahurissante à propos de la commémoration du Vel' d'Hiv'. Trois mois après avoir critiqué Marine Le Pen qui niait les responsabilités de Vichy, Mélenchon choisit de nier l'existence même de Vichy. 

Tout ceci s'ajoute à la complaisance envers Poutine et les sbires de ce dernier, tels Assad, et trace une trajectoire particulièrement inquiétante.

 

 

 

 

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