Macron a-t-il un problème avec la liberté de la presse?

Le classement 2017 de Reporters Sans Frontières (RSF) montre une note de la France qui continue d'être très mauvaise d'année en année, en matière de liberté de la presse. La France se trouve à la 39e place sur 180 pays.

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Pour RSF : " Si la presse est globalement libre et plutôt bien protégée par la loi, le paysage médiatique français est largement constitué de groupes dont les propriétaires ont d’autres intérêts que leur attachement au journalisme. Cette situation entraîne des conflits qui font peser une menace sur l'indépendance éditoriale, et même sur la situation économique des médias. En novembre 2016, iTélé, la chaîne info du groupe Canal Plus, a connu un mouvement de grève sans précédent pour protester contre les choix éditoriaux de la direction. Ce mouvement a déclenché une vague de départs : une centaine de journalistes ont quitté la chaîne en l’espace de quelques semaines. Les restructurations se sont multipliées dans d’autres rédactions en 2016 – à L’Obs, au Parisien-Aujourd’hui en France, au sein du groupe Lagardère ou de Mondadori France – tandis que d’autres médias faisaient leur apparition, à l’instar d’Explicite sur Internet et Franceinfo sur la TNT. Une recrudescence de pratiques violentes des forces de l’ordre contre des reporters, à l’occasion des manifestations contre la loi travail ou du démantèlement de la jungle de Calais, a par ailleurs été observée. D’autre part, pendant la campagne présidentielle, les politiques et la population ont affiché une hostilité grandissante à l’égard des journalistes"

Le début du quinquennat d'Emmanuel Macron avait très mal débuté en matière de liberté de la presse. Mercredi 7 juin, quelques heures avant la diffusion par France Inter de révélations sur des soupçons d’emplois fictifs d’assistants parlementaires européens au MoDem, François Bayrou garde des Sceaux avait appelé le directeur de la cellule investigation de Radio France pour se plaindre de prétendues « méthodes inquisitrices ». Vendredi 9 juin, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a annoncé que son administration avait porté plainte contre X pour « vol, violation du secret professionnel et recel » suite à la publication dans Libération, de documents concernant la réforme du Code du travail. Une procédure qui permet d’attaquer aussi bien les sources de Libération que le journal.

"La liberté de la presse aujourd’hui n’est plus seulement attaquée par les dictatures notoires, elle est aussi malmenée dans des pays qui font partie des plus grandes démocraties du monde", a déclaré le chef de l’Etat. "Elle est malmenée jusqu’en Europe". Encore un bel exercice de communication, notre président en défenseur de la liberté de la presse après être devenu le défenseur de la planète. Aucune mesure concrète pour lutter contre les "fake news" véhiculées par nos éditorialistes libéraux, nos économistes maisons et surtout pour lutter contre la concentration des médias aux mains de quelques milliardaires. 

L'année 2018 semble être partie sur les mêmes bases que celles du début de quinquennat, un bel enfumage médiatique.

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