Arrêtez de vous plaindre, on n’est pas si mal en France !

Selon un sondage Eudoxa pour RTL publié le 27 septembre, 86 % des Français estiment avoir perdu du pouvoir d’achat dans les douze derniers mois, et 82 % estiment qu’ils vont aussi en perdre dans l’année qui vient. La hausse du pouvoir d'achat pour les Français en 2018, c'était la promesse du gouvernement.

pouvoir

"Panique dans les porte-monnaie ! Selon un sondage Eudoxa pour RTL publié le 27 septembre, 86 % des Français estiment avoir perdu du pouvoir d'achat dans les douze derniers mois, et 82 % estiment qu'ils vont aussi en perdre dans l'année qui vient.

Joli paysage que celui de la France : nulle part ailleurs en Europe les citoyens (et consommateurs) ne sont aussi pessimistes, note le cabinet Eudoxa, qui a interrogé 3 005 personnes sur le continent, dont 997 Français. Les Allemands, par exemple, ne sont que 67 % à angoisser pour leur compte en banque. Les Français se trompent-ils, sont-ils pessimistes, voire dépressifs chroniques ? En fait non, car les statistiques officielles ne disent pas autre chose. Selon l'Insee, leur pouvoir d'achat a baissé de 0,6 % au premier trimestre de cette année, fait rarissime dans l'histoire statistique de notre pays."

La hausse du pouvoir d'achat pour les Français en 2018, c'était la promesse du gouvernement. Une affirmation qui était contestée par l'INSEE. 4,5 milliards d'euros d'impôts et prélèvements en plus en 2018, soit une baisse du pouvoir d'achat de 0,3% par rapport à 2017. Dès le début 2018 étaient prévus une hausse de la CSG de +1,7 point ; des taxes sur le diesel, +10% ; et du paquet de cigarettes, +1 euro etc.

Fin septembre 2017, Christophe Castaner annoncait une "forte hausse du pouvoir d'achat pour tous les salariés de France" dès le premier jour de l'année 2018. Le 6 novembre, le chef du groupe LREM à l'Assemblée Richard Ferrand promettait que "23 millions de salariés allaient voir leur feuille de paie augmenter, puisque la baisse des cotisations est supérieure à la hausse de la CSG" .

La faute d'abord et avant tout à la politique fiscale d'Emmanuel Macron. En 2018, plutôt que de réduire les cotisations sociales des salariés en même temps qu'il augmentait la CSG, le gouvernement a préféré engranger d'abord les milliards de hausse de la CSG, plutôt que de réduire les cadeaux aux plus riches. Un choix qui s'est ressenti dans le portefeuille des Français, puis sur la croissance elle-même, devenue une des plus faibles de la zone euro. Etait-ce un simple raté ? Pas sûr. L'économiste Thomas Porcher , spécialiste de la « Macron-économie », le rappelle, « l'idée de soutenir le pouvoir d'achat est étrangère au programme du candidat Macron, qui centre sa politique sur la compétitivité des entreprises françaises. Du coup, les baisses de taxes pour les salariés sont alimentées par la hausse de la CSG sur les retraités. Un système de vases communicants qui ne produit aucune hausse sensible du pouvoir d'achat global ».

Et pour 2019, la sanction devrait être identique, Jean-Luc Mélenchon : Le budget de Macron pour les riches  : " Macron continue donc à donner beaucoup à quelques riches et en même temps à prendre à tous les autres. Il attend un ruissellement qui ne vient pas. Il enferme la France dans un cercle vicieux. Ses coupes dans les budgets populaires entraînent une baisse de la consommation. En conséquence, la croissance de l’activité se contracte : seulement 0,2% au premier et au second trimestre de 2018. Le chômage augmente et les recettes de l’État diminuent. C’est pourquoi le déficit du budget ne baisse presque pas cette année. La réponse de Macron face à son échec est à l’inverse de ce qu’il faudrait faire : plus de cadeaux aux riches et plus de coupes dans les budgets. Il ne sait pas être autre chose que le Président des riches."

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.