Pourquoi Macron essore les retraités

Pour la première fois, un gouvernement programme une baisse des pensions en se servant de la hausse des prix, afin de réduire le déficit des comptes publics. Pour les retraités, c'est la deuxième lame du rasoir, après la hausse de la CSG décidée l'an dernier.​

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Marianne : Pourquoi Macron essore les retraités  Par Hervé Nathan et Nicolas Prissette

Le Premier ministre, Edouard Philippe a déclaré, dans le Journal du dimanche du 26 août : qu'en 2019 et en 2020, les pensions de retraite de la Sécurité sociale seront «sous-indexées», elles ne progresseront que de 0,3 % par an, alors que l'inflation oscille entre 1,7 et 2,3 %.

Le Figaro donne un exemple : un couple de seniors bénéficiant d'une pension de 1 500 € par mois va perdre 612 € à cause de la hausse de 1,7 point de CSG, puis 468 € à la suite du retard par sa pension sur les prix. La suppression progressive de la taxe d'habitation, avancée comme une compensation par le gouvernement, ne fera économiser au couple que 818 €. Résultat : une perte de pouvoir d'achat de 262 €. «J'ai choisi le travail», clame le Premier ministre. Le mantra est repris par la porte-parole du groupe LREM à l'Assemblée, Aurore Bergé : «On peut légitimement demander un effort générationnel à ceux à qui l'on paye les retraites.»

Le président de la CFE-CGC, François Hommeril, revient pour "Marianne" sur la politique anti-retraités du gouvernement.

"Ce grignotage insidieux du pouvoir d'achat des retraités envoie un message extrêmement négatif. Selon nos calculs, après la hausse de la CSG, cette nouvelle mise à contribution pourrait impacter jusqu'à 5 % le pouvoir d'achat des ouvriers et des employés dont la retraite socle représente la quasi-totalité de leur pension. Cela alors que le budget de leurs familles est déjà extrêmement contraint !

Au-delà des chiffres, sur le principe, j'estime que cette politique est même extrêmement dangereuse. Le gouvernement s'attaque aux retraités parce que ces derniers n'ont pas beaucoup de cartes dans leur jeu. Certes, ils peuvent râler, manifester, mais ils ont moins de latitude que les actifs pour se défendre. Donc tenter de les manipuler en trahissant la promesse qui leur a été faite - percevoir un salaire différé pour lequel ils ont cotisé quarante-deux ans -, c'est rompre le pacte de confiance qui engage les générations les unes envers les autres."

"Le gouvernement s'attaque aux retraités car ils peuvent moins se défendre que les actifs"

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