Médiapart : Mélenchon une bonne affaire

S’en prendre à Mélenchon est à tous points de vue une bonne nouvelle. J’aimerais parfois que nous parlions davantage de ce qui se passe au Yémen. Mais je comprends : Mélenchon fait bondir les audiences. L'information est devenue une marchandise comme une autre, Médiapart n'a pas échappé à cette triste réalité, faire du buzz, toujours plus de buzz.

"Mélenchon, tu parles la pompe à clics de première bourre. Tu dis mon nom, t'es sûr que t'as déjà 10 000 clics" (26e minute )

#RDLS65 : ABSOL, GLYPHOSATE, PAC, IRAN, TOTAL, PSA, COMPTES DE CAMPAGNE © JEAN-LUC MÉLENCHON

J'avais écrit un billet le 31 mai 2017 : Médiapart : Merci Mélenchon et France Insoumise, en expliquant que Médiapart c’est avant tout une entreprise avant d’être un journal. Et comme toute entreprise du WEB, elle doit disposer de tous les outils pour analyser et contrôler la fréquentation de son site. L'objectif d'un site WEB, c'est de garder des utilisateurs actifs. À chaque fois qu'un commentateur poste un commentaire, cela entraîne une connexion sur le site et donc une augmentation de son audience.

Si on écrit un article magnifique d’une honnêteté intellectuelle parfaite, cet article comme on peut l’espérer sera lu puis recommandé, mais bon il ne va certainement pas tenir l’utilisateur actif très longtemps. Vous comprenez que pour rendre l’utilisateur actif, il est préférable d’écrire un article , on ne va pas dire d’une très grande malhonnêteté intellectuelle pour ne froisser personne, mais un article très polémique, très diviseur et Bingo quoi de mieux que Jean-Luc Mélenchon et France Insoumise.

Quand je dis Jean-Luc Mélenchon, on peut évidemment ajouter tous les sujets qui dans l'esprit tortueux de certains lecteurs peuvent le concerner directement ou indirectement, comme par exemple le Venezuela, la Russie ou LeMédia. Pierre Rimbert du Monde Diplomatique avait parfaitement décrit la situation dans son magnifique article : Un barrage peut en cacher un autre, par Pierre Rimbert

Dès lors, la confraternité des perroquets instruit à charge contre l’accusé toute référence à l’actualité internationale. « La paix » évoquée dans son discours de Marseille : « Ça renvoie aux années 1950 et à l’URSS », lance Ruth Elkrief sur BFM TV (10 avril) (2). Le Venezuela : parce qu’il fut naguère proche d’Hugo Chávez (décédé en 2013), on lui oppose la situation présente du pays. Vingt minutes après l’ouverture des bureaux de vote, le 23 avril, France Inter diffuse par le plus grand des hasards un « retour sur une semaine de violences » à Caracas où il sera question de « guerre civile »…

Dans un libelle intitulé « Tant de façons d’être fascistes » (Les Échos, 13 avril), le « philosophe » Roger-Pol Droit foudroie l’« admirateur éperdu de dictateurs obscènes — sanglant comme Fidel Castro, débile comme Hugo Chávez —, fan de Robespierre, rêvant de ressusciter son “despotisme de la liberté” », et conclut : « En matière de possible dérive autoritaire, le patron du Front de gauche n’a rien à envier à la patronne du Front national. »

En général un article qui concerne de près ou de loin Jean-Luc Mélenchon, c'est près de 1 000 commentaires assurés même si ce sont toujours les mêmes postés compulsivement en boucle.

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