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Billet de blog 17 sept. 2018

Chômage, le mythe des emplois vacants

A écouter Emmanuel Macron, il suffit de traverser la rue pour trouver un emploi. La France serait assise sur d’immenses gisements de travail salarié. Après les "fainéants", le "ceux qui foutent bordel", "je ne suis pas le père noël", le chef de l'État utilise de nouveau des mots très méprisants et de tels propos alimentent une nouvelle polémique.

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Une enquête récente de la CGT a démontré que la moitié des offres publiées sur le site de Pôle emploi sont trompeuses, fantaisistes ou tout simplement illégales. La CGT chasse les offres d’emploi bidons : "1 708 offres d’emploi à Nantes, Rennes, Marseille, Lyon ou Montreuil passées au crible en deux jours. Et au bout, un constat : la moitié des annonces publiées sur le site de Pôle emploi ne correspondent pas à ce que sont en droit d’attendre les demandeurs d’emploi.

Ce lundi 3 septembre, alors que le gouvernement et les partenaires sociaux ont lancé des discussions tendues de rentrée, la CGT a communiqué le résultat d’une étude menée par une vingtaine de ses militants sur la qualité des offres d’emploi publiées sur le site de Pôle emploi. L’étude se concentre sur les domaines les plus représentatifs : commerce, BTP, industrie, hôtellerie-restauration et tourisme. Son bilan est sévère. Le syndicat communique sur le chiffre de 50 % d’annonces « illégales », ce qu’elles ne sont pas toujours si l’on s’en tient au strict terme de la loi, mais il n’empêche : une annonce sur deux ne correspond pas à ce qui est promis, ou ne permet en fait pas de retrouver un travail."

Il y a plus de 3 ans un article du Monde Diplomatique d' Hadrien Clouet  dénonçait cette situation : Chômage, le mythe des emplois vacants

"A écouter de nombreux discours sur les emplois vacants ou non pourvus, la France serait assise sur d’immenses gisements de travail salarié. De tels propos alimentent une proposition politique : renforcer le contrôle des chômeurs pour que l’aiguillon de la contrainte les tire de l’apathie. Pourtant, les chiffres mis en avant ne signifient pas ce que l’on cherche à leur faire dire, bien au contraire.

Première cible de ces campagnes : les emplois non pourvus, c’est-à-dire les offres retirées sans avoir conduit à une embauche. La façon dont leur nombre est établi est particulièrement édifiante. Comme Pôle emploi accueille un tiers (38 % en 2012) des propositions d’embauche françaises, on triple tout simplement le volume de celles qui ne sont pas pourvues (126 000 en 2012). Le résultat est hasardeux : Pôle emploi recevant les offres les plus difficiles, rien ne permet d’extrapoler à partir de cette source.

De nombreuses annonces échouent sans que l’on puisse incriminer les chômeurs : salaire ridicule par rapport aux compétences exigées, recruteur inexpérimenté, inexistence du poste annoncé, l’offre servant à la constitution par l’employeur d’une base illégale de CV, etc. La problématique des emplois non pourvus gomme l’enjeu de la qualité du travail, en postulant la commensurabilité de toute offre. Regardons plus précisément les offres qui circulent à Pôle emploi. Nombreuses sont les propositions du type « nettoyage industriel, 1 heure par semaine, 9,75 euros l’heure » ou « aide ménager(e), 2 heures par semaine, 11 euros l’heure ». Les chômeurs à la recherche d’un emploi à plein temps ne s’intéressent logiquement pas aux contrats courts… mais ils font monter le nombre d’emplois non pourvus. On leur reproche de ne pas vouloir travailler, alors qu’ils veulent au contraire travailler davantage ! Beaucoup sont aussi piégés par des trappes à pauvreté. Entre 2007 et 2011, environ cinq cent mille personnes ont dû renoncer à un poste en raison de problèmes de logement et du surcoût de la mobilité exigée (2)."

Emmanuel Macron continue de faire la leçon à tout le monde… Aux "fainéants", à un ado, aux ouvriers licenciés coupables de ne pas se faire embaucher à une heure de route de chez eux et qui "foutent le bordel", aux "Gaulois réfractaires au changement", aux bénéficiaires de la protection sociale qui coûtent "un pognon de dingue", aux Guyanais qui attendent le père Noël etc. Désormais un chômeur est une personne incapable de traverser une rue.

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