En défense d'Étienne Chouard et de François Ruffin

Et voilà reparti l’halali des “bien-pensants” contre Étienne Chouard, mais aussi par contrecoup commode contre Ruffin, coupable d’avoir félicité le second, contre le RIC, contre les Gilets jaunes… en bref contre tout ce qui menace l’ordre établi en déroute !

Yétiblog : Ceux qui font le monde d’après : en défense d’Étienne Chouard, de François Ruffin et contre les imbéciles qui les traitent de “complotistes”

Et voilà reparti l’halali des “bien-pensants” contre Étienne Chouard, mais aussi par contrecoup commode contre Ruffin, coupable d’avoir félicité le second, contre le RIC, contre les Gilets jaunes… en bref contre tout ce qui menace l’ordre établi en déroute !

Demandez-vous après pourquoi des torchons comme BFM, L’Obs ou le JDD relaient si complaisamment cette pseudo “chasse aux conspis”. En pure stupidité d’ailleurs, parce qu’il suffit d’aller sur les points de blocages des Gilets jaunes pour constater combien ceux-là sont loin, très loin de ce genre de basse-cuisine tordue.

Vous remarquerez, les procureurs ne citent jamais de propos conspirationnistes prononcés par ceux qu’ils accusent, mais s’appuient sur les relations supposées troubles de ces derniers : Chouard parce qu’il a défendu la liberté d’expression d’un Soral, Ruffin parce qu’il a félicité Chouard, etc. Plus fort encore, sont considérés comme hérétiques ceux qui ont eu l’infortune, souvent à leur corps défendant, d’être cités par de vrais ou faux “conspirationnistes”.

Je dis vrai ou faux, parce que des gens comme Noam Chomsky, Edgar Morin, Stéphane Hessel (et même votre serviteur) firent un jour les frais de ces fous furieux de Conspiracy Watch ou autre Confusionnisme.info, antifas déjantés, médias mainstream sournois ou autres hystériques obnubilés par la rouge-brun phobie.

Je préviens de suite : il en faudra d’autres pour nous abattre. Et les gogos naïfs comme Clémentine Autain qui n’en rate décidément pas une (c’est elle qui se pinçait déjà le nez au début du soulèvement Gilets jaunes en évoquant un mouvement manipulé par le FN) peuvent bien aller se faire voir avec leurs éléments de langage à deux balles, repris directement à ceux qu’ils prétendent combattre.

Gilets jaunes: lutte des classes, élections et spéculation… … Gauche, droite, extrême droite, ou tout simplement le peuple, les opprimés contre les oppresseurs?  Par Jacques Cotta

Le mouvement des gilets jaunes n’est pas l’expression d’un simple conflit ponctuel, d’un mécontentement passager. Il remet à l’ordre du jour l’explosion de la lutte des classes telle que nul ne l’envisageait il y a encore quelques semaines. Telle une traînée de poudre, ce sont « ceux d’en bas », le peuple travailleur, celui du non à Maastricht en 1992 ou du rejet de la constitution européenne en 2005, celui que les « grands » de ce monde avait pris l’habitude de ne plus entendre, qui fait simplement irruption sur la scène de l’histoire. La force, la profondeur inquiètent les cercles dirigeants. Samedi après samedi, tout est fait pour tenter d’endiguer l’engouement populaire pour la couleur qui a envahi ronds points et carrefours. Il y eu la casse, les quartiers de Paris mis à sac, les voitures brûlées, les provocations utilisées, les pillages exhibés, il y a eu la violence organisée, la police déployée agissant souvent sans discernement sur ordre, utilisant gaz, flash-ball, grenades, sortant les engins de guerre dans les rues de la capitale. Tout l’arsenal de la peur a été mis à contribution. Il y eu aussi les tentatives de diversion, l’invention des gilets modérés contre les « jusqu’au-boutistes »… Et malgré tout, ce sont toujours des dizaines de milliers qui manifestent, qui se mobilisent, qui se déplacent… Plus de 65% des français continuent de soutenir l’expression de cette lame de fond. La haine du président de la république est profonde et s’accélère, s’approfondit et s’exprime maintenant de façon unanime sur le thème « Macron démission ». Quoi qu’il arrive, plus rien ne sera comme avant!

Premiers enseignements du mouvement des Gilets Jaunes, par Jacques Sapir

Un mouvement social, il faut toujours le rappeler, c’est d’abord et avant tout une expérience collective au sein de laquelle des individus isolés prennent conscience de leur force une fois qu’ils sont rassemblés.

Or, ce mouvement a mis des personnes en contacts avec d’autres personnes. Les fameux « ronds-points » dont Monsieur Castaner souhaite tant l’évacuation, ont été de fantastiques lieux de rencontres et de construction d’une identité politique collective. Non que les discussions sur ces ronds-points aient toutes été consensuelles. Non qu’il n’existe, et c’est vrai dans tout mouvements, des divergences d’opinion entre « jusqu’au-boutiste » et entre personnes plus modérées. Ces différences et ces divergences sont normales. Mais, l’existence de ces différences et de ces divergences est seconde par rapport à l’expérience collective que ces personnes ont pu faire. Elles ont fait l’expérience aussi de la force d’un mouvement, une force qui a fait plier un gouvernement qui s’était montré jusqu’à maintenant intraitable, que ce soit sur la question des « réformes » du Code du Travail ou sur celle de la SNCF. Les victoires remportées, pour insuffisantes qu’elles soient, sont cependant très substantielles quand on les compare à ce qu’ont obtenu les mouvements contre la loi travail ou celui des cheminots. Ces victoires par ailleurs obèrent la capacité d’Emmanuel Macron et de son gouvernement de s’attaquer aux retraites et à l’assurance chômage. Ce sont les premières, et pour l’instant les seules, qui ont fait dérailler le programme néo-libéral en France depuis 2017, voire même depuis plus longtemps.

Interdit d'interdire : Gilets jaunes : où en sommes-nous ? © RT France

 

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